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Le quota de crabe 2027 se joue en ce moment sur la Côte-Nord

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Les données qui détermineront le quota de crabe des neiges de 2027 sont en train d’être recueillies au large de la Côte-Nord. Un relevé scientifique est en cours dans la zone 16 et met en action deux navires.

Jusqu’à 12 heures en mer et des centaines de crabes à mesurer un par un. C’est le quotidien des équipes qui réalisent le relevé scientifique du crabe des neiges depuis le 25 août.

L’opération est commandée par l’Office des pêcheurs de crabe des neiges, qui mandate l’Agence Mamu Innu Kaikusseht (AMIK) pour fournir les biologistes et les techniciens à bord.

Ça permet à Pêches et Océans par la suite de prendre une décision éclairée pour établir les quotas de crabe pour l’année suivante, explique la directrice générale de l’AMIK, Marilou Vanier.

L’agence en est à sa troisième saison d’affilée, mais le relevé post-saison existe depuis presque 20 ans.

Un crabe qu'on mesure.

Des crabes sont mesurés, pesés avant d'être remis à l'eau avec une étiquette. (Photo d'archives)

Photo : Gracieuseté : Pêches et Océans Canada

Des casiers sont laissés 24 heures au fond de l’eau, puis remontés. Environ 250 crabes sont mesurés par casier et chaque crabe capturé est ensuite analysé avant d’être remis à l’eau.

Laurence Turcotte est biologiste et chargée de projets pour l’AMIK et participe à la collecte des données : On mesure les mâles, les femelles, la qualité des œufs des femelles, la grosseur des carapaces, la grosseur des pinces, énumère-t-elle.

Les casiers ne sont pas déposés au hasard. Ils suivent des transects, c’est-à-dire des positions GPS précises et répétées chaque année. Ils sont aussi différents de ceux de la pêche commerciale. Les mailles sont plus petites, ce qui permet de capturer les femelles qui sont beaucoup plus petites que les mâles.

Quelques crabes par casier reçoivent en plus une petite étiquette numérotée, qu’on surnomme l’étiquette spaghetti, explique Jean-René Boucher, directeur général de l’Office des pêcheurs de crabe des neiges de la zone 16.

Ça permet de voir les mouvements de la population de crabes sur les fonds, dit M. Boucher.

Jean-René Boucher.

Le directeur général de l’Office des pêcheurs de crabe des neiges de la zone16, Jean-René Boucher. (photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Seuls les mâles sont étiquetés, puisque les femelles se retrouvent rarement dans les casiers commerciaux. Si un pêcheur le recapture plus tard, les scientifiques peuvent voir la distance déplacée.

L’opération devrait se terminer dans les prochains jours. Pêches et Océans Canada analysera ensuite les résultats cet automne.

Optimisme prudent

Pour le moment, au vu des relevés déjà réalisés, le directeur général de l’Office des pêcheurs de crabe des neiges de la zone 16 voit d'un bon oeil les résultats à venir.

Le relevé se passe bien, il y a des chiffres qui sont quand même bons, on a l’impression que le quota pourrait au moins demeurer stable, affirme Jean-René Boucher.

L’an dernier, le quota avait diminué de 8 %, après une évaluation du MPO que l’Office des pêcheurs de crabe des neiges ne partageait pas. On n’était pas tout à fait d’accord avec la vision qu’ils avaient et les craintes qu’ils exprimaient, parce qu’on trouvait que la ressource était quand même au rendez-vous, dit M. Boucher.

Un bac rempli de crabes vivants.

L’an dernier, le quota du crabe des neiges avait diminué de 8%. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Réal Fradette

Malgré cette baisse, la saison s’est tout de même bien déroulée et les captures par voyage ressemblaient à celles de l’année précédente, explique M. Boucher.

Le crabe des neiges suit normalement un cycle d’abondance de huit à dix ans. Mais dans la zone 16, il devient difficile d’analyser cela. Même du côté des sciences, on ne sait plus trop où on se situe, dit-il.

Il observe des changements importants sur les fonds marins. La ressource ne se trouve plus aux mêmes endroits qu’avant et la température de l’eau change, devenant plus chaude par certains endroits et plus froide ailleurs.

L’an passé, un autre phénomène préoccupait les pêcheurs, certains crabes faisaient leur mue finale sous la taille minimale de 95 millimètres. Une fois cette mue passée, le crabe ne grandit plus et devient donc impossible à pêcher.

La situation semble s’améliorer, selon les analyses scientifiques et les observations des pêcheurs selon lui. Cette année, par rapport à l’année dernière, ils trouvaient que le crabe était déjà plus gros qu’en 2025, rapporte Jean-René Boucher.

Reste à voir si l’analyse finale de ces données saura convaincre Pêches et Océans Canada d’accorder une augmentation du quota pour 2027.

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