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Le procureur de la CPI Karim Khan renvoyé pour « faute grave » après des allégations d’agression sexuelle

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Il avait quitté temporairement ses fonctions en 2025, dans l’attente du résultat de l’enquête sur les accusations d’agression sexuelle d’une collaboratrice.

Visé par des allégations d’agression sexuelle, le procureur général de la Cour pénale internationale (CPI) Karim Khan a été relevé de ses fonctions, vendredi 24 juillet. 82 États membres ont voté pour mettre un terme au mandat du Britannique pour « faute grave » et « manquement grave aux devoirs de sa charge » lors d’un vote à bulletin secret pendant une réunion à huis clos au siège de l’ONU, à New York.

63 des 125 voix des États membres étaient nécessaires pour démettre Karim Khan, en poste depuis 2021, de sa fonction. 13 États ont voté pour le maintenir à son poste et 15 se sont abstenus, selon des sources diplomatiques.

L’un des avocats du procureur déchu a immédiatement dénoncé cette décision. « Karim Khan va contester la légalité et l’équité de la décision par tous les mécanismes juridiques disponibles », a écrit Tayab Ali sur la plateforme X. Karim Khan a toujours rejeté toutes les accusations.

La Cour, basée à la Haye, a, elle, « pris acte » de son renvoi, notant que ses adjoints poursuivraient le travail du Bureau du procureur comme c’était le cas depuis sa mise en retrait, il y a plus d’un an.

« Une escalade de tentatives »

En mai 2025, le Britannique avait en effet quitté temporairement ses fonctions en attendant le résultat d’une enquête lancée l’année précédente à la suite d’accusations d’une collaboratrice. Il a ensuite été suspendu en juin par les 21 membres du Bureau de l’Assemblée, qui a convoqué cette réunion exceptionnelle vendredi à New York.

L’accusatrice de Karim Khan, présentée comme une avocate originaire de Malaisie appelée Sarah, a décrit la semaine dernière sur CNN « une escalade des tentatives ». « Il est impossible qu’il y ait consentement quand il existe un tel déséquilibre de pouvoir. Ce que beaucoup de gens ne comprennent pas est que Karim Khan n’était pas seulement mon patron, mais le patron de tout le monde », a-t-elle déclaré.

Les avocats de l’ex-procureur ont, eux, accusé l’Assemblée de n’avoir pas respecté les règles, ne permettant notamment pas à leur client de se défendre devant elle. Tayab Ali a également mis en garde, vendredi, sur les conséquences de cette décision sur l’indépendance de la Cour, qui subit selon lui « une pression politique immense », une allusion aux dossiers très médiatiques traités par leur client.

Karim Khan avait notamment fait les gros titres en 2024 en obtenant des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant, dans le cadre de la guerre à Gaza. La CPI avait également délivré des mandats d’arrêt contre des hauts responsables du Hamas palestinien, tués depuis.

Les autorités américaines se réjouissent de son départ

En raison du dossier contre les responsables israéliens, Karim Khan a été sanctionné par les États-Unis, tout comme plusieurs magistrats impliqués. « Karim Khan est un exemple emblématique d’une CPI corrompue et de l’abus de l’autorité qu’elle prétend détenir. C’est une bonne chose qu’il soit parti, mais il n’était qu’un rouage mineur dans cette institution irrémédiablement corrompue, » a commenté sur X Tommy Pigott, porte-parole du département d’État américain.

Gideon Saar, le ministre des Affaires étrangères d’Israël, qui comme les États-Unis n’est pas membre de la CPI, a également salué sur X ce renvoi « longtemps attendu » d’un procureur « corrompu » qui avait réclamé des « mandats d’arrêt scandaleux » contre des responsables israéliens « pour tenter de détourner l’attention ».

« Deux points tout aussi importants méritent d’être soulignés », a noté de son côté Liz Evenson, de l’organisation de défense des droits Human Rights Watch, insistant sur l’importance de la CPI comme « juridiction de dernier ressort ».

« Les gouvernements doivent protéger son indépendance et veiller à ce que son travail se poursuive, dans tous les dossiers, » mais dans le même temps, la CPI doit « assurer un environnement de travail sûr avec des mécanismes crédibles et efficaces pour les employés et d’autres victimes d’abus, y compris violence sexuelle ou harcèlement », a-t-elle ajouté.

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