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Une décision prise par le Conseil de Paris mi-juillet relance les critiques de ceux qui jugent ces travaux, chiffrés à environ 50 millions d’euros, trop laids et trop coûteux.

LAURE BOYER / Hans Lucas via AFP
Très décrié, le projet de pavillon en verre à l’Assemblée est-il vraiment relancé ? (photo d’illustration prise en 2023)
Quel est le point commun entre Ségolène Royal, JoeyStarr et Nicolas Dupont-Aignan ? Ces trois personnalités publiques s’indignent en ce début de mois d’août contre un vieux projet de travaux à l’Assemblée nationale pour un montant de 50 millions d’euros. Et ils sont loin d’être les seuls.
Depuis la publication d’une vidéo de l’association « Sites & Monuments » lundi 3 août nombreux responsable politique critiquent effectivement ce projet initié par Yaël Braun-Pivet en 2023 et consistant entre autres à construire un nouveau pavillon pour l’accueil des visiteurs, toujours plus nombreux. Selon le projet initial, ce bâtiment en verre doit remplacer celui datant du XIXe siècle, à côté de l’emblématique colonnade du Palais Bourbon.
Comme il y a un an, au moment de la diffusion d’un visuel du futur projet, la publication de cette vidéo (avec le recours à l’intelligence artificielle), a provoqué une symphonie de cris d’orfraie. Ainsi, des voix de gauche se mêlent désormais au Rassemblement national (les seuls à s’indigner en 2025) pour dénoncer pêle même une idée très coûteuse, trop laide et inutile.
Un projet mis sur pause en février 2026
« Cette débauche d’argent public est en effet scandaleuse et doit cesser », critique par exemple l’ancienne ministre socialiste Ségolène Royal sur les réseaux sociaux, en réaction à la fameuse vidéo qui évoque la « relance » du projet cet été par l’Assemblée. Comme elle, la candidate de la droite aux municipales à Paris Rachida Dati déplore une « destruction patrimoniale » insupportable quand, à l’extrême droite, on insiste encore davantage sur le prétendu « caprice » de Yaël Braun-Pivet.
Alors, qu’en est-il réellement ? Tout d’abord, la présidente de l’Assemblée nationale est bien à l’origine de ce projet - bien plus large que le seul pavillon, puisqu’il consiste aussi à creuser 4000 m2 d’espace en sous-sol. Elle a effectivement lancé un concours d’architecture en 2023, avec un jury composé de fonctionnaires de l’Assemblée en charge du patrimoine, d’architectes extérieurs, et d’anciens présidents de l’institution. Le but ? Améliorer les conditions d’accueil du public aujourd’hui « déplorables » selon ses mots.

Agence Moatti-Rivière
Le projet vainqueur retenu pour modernier l’accueil des visiteurs à l’Assemblée nationale.
Le projet gagnant (avec sa façade en verre) a été approuvé à l’unanimité en septembre 2024 par le bureau de l’Assemblée, sa plus haute instance exécutive. Patatras, quelques mois plus tard, Yaël Braun-Pivet est contrainte de retirer le permis de construire. Le bâtiment prévu est effectivement trop haut, et creuser sous des espaces protégés est en l’état interdit. De quoi mettre un coup d’arrêt définitif au projet ? Que nenni.
Une décision du Conseil de Paris relance la polémique
La nouveauté cet été, qui entraîne une résurgence de la polémique, vient de la mairie de Paris et un vote opéré mi-juillet. Emmenée par Emmanuel Grégoire, la majorité (PS, écolos, PCF) a effectivement approuvé une révision du Plan de sauvegarde et de mise en valeur (qui encadre les travaux dans ce secteur) pour rendre le projet de l’Assemblée légalement possible. Selon les explications du maire, le nouveau bâtiment « s’inscrit dans des gabarits proches de ceux des édifices existants » et a été « conçu dans le respect des caractéristiques architecturales et patrimoniales du site ». Seuls les élus proches de Rachida Dati et ceux de Sophia Chikirou (LFI) s’y sont opposés.
Dès lors, peut-on imaginer les tractopelles entrer en action dans les semaines à venir, comme le laisse entendre la vidéo publiée par l’association « Sites & Monuments » ? Pas vraiment. Plus qu’une « relance » effective du projet, le vote du conseil de Paris lève plutôt un des nombreux verrous qui empêchaient les travaux. Il en reste d’autres.
Comme le souligne Le Parisien, le projet doit maintenant recueillir l’avis favorable de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF), celui de la Commission locale du site patrimonial remarquable, puis faire l’objet d’une enquête publique. Ensuite, seulement, le préfet pourra prendre un arrêté d’approbation et Yaël Braun-Pivet déposer un nouveau permis de construire. En attendant, ses contempteurs promettent de ne pas désarmer. Une pétition lancée en juin 2025 par « Sites et Monuments » contre « l’enlaidissement de Paris par l’Assemblée nationale » connaît une seconde vie. Elle récolte aujourd’hui près de 70 000 signatures.


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