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Les Islandais ont rejeté à près de 53% la reprise immédiate des négociations d’adhésion à l’Union européenne. Un résultat qui gèle toute nouvelle démarche jusqu’en 2028 et pose, au-delà de l’Islande, la capacité de l’Union européenne à continuer de séduire.
Publié le 31/08/2026 07:23
Temps de lecture : 2min
Un participant agite un drapeau islandais lors d'un rassemblement de partisans du "non" à la reprise des négociations d'adhésion de l'Islande à l'Union européenne, à Reykjavik (Islande), le 27 août 2026 (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)
Lors du référendum, dimanche 30 août, les Islandais ont dit "ekki", c’est-à-dire "non" en islandais, à la question de savoir s’ils souhaitaient rouvrir dès maintenant les négociations avec l’Union européenne. Ce n’était donc pas un vote sur une adhésion à l’Europe, mais sur la reprise des discussions. Ce "ekki" va geler toute négociation jusqu’en 2028. La Première ministre islandaise l’a d’ailleurs confirmé dans la foulée, expliquant que son gouvernement ne ferait "pas un seul pas en direction de l’Europe" jusqu’à la fin de son mandat.
Cette décision concerne un pays de 400 000 habitants au statut un peu particulier. L’Islande s’était lancée dans l’aventure européenne en 2009, avant de tout stopper en 2013, puis de reprendre à nouveau les démarches. Dans le même temps, le pays fait déjà partie de l’Espace économique européen et est membre de l’espace Schengen, qui permet la libre circulation des personnes. Les Islandais ont donc déjà un pied dans l’Europe, sans en être membres.
Les raisons du "ekki" sont multiples. Le non et le oui sont restés au coude à coude jusqu’à la fin de la campagne, avec deux camps qui peuvent même se visualiser géographiquement dans le pays : en résumé, la campagne vote "ekki", alors que la capitale Reykjavik est pro-européenne et vote "ja", c’est-à-dire "oui". Les Islandais ont déjà un pied dans l’Europe et ne voyaient pas forcément l’intérêt d’y mettre le deuxième. C’est notamment le cas dans le secteur de la pêche, où existe la crainte que l’Islande perde sa souveraineté dans ce domaine, alors que la pêche représente 40% de ses exportations.
Comme souvent avec un référendum, les électeurs ont aussi mis un peu de politique intérieure dans le débat. La coalition au pouvoir était divisée, et tout cela a pu jouer sur les quelques pourcentages qui ont manqué au "oui" pour l’emporter. Le résultat est donc serré, mais il pose aussi des questions aux Européens sur l’attractivité de leur Union.
Si ce référendum a été avancé et s’est tenu maintenant, c’est notamment à cause des menaces de Donald Trump, qui veut s’emparer du Groenland voisin. Or, si Donald Trump peut faire peur, l’Europe, elle, ne rassure pas forcément. Bruxelles a évidemment expliqué respecter pleinement le choix démocratique des électeurs islandais et assuré vouloir continuer à travailler avec l’Islande.
Mais c’est aussi un avertissement. L’Europe ne fait plus rêver, soulignent certains députés. L’Union n’a pas su être attractive pour l’Islande et ses richesses. Le pays bénéficie d’un bon niveau de vie, mais il est surtout situé dans une région appelée à devenir stratégique dans les années à venir : celle du Grand Nord, que les Américains, les Russes, les Chinois et les Européens regardent avec gourmandise.


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