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Rattrapé par le Parti libéral du Québec dans les intentions de vote, le Parti québécois (PQ) poursuit ses efforts pour recruter « des gens de grand talent » en vue des élections d’octobre — un processus qui ne fera pas que des heureux, de son propre aveu.
Paul St-Pierre Plamondon a annoncé mardi que l’avocat René Branchaud, chef de pratique du groupe Droit des affaires au cabinet Lavery, sera candidat à l’investiture pour le PQ dans la circonscription de Champlain, en Mauricie.
C’est un premier candidat pour l’« équipe économique » de la formation souverainiste, a écrit le chef péquiste sur les réseaux sociaux. « L’offre politique unique du Parti québécois attire des gens de grand talent, comme René Branchaud, qui s’engagent pour contribuer au destin national et pour permettre au Québec d’exister pleinement », a ajouté la formation politique dans un communiqué de presse.
La semaine dernière, le processus de sélection du PQ s’était attiré les foudres de l’ex-député bloquiste Réal Ménard. Ce dernier souhaitait se présenter pour la formation politique en octobre, mais a finalement retiré sa candidature vendredi. Il affirme que Paul St-Pierre Plamondon y était « hostile » parce qu’il avait commandé en 2024 un sondage pour évaluer sa popularité dans la circonscription d’Hochelaga-Maisonneuve.
Sur les réseaux sociaux, le politologue et militant indépendantiste de longue date Denis Monière a souligné que le chef péquiste ne semblait « pas vouloir faire confiance aux militants expérimentés qui, depuis des années, labourent leur circonscription et qui ont réussi par leur travail de terrain à sortir le PQ des limbes où il s’était enfoncé ».
« Ces militants de base profondément enracinés semblent être mis de côté », a-t-il écrit.
Un « filtrage préalable »
Dans les faits, le PQ effectue depuis 2019 un « filtrage préalable » des candidatures potentielles à l’investiture. C’est la commission des candidatures du parti qui évalue les profils selon divers critères. « La commission des candidatures réalise des entrevues, une analyse des réseaux sociaux et du plumitif de chaque aspirant candidat. Elle base ses décisions sur l’ensemble de ces facteurs », a expliqué mardi l’équipe des communications du parti.
Selon Réal Ménard, cette méthode « apparaît malsaine ». « C’est correct qu’il y ait certaines investigations », a-t-il dit en entrevue avec Le Devoir. « Mais là, mon sentiment, c’est que cette commission d’examen des candidatures est vraiment un filtre qui est utilisé pour le parti pour exclure les candidatures qui n’ont aucune raison de l’être. »
« Je me pose la question : est-ce que ce n’est pas un outil de contrôle de la part du chef ? » a-t-il ajouté.
Interrogé à l’Assemblée nationale sur les méthodes de recrutement de son parti, le député Pascal Bérubé a rappelé que le PQ avait reçu 1000 CV jusqu’ici. « Il y a seulement 125 circonscriptions, donc c’est sûr qu’il y a certains candidats pour lesquels ce ne sera pas possible », a-t-il dit en anglais.
Dans ses réponses au Devoir, le parti rappelle que Réal Ménard s’est lui-même retiré du processus de sélection péquiste. Il ne fournit toutefois pas les raisons justifiant le rejet d’une candidature. La semaine dernière, le journal jérômien Le Nord a rapporté que l’ancienne conseillère municipale Nathalie Lasalle s’était vu refuser une participation à la course à l’investiture dans la circonscription de Saint-Jérôme après son entrevue avec la commission des candidatures.
« Quand les candidats ne sont pas choisis, c’est qu’il y a des raisons », a réitéré Pascal Bérubé mardi.
Égalité PQ-PLQ
En matinée, un sondage de la firme Léger avait placé le Parti libéral du Québec à égalité avec le PQ au sommet des intentions de vote. La nouvelle a été accueillie avec optimisme chez les députés libéraux. « En ce moment c’est une course à deux entre le Parti québécois et le Parti libéral », a lancé le chef parlementaire libéral, André Fortin.
À 9 % dans ce même sondage, la Coalition avenir Québec (CAQ) poursuit sa chute dans l’opinion publique. Mais le premier ministre sortant, François Legault, estime toujours que son parti a sa place. « Les gens veulent qu’on s’occupe d’économie, puis veulent qu’on défende notre identité, mais sans faire de référendum sur la souveraineté », a-t-il dit mardi, à Beaupré. « Donc, je pense que la CAQ est là où sont les Québécois. »


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