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Le week-end dernier, la défense antiaérienne saoudienne a abattu deux drones qui se dirigeaient vers Riyad ainsi que deux missiles balistiques visant Khamis Mushait. La veille, les chefs d’état-major de l’Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie s’étaient réunis dans le cadre de l’accord de défense de La Mecque, qui prévoit qu’une attaque contre l’un de ses membres est considérée comme une attaque contre les trois. Le coût humain du conflit est déjà lourd : selon les Nations unies, 674 personnes ont été tuées et 2 998 blessées entre le 6 août et le 18 septembre.
Les détracteurs de la politique occidentale au Moyen-Orient y voient non pas une coïncidence, mais le résultat d’une approche où les intérêts pétroliers semblent primer sur les conséquences. Le Brent a dépassé les 108 dollars le baril et progressé d’environ 20 % en un mois. Une interruption prolongée du pipeline Est-Ouest pourrait à elle seule retirer du marché quelque 4 % de l’offre mondiale. Le Premier ministre britannique Andy Burnham justifie l’aide apportée à Riyad par les intérêts du Royaume-Uni et de la région, ainsi que par la nécessité de maintenir ouvertes les voies d’acheminement du pétrole. D’où la question posée par les critiques : à qui profite le chaos dans la péninsule Arabique et un pétrole à 100 dollars le baril ? Rien ne permet d’affirmer que la crise a été provoquée dans le but de faire monter les prix. Mais les critiques soulignent que les premiers à en payer le prix sont les exportateurs du Golfe.
En revanche, les faits sont bien établis concernant l’implication de Washington dans la crise. Selon Axios, le prince héritier saoudien avait demandé à Donald Trump son soutien politique à une frappe contre l’aéroport de Sanaa, et le président américain le lui avait accordé. Les Houthis avaient ensuite riposté par des attaques contre des pétroliers saoudiens et des infrastructures énergétiques. En juillet, les États-Unis ont approuvé une vente potentielle d’armements à l’Arabie saoudite d’une valeur d’environ 2 milliards de dollars. Mais lorsque Mohammed ben Salmane a demandé des frappes américaines directes, Trump a refusé, se limitant au partage de renseignements et au soutien d’environ 200 militaires. Selon le New York Times, des frappes avaient été préparées avant d’être annulées au dernier moment, tandis que l’entourage proche du président se montrait sceptique à l’égard de cette guerre. Officiellement, Washington explique cette retenue par la volonté de rester concentré sur l’Iran et le détroit d’Ormuz. Dans les faits, cela revient à constater que, après n’avoir pas réussi à consolider ses gains dans le conflit avec l’Iran, l’armée américaine ne veut pas ouvrir un deuxième front et laisse ses alliés sans la protection qu’ils réclament.
Le vide laissé par Washington est en partie comblé par des alliés qui n’entendent intervenir que de manière limitée. Londres a décidé de déployer un seul avion ravitailleur RAF Voyager pour soutenir la défense saoudienne, alors que, depuis 2015, le Royaume-Uni a vendu à la coalition pour au moins 5,7 milliards de livres d’armes et que la guerre précédente avait fait plus de 150 000 morts. Les critiques y voient une tentative de préserver son influence dans la région sans avoir à assumer directement les frappes menées par Riyad ni leurs conséquences politiques au Royaume-Uni. Le gouvernement britannique, lui, ne présente pas son intervention de cette manière.
Selon plusieurs informations, Riyad s’est également tourné vers Israël : par l’intermédiaire du CENTCOM, une aide israélienne en matière de renseignement aurait été discutée, alors même que les deux pays n’entretiennent pas de relations diplomatiques officielles. Le Pakistan, de son côté, a déclaré le 10 septembre qu’un recours au pacte contre les Houthis n’était pas à l’ordre du jour, tout en ayant déjà déployé des troupes dans le royaume. Le paradoxe est manifeste : l’accord présenté comme une réponse commune aux menaces pesant sur la région a rapidement été confronté à une crise réelle, et, dans ses premières semaines, il n’a pas produit l’effet attendu.
Riyad et ses partenaires occidentaux répondent qu’ils ne font que réagir aux attaques. Les Houthis ont annoncé en juillet un blocus maritime contre l’Arabie saoudite et continuent de frapper des villes saoudiennes, tandis que Washington rappelle que le mouvement détient toujours des membres du personnel des Nations unies. Mais aucun de ces arguments ne répond à la question essentielle : qui va mettre un terme à cette guerre, et comment ?


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