Le ministre pakistanais des Affaires étrangères a affiché ce lundi 23 mars sa détermination à "éradiquer la menace terroriste", au moment où une trêve temporaire avec l'Afghanistan arrive à expiration.
Le Pakistan et l'Afghanistan, en conflit depuis des mois, avaient annoncé mercredi une trêve censée durer jusqu'à lundi minuit heure locale, à l'occasion de la fête de fin du ramadan, grâce à la médiation de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie.
"Le Pakistan reste fermement déterminé à éradiquer la menace terroriste", a martelé ce lundi Ishaq Dar, ministre pakistanais des Affaires étrangères. "Les actions du Pakistan en Afghanistan (...) sont tournées vers cet objectif", a-t-il affirmé.
Islamabad accuse l'Afghanistan d'accueillir des combattants du mouvement des talibans pakistanais (TTP) qui ont revendiqué des attaques meurtrières sur le sol pakistanais. Le gouvernement taliban réfute ces allégations.
"La frappe a été si forte que certains corps ont explosé"
Dimanche, un civil a été tué en Afghanistan par un obus tiré par les forces pakistanaises dans la province frontalière de Kunar (est de l'Afghanistan), ont affirmé le gouvernement taliban et une source médicale.
La trêve temporaire a été conclue après un bombardement pakistanais qui a fait des centaines de victimes dans un hôpital pour toxicomanes de Kaboul, et des semaines d'affrontements depuis le 26 février dans les régions frontalières.
Le processus d'identification des victimes de la frappe du 16 mars à Kaboul se poursuit, a indiqué lundi à l'AFP Abdul Mateen Qani, le porte-parole du ministère de l'Intérieur afghan. Il a ajouté que de nouvelles funérailles devraient avoir lieu dans les jours à venir, après l'inhumation mercredi d'une cinquantaine de corps à Kaboul.
La violence de la frappe a compliqué l'identification des victimes. "Nous avons vu beaucoup de morceaux de corps disséminés, c'était choquant, la frappe a été si forte que certains corps ont explosé", avait indiqué la semaine dernière à l'AFP le le directeur pour l'Afghanistan de l'ONG internationale Norwegian Refugee Council (NRC).
Samedi, le ministère de la Santé afghan avait appelé les familles à contacter le département de la médecine légale pour aider à l'identification de "dizaines de corps".
Un bilan provisoire
Les autorités talibanes afghanes ont fait état mardi de 408 morts et 265 blessés dans cette frappe sur un hôpital traitant des personnes souffrant d'addiction aux drogues. Lundi, la mission de l'ONU en Afghanistan (Unama), qui enquête sur la mort de civils afghans dans le conflit avec le Pakistan, a indiqué à l'AFP que des chiffres préliminaires font état de 143 morts et 119 blessés.
Mais ce bilan "va très probablement augmenter", a ajouté une porte-parole. Les vérifications de l'Unama, qui se basent sur plusieurs sources et sur un processus prenant du temps, sont aussi compliquées par les difficultés à identifier certains corps.
Selon un bilan de l'ONU datant de mardi dernier, mais qui ne tient pas compte de la frappe sur l'hôpital, au moins 76 civils afghans ont été tués depuis le 26 février. Plus de 115.000 personnes ont été déplacées par le conflit en Afghanistan.
"Les appels au cessez-le-feu continuent ainsi que ceux incitant les parties à accepter les offres de médiation", a ajouté la porte-parole de l'Unama. "La Chine a offert d'agir comme médiatrice et le Secrétaire général (de l'ONU) soutient cette proposition", a-t-elle poursuivi.


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