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L'arrivée du printemps rime habituellement avec le début de la saison des sucres, mais, cette année, les températures froides ralentissent la production de sirop d’érable au Saguenay-Lac-Saint-Jean et aux portes de la Côte-Nord.
On est habitué d’avoir toujours un décalage [par rapport au reste du Québec], ça c’est certain. Par contre, cette année, ça se ressent encore plus. Plutôt qu’avoir une semaine, une semaine et demie de décalage, là, on est rendu à un bon deux semaines et demie, soutient le copropriétaire de la Ferme 5 étoiles de Sacré-Coeur, Félix Deschênes.
La plupart des acériculteurs attendent avec impatience des écarts de températures marqués entre le jour et la nuit afin de favoriser la montée de la sève.
On regarde le sablier aller puis on commence à avoir hâte que la température soit propice pour la production. Tous nos érables sont entaillés, nos tubulures sont installées, nos chaudières [...] par contre, on n’a pas encore été capable de faire une belle récolte intéressante pour allumer notre évaporateur, mentionne M. Deschênes en précisant qu’il fait 2500 à 4000 entailles annuellement.

Le copropriétaire de la Ferme 5 étoiles surveille la météo avec attention.
Photo : Radio-Canada / Anissa Leduc
Il arrive malgré tout à accueillir des clients grâce à ses réserves de sirop de l’an dernier, mais celles-ci sont de moins en moins abondantes.
On commence à achever nos réserves fait que là je commence à avoir hâte que ça coule parce que sinon, dans pas trop long, il va falloir tomber sur les réserves de la Fédération, alors c’est pour ça qu’on regarde la météo avec impatience, lance-t-il. Pour lui, utiliser le sirop d’autres producteurs n’est pas une option particulièrement intéressante.
On aime ça dire que c’est notre sève qui provient de notre terrain, de nos terres, qui est transformée en sirop, qui est transformée en sous-produit dans un sens. C’est une belle fierté pour nous-autres, plaide-t-il.
Il s’attend à une saison un peu plus courte qu’à l’habitude.
Pas de panique à Saguenay
À Saguenay, à l’érablière Sucre d’or, les arbres n’ont pas non plus commencé à libérer leur précieuse sève. Toutefois, le copropriétaire Antoine Roussel ne s’inquiète pas trop.
Selon lui, ce sont les dernières années qui étaient un peu anormales.
C’est clair qu’on est dans une situation où c’est une ancienne normale. Dans les dernières années, c’était beaucoup plus tôt, mais on avait l’habitude de commencer la saison début avril. On est rendu le 5 avril, fait qu’on n'est pas en retard. Il n’y a pas de panique dans notre cas, fait-il valoir.

Le copropriétaire de l'érablière au Sucre d'or, Antoine Roussel, ne s'inquiète pas de l'état de la saison.
Photo : Radio-Canada / Roby St-Gelais
Antoine Roussel espère tout de même que les températures, sous le point de congélation la nuit et au-dessus le jour, seront vite au rendez-vous pour maximiser la production.
L’érablière accueille des clients depuis la mi-mars et va continuer de le faire jusqu’au 26 avril.


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