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Après plus de 40 années de passion investies dans son entreprise située en bordure du lac Dufault, Larry Aiken passe le flambeau à la relève.
C’est le couple formé des Rouynorandiens Camille Gingras et Cédéric Godbout-Parent qui poursuivra l’aventure démarrée dans les années 1980.
Depuis 2020, j'étais intéressé de léguer le flambeau à quelqu'un d'autre, souligne le désormais ex-propriétaire. Ça a pris plusieurs années, je trouvais le temps long. À un moment donné, j’avais peur de devoir tout simplement fermer. J'avais commencé à ralentir la production parce que je n'étais plus capable physiquement. Mon corps me disait d'arrêter. Ils sont arrivés comme une bouée de sauvetage.

Larry Aiken est heureux de passer le flambeau après plus de 40 années investies dans son entreprise.
Photo : Radio-Canada / JEAN-MICHEL COTNOIR
La première rencontre entre M. Aiken et les nouveaux propriétaires a eu lieu au printemps dernier. Curieux, Cédéric et Camille venaient d’apprendre que l’entreprise était à vendre.
On savait qu'on voulait venir voir, mais on ne voulait pas trop s'imposer, alors on s'était stationnés un petit peu plus loin. On a commencé à marcher, et on s'est rapprochés un petit peu, raconte Cédéric avec le sourire.
Il faisait chaud dans les serres, alors on avait dû ouvrir une porte pour laisser entrer un peu d'air frais, se remémore Larry Aiken. Un peu après, on a vu deux petites faces apparaître dans un trou dans la porte. C'était Cédéric et Camille qui nous regardaient par le petit trou, ils voulaient voir de quoi ça avait l’air. J'ai dit : "Entrez, venez voir de quoi ça a l'air!"
Camille, qui possède un DEP en réalisation d’aménagements paysagers, et Cédéric, titulaire d’un baccalauréat en génie agroenvironnemental, affirment s’être sentis immédiatement à la maison.

Cédéric Godbout-Parent et Camille-Gingras souhaitent apporter leur touche à l'entreprise, tout en poursuivant les opérations qui lui ont apporté du succès par le passé.
Photo : Radio-Canada / JEAN-MICHEL COTNOIR
Soutenant avoir toujours eu l’ambition de posséder sa propre entreprise agricole, Cédéric Godbout-Parent affirme néanmoins que l’occasion s’est présentée beaucoup plus tôt qu’il ne l’espérait.
Une opportunité comme celle-là est assez rare; on vient de Rouyn, il y a une entreprise à Rouyn, dans le domaine agricole, bien installée, prête à être reprise avec un bon mentor. C’était une opportunité qu’on n’attendait pas. On l’a saisie.
De grands souliers à chausser
Pour les deux jeunes entrepreneurs, reprendre une entreprise existante, avec une clientèle établie, représente un avantage de taille.
C'est un avantage parce que M. Aiken a tout bâti, souligne Camille Gingras. L'entreprise est ancrée dans la communauté, tout le monde connaît la Pépinière Aiken. C'est pour ça qu'on n'a pas changé le nom de l'entreprise, pour que les gens sachent que c’est la même entreprise qui continue.
Pour assurer le succès de la transition, Larry Aiken s’engage à mentorer les deux repreneurs aussi longtemps qu’il le faudra.

Les nouveaux propriétaires de la pépinière Aiken s’attendent à une ouverture au public vers la fin du mois d’avril ou le début du mois de mai. (Photo d'archives)
Photo : Facebook : Pépinière Aiken
C'est sécurisant, mais en même temps, on a de grosses chaussures à porter, fait observer Cédéric.
C’est vraiment rassurant parce qu’on a le meilleur coach. On a celui qui a construit l’entreprise. Avec les connaissances horticoles qu’il a, tout le monde sait que Larry Aiken, c’est une légende!
Une transition émotive
Questionné sur la signification de voir la pérennité de l’entreprise qu’il a mise sur pied être assurée, Larry Aiken prend d’abord une grande respiration avant de se lancer.
Cédéric et Camille sont venus une première fois pour une petite visite. À la fin juin, ils sont revenus avec une lettre de la banque disant qu'ils avaient obtenu un prêt pour acheter l’entreprise, se rappelle-t-il.
Ils étaient venus avec la mère de Cédéric. Je suis allé me cacher dans la pièce arrière pour brailler. J'ai été touché par ça. Je me suis dit : “Enfin, il y a quelque chose de concret“.
C'est mon bonheur, c'était mon fonds de pension, poursuit-il, la voix nouée par l’émotion. Tu travailles toute une vie, et quand tu es entrepreneur, tu peux t’en mettre un peu de côté, mais pas tant que ça, tu n'as pas de fonds de pension, mais là, ça l'était, mon fonds de pension. Ça venait m’assurer une vie confortable pour le restant de mes jours.
M. Aiken assure qu’il fera tout en son possible pour que Camille et Cédéric puissent amener l’entreprise à un autre niveau.

Cédéric Godbout-Parent et Camille-Gingras pourront compter sur le soutien et le mentorat de Larry Aiken pour assurer le succès de la reprise d'entreprise.
Photo : Radio-Canada / JEAN-MICHEL COTNOIR
Les gens n’ont pas idée de tout l’ouvrage qu’il y a à faire pour qu’il y ait les petits pots et les gros bacs de fleurs partout en ville. Il y a beaucoup à apprendre, mais je vais être là et je vais tout transférer mon savoir. Je vais rester tant qu’ils vont avoir besoin de moi, assure-t-il.
Je n'ai pas d'enfants, alors ils vont prendre la place de mes enfants. Et leur petite fille, ils pourront compter sur moi pour s’en occuper de temps en temps s’ils en ont besoin, dit celui dont la résidence est située à côté de la pépinière.
Avec le printemps qui tarde à s’installer en Abitibi-Témiscamingue, Camille Gingras et Cédéric Godbout-Parent s’attendent à une ouverture au public vers la fin du mois d’avril ou le début du mois de mai. Les détails seront annoncés sur les réseaux sociaux de l’entreprise.


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