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Par Le Figaro avec AFP
Le 21 décembre 2025 à 16h33

Alors que l’administration américaine a annoncé vendredi un accord avec neuf nouveaux laboratoires pour réduire les tarifs des médicaments, Thomas Schinecker estime que la Suisse est le pays qui a «le plus à gagner et le plus à perdre» dans la nouvelle équation.
Passer la publicité Passer la publicitéLe directeur général du géant pharmaceutique Roche fait pression pour élever les tarifs. Thomas Schinecker a plaidé dimanche pour que le prix des nouveaux médicaments soit plus élevé en Suisse, dans une interview publiée dimanche les journaux du groupe de médias suisse Tamedia, dont Le Matin Dimanche.
«Refuser une rémunération adéquate pour des traitements qui sauvent des vies et permettent de réaliser des économies dans le système de santé, malgré une richesse plus élevée et des dépenses plus faibles pour les médicaments innovants, mettrait automatiquement en péril le lancement de nouveaux traitements», affirme le dirigeant.
Alors que la Maison Blanche a annoncé vendredi un accord pour réduire le coût des médicaments avec neuf nouvelles entreprises, dont Genentech, la filiale américaine de Roche, Thomas Schinecker estime que la Suisse est le pays qui a «le plus à gagner et le plus à perdre» dans la nouvelle équation. Sans vouloir révéler les détails «confidentiels» de l'accord, il explique: «l'objectif est que tous les pays participent de façon plus équilibrée au financement du progrès médical et de l'innovation pharmaceutique».
«Par ailleurs, l'administration américaine souhaite que les prix des médicaments récemment commercialisés soient, à l'avenir, harmonisés dans huit pays: Danemark, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Japon, Canada et la Suisse», ajoute-t-il. «Donald Trump entend donc réduire la part des États-Unis dans le financement des nouveaux médicaments et faire en sorte que la Suisse et d'autres pays contribuent davantage», en fonction de leur puissance économique, selon lui. Ainsi pour ceux avec un PIB par habitant supérieur à celui des États-Unis, cela se traduira «par un prix plus élevé», a-t-il poursuivi en précisant que les prix des médicaments déjà sur le marché ne seront pas affectés.
«Moins de chiffre d’affaires», moins d’impôts, d’investissements dans la recherche
Si la Suisse ne s'ajuste pas, «cela aurait évidemment des conséquences», avertit le patron en rappelant que l'industrie pharmaceutique représente 10% du PIB du pays alpin et génère quatre milliards de francs par an de recettes fiscales. Pour Roche cela signifierait «moins de chiffre d'affaires», moins d'impôts, d'investissements dans la recherche, moins de création d'emplois pour le groupe qui emploie 15.000 personnes en Suisse, détaille le dirigeant.
La Suisse figure parmi les pays les plus durement touchés par l'offensive protectionniste du dirigeant républicain avec des droits de douane de 39%. La pharmacie, son plus gros secteur d'exportation, est exemptée de droits de douane mais Donald Trump agite régulièrement la menace de taxer les médicaments. Fin septembre, puis début octobre, des accords avec trois grands laboratoires, l'américain Pfizer, puis le suédo-britannique AstraZeneca et l'allemand Merck, prévoyant une réduction des prix de certains médicaments en échange d'une exemption de droits de douane avaient été annoncés.
Vendredi neuf nouvelles entreprises ont rejoint cet accord, Sanofi, Merck, Novartis, Bristol Myers Squibb, GSK, Amgen, Gilead Sciences, Boehringer Ingelheim et Genentech, portant le total à 14.


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