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L’ancien secrétaire général de l’Élysée est parvenu à éviter la défiance des parlementaires qui l’ont auditionné, ce mercredi, à l’Assemblée nationale et au Sénat.
Passer la publicité Passer la publicité«Je me tiens devant vous en homme libre et je m’engage à exercer mes fonctions en toute indépendance.» C’est ainsi qu’Emmanuel Moulin, ancien secrétaire général de l’Élysée, s’est présenté ce mercredi matin devant sénateurs et députés pour défendre sa nomination comme gouverneur de la Banque de France, qui participe à la définition de la politique monétaire dans la zone euro et joue un rôle clé en matière de régulation financière. Le haut fonctionnaire était auditionné par les commissions des finances des deux chambres pour valider (ou non) cette nomination, comme le veut la procédure prévue dans l’article 13 de la Constitution.
Alors que le suspense planait ces dernières heures sur le choix qu’allaient faire les parlementaires, ces derniers ont finalement décidé de valider cette nomination. Avec 52,7% de voix contre, députés et sénateurs n’ont donc pas rejeté le choix du président de la République. Il aurait fallu trois cinquièmes de votes défavorables des suffrages exprimés dans l’ensemble des deux commissions pour que cela soit le cas. Emmanuel Moulin a pu compter sur le soutien d’une très large majorité des troupes macronistes mais aussi, de la majorité sénatoriale à forte composante LR.
Une nomination contestée
Pour autant, les auditions ne furent pas une partie de plaisir pour Emmanuel Moulin. Et pour cause : son profil crispe les oppositions. Ancien directeur de cabinet de Bruno Le Maire à Bercy, puis de Gabriel Attal à Matignon, le quinquagénaire vient tout juste de quitter le poste de secrétaire général de l’Élysée, qu’il occupait depuis le printemps 2025, lorsqu’il a succédé à Alexis Kohler. De quoi largement nourrir la défiance de ceux qui accusent Emmanuel Macron de recaser ses proches en vue de la fin de son mandat. Ce fut par exemple le cas de Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel ou d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes.
Mardi, le président LFI de la commission des finances de l’Assemblée, Éric Coquerel, s’est notamment interrogé sur une volonté du président de la République de «corseter les institutions en cas de changement politique». Au Figaro, le vice-président RN de l’Assemblée, Sébastien Chenu abondait hier : «Ça n’a rien de personnel, mais Emmanuel Moulin, directeur de cabinet de Bruno Le Maire, de Gabriel Attal, et secrétaire général de l’Élysée, est le symbole de l’échec du macronisme, c’est-à-dire de tout ce que nous avons combattu».
Pendant les auditions, mercredi matin, nombre d’élus de l’opposition ont donc questionné l’indépendance à venir d’Emmanuel Moulin. «Quelle doit être l’indépendance politique du gouverneur selon vous et seriez-vous prêt à soutenir la politique économique de n’importe quel gouvernement ?», a par exemple interrogé le socialiste Philippe Brun, avant de le relancer en reformulant ses questions à plusieurs reprises. «Vous me qualifiez de fidèle de président de la République. C’est vrai que j’ai été dans l’État ces dix dernières années et j’espère l’être après», a par exemple répondu Emmanuel Moulin à l’Insoumis Éric Coquerel, qui l’interrogeait également sur le sujet. Ou encore, lors de son discours préliminaire : «J’entends les interrogations qui peuvent naître (...). Je suis un homme du service public depuis toujours et avant toute chose».
En dépit de ces très grandes réticences de la gauche et du Rassemblement national, Emmanuel Moulin va donc prendre la tête de la Banque de France et ainsi succéder au gouverneur sortant, François Villeroy de Galhau, qui avait choisi, il y a quelques semaines, de quitter son poste de manière anticipée.


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