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Le Nouveau-Brunswick resserre les règles en matière d’immigration. Des changements font en sorte que les candidatures des travailleurs étrangers seront filtrées selon les besoins et les priorités du marché, et non pas sous le principe du premier arrivé, premier servi.
Ces changements touchent le Programme d’immigration au Canada atlantique (PICA). Depuis le 3 février, un système de bassin de candidatures est en vigueur.
Santé, éducation et construction ont la priorité
Ainsi, lorsqu'un travailleur étranger dépose une demande pour travailler au Nouveau-Brunswick, celle-ci est ajoutée à un bassin de candidatures, où les demandes sont traitées chaque mois.
Si c’est Ottawa qui détermine le nombre de travailleurs que chaque province peut accueillir, c’est la province qui détermine les secteurs qui ont besoin de ces travailleurs. Au Nouveau-Brunswick, il a été déterminé que les travailleurs étrangers pouvant œuvrer dans les secteurs de la santé, de l'éducation et de la construction seront priorisés.

Le secteur de la santé fait partie des trois secteurs priorisés par Fredericton pour l'approbation de demandes de travailleurs étrangers. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / Morsa Images
Ce qui veut dire que les demandes pour travailler dans les secteurs de la restauration et de l’hébergement ne seront pas considérées.
La demande expirera après 1 an
L’implantation de ce bassin de candidature pour le programme PICA fait que les demandes sont traitées selon les besoins du marché et non plus sous le principe du premier arrivé premier servi. Une compétitivité entre les candidatures s’installe.
De plus, une demande expirera si elle n’a pas été traitée après 365 jours. Le travailleur étranger devra refaire une demande complète.

Le ministre responsable de l'Immigration, Jean-Claude D'Amours. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Silas Brown
Cette décision a été prise à contrecœur, explique le ministre responsable de l’Immigration, Jean-Claude D’Amours.
On est obligé d’établir ces règles-là pour pouvoir mieux cerner et s'assurer d’avoir les meilleurs professionnels ou les meilleurs employés que le Nouveau-Brunswick a besoin actuellement.
On devra faire le choix basé sur les priorités basées sur le marché du travail.
Il ajoute que ces changements viennent directement de la réduction des cibles en immigration imposée par Ottawa. Par exemple, le Nouveau-Brunswick peut recevoir cette année environ 3200 travailleurs étrangers, contre 5500 en 2024.
Le ministre D’Amours réitère sa demande auprès d’Ottawa pour augmenter cette cible pour le Nouveau-Brunswick, arguant que chaque province a des besoins précis et que les nouvelles règles en matière d’immigration au pays ne peuvent pas s’appliquer de la même façon partout.
Il affirme que le Nouveau-Brunswick fait face à un vieillissement de la population et à une décroissance du taux de natalité. Il est nécessaire d’aller chercher des travailleurs qualifiés ailleurs, pour combler les besoins actuels et la croissance de l’économie, ajoute Jean-Claude d’Amours.
Plus difficile d’obtenir la résidence permanente
Comme l’explique Nicole Druckman, avocate spécialisée en immigration, le programme PICA était l’un des programmes où il était plus facile de remplir tous les critères d’une demande pour la résidence permanente, une fois au Nouveau-Brunswick.

L'avocate Nicole Druckman aide régulièrement des entreprises à faire demande à divers programmes en immigration, dont le PICA. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Le fait d’utiliser un bassin pour choisir ces employés peut venir compliquer les plans d’un travailleur étranger voulant obtenir cette résidence.
Cependant, ce qu’on a vu, c’est que c'est très lent maintenant dans ce programme, où auparavant, ça prenait à peu près six mois de devenir résident permanent et maintenant on voit que ça prend des années.
L’avocate ajoute que ces nouvelles règles peuvent compliquer la vie des travailleurs et des employeurs, mais qu’elles étaient aussi nécessaires pour contrer la fraude devant une croissance en immigration et aussi empêcher que des travailleurs utilisent le Nouveau-Brunswick comme porte d’entrée au Canada.
Toutefois, les besoins du marché évolueront. J’espère qu’on va trouver un équilibre parce que je trouve que ce n'est pas juste pour certains employeurs, lance Nicole Druckman.
Notons qu’à travers le programme PICA, un employeur doit être désigné pour recevoir un travailleur et l’accompagner sur le lieu du travail, dans la communauté et dans l’obtention de la résidence permanente.
Toutefois, Immigration NB a décidé de suspendre temporairement les demandes de nouveaux employeurs qui voudraient obtenir cette désignation, pour 2026.
Avec les informations de Kristina Cormier et de l’émission La matinale


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