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Déjà condamné à la prison à vie pour le meurtre de ses deux jeunes enfants, le Lavallois Kamaljit Arora écope aussi d’un an d’incarcération pour avoir tenté d’étrangler son épouse et de huit ans pour la tentative de meurtre de sa fille aînée.
« Le Tribunal conclut que le plan de M. Arora pour tuer ses trois enfants et lui-même était élaboré et minutieusement réfléchi ».
Il avait placé ses pions depuis plusieurs semaines, notamment avec l’achat d’une génératrice et en faisant de multiples recherches sur Internet pour savoir comment tuer sa famille, a déclaré le juge Alexandre Bien-Aimé Bastien en lisant sa décision sur la peine lundi matin au palais de justice de Laval.
Mais l’homme de 49 ans a toutefois commis une erreur dans l’exécution de son plan le 17 octobre 2022, constate le magistrat : il n’a pas pris en compte que sa fille aînée, Jasmine, avait un horaire de travail inhabituel, et qu’elle est rentrée à la maison familiale après sa mère.
« C’est ce qui lui a sauvé la vie, et non pas parce qu’il avait changé d’avis », a lu le magistrat dans une salle de cour.
Contrairement aux arguments des avocates de la défense, ses actions ne sont pas celles d’un homme malade, mais celles d’un homme « égoïste », a-t-il ajouté.
Il a été reconnu coupable de ces crimes en mars dernier par un jury.
Par ses quatre verdicts, le jury a tranché que l’homme a noyé avec préméditation ses deux enfants de 11 et 13 ans — dont l’identité est protégée par ordre de la Cour — dans leur domicile de Laval.
Quand sa fille Jasmine a découvert leurs corps, il a tenté d’étrangler son épouse. Jasmine a sauvé sa mère en mordant son père jusqu’à ce qu’il la lâche.
En même temps que ses autres peines
On savait déjà que l’homme allait passer un minimum de 25 ans en prison pour ses crimes : le verdict de meurtre prémédité entraîne automatiquement une peine de prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.
Il restait au juge à déterminer la durée des peines pour les deux autres crimes.
Les périodes de huit ans et d’un an de prison seront purgées en même temps que les autres et ne rallongeront donc pas la durée d’incarcération de Kamaljit Arora.
Au premier jour de son procès criminel, il a admis avoir tué ses deux plus jeunes enfants. Son aveu ne mettait toutefois pas un terme au procès : la Couronne cherchait à prouver qu’il avait planifié ses gestes et agi de façon délibérée.
C’est ce qui était nié par l’accusé : il a soutenu avoir complètement perdu le nord ce jour-là, en raison de ses troubles psychologiques, et a dit n’avoir aucun souvenir de ce qui s’était passé. Il a rappelé avoir fait une grave dépression quelques années avant la mort de ses enfants et une tentative de suicide qui a nécessité une hospitalisation. Il était médicamenté et continuait, depuis, d’être suivi par un psychiatre pour son anxiété. Il a témoigné avoir voulu, le jour fatal d’octobre 2022, s’enlever la vie — il y pensait constamment — en avalant un comprimé de fentanyl. La famille Arora avait quitté l’Inde pour le Canada afin d’offrir une vie meilleure à ses enfants, mais le père craignait de ne pouvoir subvenir à leurs besoins.
Mais en rendant sa décision sur la peine lundi, le juge a déclaré que le témoignage de Kamaljit Arora n’était pas digne de confiance, notamment sur sa prétendue amnésie le jour des meurtres.
Le magistrat a aussi tranché que l’homme n’avait pas consommé de drogues avant de commettre ses meurtres, une affirmation qu’il aurait faite pour démontrer que sa capacité de former l’intention de commettre ses crimes était affectée.
Mais alors que la Couronne avait plaidé que Kamaljit Arora avait tué ses enfants pour faire souffrir son épouse, le juge ne s’est pas rangé à cet argument, disant ne pas en avoir la preuve « hors de tout doute raisonnable ». Le magistrat convient toutefois que la preuve a démontré qu’il nourrissait du ressentiment envers sa conjointe.
Pour déterminer la peine, le juge Alexandre Bien-Aimé Bastien a ainsi retenu comme facteurs aggravants le fait que l’homme s’est attaqué à sa partenaire intime, à des enfants vulnérables, et dans un lieu censé être sécuritaire : le domicile familial.
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