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Le plan de Donald Trump pour Gaza bute sur le refus tactique de Benjamin Netanyahou

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Le rejet par Israël du plan américain pour Gaza, accepté par le Hamas, attise des tensions perceptibles depuis des mois avec les États-Unis. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a estimé dimanche, lors de la réunion hebdomadaire de son cabinet que la dernière version du plan présentée fin juillet par le Conseil de la paix de Donald Trump était "inacceptable" en l'état. Ce refus, doublé d'un affront à l'allié américain, semble à nouveau mettre en doute l'avenir de ce plan en quinze points. Doute entretenu par le silence du président américain sur la question.

Cette feuille de route en quinze points, qui prévoient entre autres le désarmement de toutes les milices (dont le Hamas) et le retrait de l'armée israélienne (Tsahal) de la bande de Gaza, est censée lancer la deuxième phase du plan de paix original prévu en trois volets. Celui-ci a pour enjeu final la reconstruction de ce territoire dévasté par deux ans d'une guerre sans pitié contre le Hamas ayant aussi décimé la population palestinienne.

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Dans la prochaine phase, un gouvernement technocratique – le Conseil national pour l'administration de Gaza – doit entrer en fonction. Il devra "mettre hors service et stocker les armes lourdes, les sites de production militaire, les dépôts d'armes et les tunnels", selon la feuille de route. Une force de police palestinienne sera aussi mise en place sous le parrainage de la Force de stabilisation internationale, appelée à sécuriser les zones évacuées par l'armée israélienne.

Des idées acceptables ou non

Le chef du gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël, qui avait déjà exprimé ses réticences quant à ce plan, refuse que Tsahal se retire du territoire palestinien avant que le Hamas ait complètement remis ses armes. "Les Forces de défense israéliennes ne procéderont à aucun retrait jusqu'au démantèlement du Hamas et de ses armes. […] Cela signifie les armes lourdes, les armes moins lourdes et les armes légères. Toutes les armes", a annoncé dimanche M. Netanyahou, ajoutant qu'un "démantèlement réel, pas fictif" fait actuellement l'objet de discussions avec les Américains. "Ils ont des idées, certaines sont acceptables pour nous, d'autres sont inacceptables, et nous savons comment défendre nos positions sur ces questions", a-t-il précisé.

Le mouvement islamiste palestinien a exhorté les États-Unis à faire pression sur M. Netanyahou et son gouvernement, "afin qu'ils respectent la feuille de route et n'entravent pas le processus pour des raisons de politique intérieure ou électorale", a indiqué un membre de son bureau politique, Bassem Naïm.

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Survie politique

Ce refus israélien s'inscrit en effet dans le contexte des prochaines élections législatives en Israël qui auront lieu à l'automne, où Benjamin Netanyahou joue une nouvelle fois sa survie politique. À bientôt 77 ans (qu'il aura six jours avant le scrutin du 27 octobre), le Premier ministre est toujours sous le feu des critiques pour sa responsabilité éventuelle dans la faille sécuritaire ayant débouché sur le plus grand massacre d'Israéliens depuis la Shoah, le 7 octobre 2023 par le Hamas palestinien.

Poursuivi par la justice israélienne pour fraude et corruption, le Premier ministre pense pouvoir gagner du temps et se refaire une virginité en poursuivant la guerre contre ses ennemis – au rang desquels figure l'Iran. L'élimination de toute menace pesant sur Israël reste donc l'une de ses priorités, au détriment du plan américain pour Gaza qui contrecarre la volonté de ses partenaires politiques d'extrême droite de réoccuper la bande de Gaza - jusqu'à en récupérer le territoire pour Israël. L'un d'eux, le ministre des Finances Bezalel Smotrich a salué l'attitude du Premier ministre, réaffirmant que l'armée "ne peut se retirer (de Gaza), même d'un millimètre".

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Retard dans les sondages

Alors que le plan américain est largement impopulaire en Israël, l'attitude du Premier ministre paraît appréciée dans une partie de la population. Des sondages montrent que Benjamin Netanyahou refait peu à peu son retard sur ses adversaires. Dans un sondage publié dimanche par la télévision publique Kan et repris par le quotidien Haaretz, le Likoud du Premier ministre serait repassé devant Yashar, le parti de son principal rival, Gadi Eisenkot (avec 24 sièges contre 23). La coalition actuelle y totalise ainsi 53 sièges, ce qui est toujours insuffisant pour atteindre la majorité de 61 sièges à la Knesset (parlement). Avec un total de 56, l'opposition - qu'un sondage donnait victorieuse le mois dernier sans la participation des partis à majorité arabe - aurait de nouveau besoin de leur concours pour gouverner.

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