NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Cet article vous est offert
Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous
Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement
Suez, canal historique
L’épisode 4 sera disponible prochainement.
Suez, canal historique
L’épisode 4 sera disponible prochainement.
Par Samuel Forey
Publié aujourd’hui à 06h00Article réservé aux abonnés
Reportage« Suez, canal historique » (3/6). De 1880 à 1914, l’Egypte a perçu moins de 1 % du chiffre d’affaires généré par la Compagnie universelle du canal maritime de Suez. Un revenu qui démontre la domination du Royaume-Uni et de la France sur la gestion de la voie d’eau au début du XXᵉ siècle.
Le club Al-Dunfah est aujourd’hui le meilleur lieu pour approcher les navires traversant le canal de Suez. Situé à l’extrémité d’Ismaïlia, tout contre la voie d’eau, le club accueille pour une somme modique de nombreuses familles qui viennent y passer la journée. Une des zones de baignade se trouve presque dans l’axe maritime. Et la magie opère. Les bâtiments immenses passent, les uns après les autres, dans la voie étroite qui semble taillée entre deux morceaux de désert, dans le grondement sourd des moteurs tournant au ralenti. Il se dégage de la scène une impression de puissante étrangeté. Ces navires, sur les ponts desquels aucun être humain n’est visible, appartiennent au règne de l’eau, mais semblent presque flotter sur le sable, comme des vaisseaux spatiaux croisant au-dessus de terres inconnues et sauvages.
Qui, parmi ces jeunes baigneurs, savent d’où vient le mot dunfah ? C’est en réalité une déformation de « club d’enfants », celui dans lequel les familles françaises travaillant pour la « compagnie » – entendre, la Compagnie universelle du canal maritime de Suez – se distrayaient jusqu’en 1956. Il appartient maintenant à l’Autorité du canal de Suez, l’entité égyptienne qui a pris le relais après la nationalisation.
Presque cent ans de présence européenne entre mer Méditerranée et mer Rouge ont laissé des traces. Par exemple, dans les villes bordant le chenal, les villas au toit de tuile rose, aux murs de brique et de crépi, avec balcons, loggias et jardins verdoyants. Transplantées au cœur de l’Egypte comme des arbres importés d’Europe, « ces constructions puisent abondamment dans le répertoire décoratif des premières architectures de la villégiature, qui se sont développées à partir des années 1820 dans les stations thermales et balnéaires », explique la chercheuse au CNRS Claudine Piaton, dans une passionnante étude, « Architecture patronale dans l’isthme de Suez (1859-1956) », parue dans Annales islamologiques en 2016.
Il vous reste 82.98% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


3 hour_ago
23



























.jpg)






French (CA)