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Les plaintes de bruits liées aux salles de spectacle dans le Plateau-Mont-Royal seront désormais gérées par l’arrondissement et non par la police. Le nouveau règlement sur le bruit dévoilé jeudi prévoit aussi une baisse des amendes imposées aux propriétaires de lieux culturels et une nouvelle méthode pour mesurer le bruit émanant des salles de spectacle.
À la suite de la saga du Théâtre La Tulipe, qui avait été obligé de fermer ses portes après des plaintes d’un voisin, et de celle du Divan orange, l’arrondissement a présenté jeudi une nouvelle mouture de son règlement sur le bruit, qui remplace celui datant de 1977.
Le nouveau texte prévoit que seules les équipes de l’arrondissement seront responsables du traitement des plaintes de bruit concernant les salles de spectacles. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n’interviendra plus dans ces situations. Les citoyens pourront composer le 311 ou compléter un formulaire en ligne pour déposer une plainte,
L’arrondissement introduit aussi une notion « d’émergence spectrale » afin de mesurer le son émanant des salles de spectacle. Cette méthode utilisée ailleurs dans le monde permet de déterminer l’écart entre le bruit ambiant, incluant celui des salles de spectacle, et le bruit urbain. À titre d’exemple, la nuit, entre 23 h et 7 h, cet écart ne devra pas dépasser 3 dB. Le jour, ce seuil passera à 4 dB. Ces mesures ne se feront pas le soir même, mais à une date ultérieure.
Approche d’accompagnement
Les jeudis, vendredis et samedis, des « veilleurs » sont déjà en poste l’été pour gérer les plaintes de bruit sur trois artères commerciales (le boulevard Saint-Laurent, l’avenue du Mont-Royal et la rue Duluth) et pour déterminer leur bien-fondé, mais une personne sera désormais assignée à l’ensemble du territoire.
L’arrondissement reverra aussi à la baisse les amendes imposées aux établissements en cas d’infractions liées au bruit. « On évite ainsi de fragiliser financièrement encore plus les salles de spectacle. Notre message est clair : l’approche n’est plus de pénaliser, mais d’accompagner nos salles de spectacle », expliqué la mairesse du Plateau, Cathy Wong.
Ces amendes avaient été haussées à 10 000 $ l’an dernier pour une première infraction, ce qui avait causé de vives inquiétudes chez les propriétaires de salles de spectacle. Elles seront désormais de 600 $ pour une première infraction. Les récidives pourront les faire grimper jusqu’à 4000 $.
L’arrondissement assure toutefois qu’il cherchera à régler les problèmes avant d’imposer des amendes. Il a donné un mandat à l’association des Scènes de musique alternatives du Québec (SMAQ) afin qu’elle fournisse un accompagnement personnalisé aux établissements nocturnes faisant l’objet de plaintes.
« Habiter sur le Plateau, y dormir, y créer et y danser la nuit ne devraient pas être des réalités incompatibles », estime Cathy Wong.
Meilleur équilibre
Pour le directeur général du SMAQ, Jon Weisz, le nouveau règlement représente une « avancée bénéfique pour tout le monde ». « D’une part, les résidents disposeront d’un mécanisme plus clair et plus efficace pour faire valoir leurs préoccupations. De l’autre, les lieux de diffusion évolueront dans un environnement réglementaire plus prévisible, sans vivre sous la menace constante qu’une plainte puisse à elle seule fragiliser leurs activités ou compromettre leur avenir », a-t-il souligné.
Johanie Bouffard, porte-parole de MTL 24/24, a aussi salué l’arrivée du nouveau règlement. « On espère que cette réforme permettra de résoudre les enjeux de cohabitation de manière constructive, en évitant des situations complexes et coûteuses, comme on l’a vécu avec La Tulipe. »
D’ailleurs, le théâtre La Tulipe n’a toujours pas repris ses activités depuis sa fermeture en 2024 à la suite des plaintes de son voisin, l’entrepreneur Pierre-Yves Beaudoin. En février dernier, l’arrondissement avait accepté de verser 350 000 $ à M. Beaudoin pour régler le dossier.
Relancer les activités de La Tulipe nécessitera des investissements importants, notamment pour l’insonorisation de la salle et la restauration de la façade de l’immeuble patrimonial. « Si le voisin a obtenu une compensation financière, il n’en est rien pour nous et notre salle », avaient dénoncé les propriétaires de La Tulipe en février.
Questionnée à ce sujet, Cathy Wong s’est montrée prudente. « Depuis le règlement à l’amiable entre l’arrondissement et les voisins de La Tulipe, nous avons échangé avec La Tulipe à plusieurs reprises. On cherche des chemins, a-t-elle dit. L’objectif, c’est bien sûr que La Tulipe rouvre dès que possible. »


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