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Un livre relance la polémique sur les liens de l’icône de Mai 68 avec le renseignement américain. Si le philosophe révolutionnaire a bien travaillé pour le gouvernement des Etats-Unis pendant la guerre, sa radicalisation a fini par le faire considérer comme une menace par le FBI.

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Le philosophe Herbert Marcuse, à l’Université libre de Berlin, le 15 mai 1968. Le philosophe Herbert Marcuse, à l’Université libre de Berlin, le 15 mai 1968.

Une polémique agite la gauche intellectuelle marxiste. Elle concerne une icône internationale de la contre-culture des années 1960, le philosophe Herbert Marcuse (1898-1979). Penseur révolutionnaire, mentor d’Angela Davis dont il a dirigé la thèse, Marcuse aurait été lié dans les années 1950 au gouvernement américain, et notamment à la CIA, que ce soit directement ou à travers la Fondation Rockefeller qui a financé ses recherches.

Ancien spartakiste ayant fui le régime nazi, Herbert Marcuse est davantage connu comme étant une figure de l’école de Francfort, ce groupe d’intellectuels allemands qui, autour de l’Institut de recherche sociale de Francfort-sur-le-Main, avait développé une théorie critique du capitalisme, mariant marxisme, esthétique et analyse freudienne. De plus en plus radical au fil de sa vie, Marcuse a montré comment le confort et la consommation anesthésiaient la conscience de classe. A la fin des années 1960, alors septuagénaire et professeur à l’université de San Diego (Californie), il est devenu une sorte de gourou auprès de la jeunesse en révolte. Au point qu’en mai 1968, certains étudiants parisiens avaient popularisé le slogan « Marx ! Mao ! Marcuse ! »

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