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Le ministre des Finances, Eric Girard, avoue ne pas avoir pu trouver des économies d’au moins 2 milliards de dollars pourtant nécessaires à l’atteinte de l’équilibre budgétaire « au plus tard » en 2029-2030.
Et il ne semble pas pressé de les trouver. « Ce 2 milliards d’[économies à réaliser] non identifiés va disparaître aussitôt que l’incertitude par rapport à l’ACEUM va disparaître », a-t-il fait valoir après avoir présenté un « budget responsable, sobre et ciblé » mercredi après-midi.
Eric Girard mise sur une croissance économique dopée par le maintien de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), sur lequel le président des États-Unis, Donald Trump, souffle actuellement le chaud et le froid. Un apaisement des tensions commerciales entre Ottawa et Washington stimulerait l’activité économique, accroîtrait les revenus fiscaux de l’État… et dispenserait le gouvernement du jour de dégager de nouvelles économies sans douleur.
La préservation à long terme des finances publiques dépend d’un retour à l’équilibre budgétaire, soutient Eric Girard, qui a désormais huit budgets du Québec derrière la cravate.
Le plan de retour à l’équilibre budgétaire du gouvernement Legault est « incomplet », avait souligné le vérificateur général du Québec dans un rapport en novembre dernier. Les « mesures pour réaliser plus de la moitié des économies envisagées, [8,5 milliards, pour renouer avec le déficit zéro] ne sont pas déterminées », faisait-il remarquer.
Force est de constater que le plan déficit zéro du gouvernement caquiste est toujours « incomplet », indique la directrice générale de l’Institut du Québec, Emna Braham, après avoir parcouru le plan budgétaire. « Il n’y a pas de nouvelles mesures concrètes pour réduire les dépenses », signale-t-elle, tout en soulignant que le niveau de dépenses demeure plus élevé que celui des revenus, toutes proportions gardées.
Selon elle, Eric Girard laissera « un beau casse-tête » sur le bureau du prochain premier ministre : un déficit structurel.
Déficits moins élevés que prévu
Malgré un plan « incomplet », l’État québécois achèvera son année financière 2025-2026 avec un déficit de 9,9 milliards de dollars — après un versement de 2,3 milliards au Fonds des générations — et non pas de 13,6 milliards, comme il le prévoyait il y a un an, a-t-on appris mercredi.
Le ministre des Finances a attribué cette « situation budgétaire plus favorable que celle prévue en mars 2025 » non seulement à une croissance économique plus forte que ce qui était attendu, mais également à une « saine gestion des finances publiques ».
Le gouvernement caquiste effectue un examen des dépenses de l’État, qui se traduit par des économies d’environ 600 millions par année, en plus de déployer des mesures favorisant l’« efficacité » et l’« efficience » de l’État, comme la centralisation du paiement des loyers des locaux des ministères ou encore la révision de leur espace d’entreposage, explique-t-on dans l’entourage de la présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau.
Maintien du niveau des services ?
Par ailleurs, la mise en œuvre du plan de retour à l’équilibre budgétaire peut-elle « compromettre le maintien du niveau des services à la population », comme l’appréhendait le vérificateur général du Québec ?
L’ultime budget du Québec signé par Eric Girard prévoit une croissance des dépenses de portefeuille de 1,6 % en 2026-2027 et de 2,4 % en 2027-2028, et ce, comparativement à 4,5 % en 2025-2026.
Pour le seul portefeuille de la Santé et des Services sociaux, il programme un accroissement des dépenses de 4,1 % en 2026-2027, puis de 2,2 % en 2027-2028. Or, « les dépenses en santé croissent naturellement de 4,6 % à 5 % », fait remarquer Emna Braham, qui pointe notamment le vieillissement de la population, qui crée « une dynamique inexorable » tirant les dépenses de l’État vers le haut.
« Il y aura des choix à faire dans les autres dépenses », prévient par contre l’économiste.
À l’approche de la prochaine campagne électorale, Eric Girard a pris soin de « suggérer fortement » aux partis politiques de faire preuve de prudence dans l’énoncé de promesses électorales. « La sobriété a bien meilleur goût », a-t-il soutenu mercredi, disant faire « de l’humour de banquier conservateur ».
Cela dit, le « fiduciaire des finances publiques des Québécois » a mis de côté pas moins de 1,25 milliard sur cinq ans afin que le prochain premier ministre caquiste, soit la personne qui obtiendra la faveur des membres de la Coalition avenir Québec, puisse concrétiser certaines des promesses faites durant la campagne à la succession de François Legault.


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