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La Russie n'en finit plus de marquer le pas dans la guerre qui l'oppose à l'Ukraine: selon les dires de responsables européens, relayés par le Financial Times, Moscou déplore des pertes de plus en plus importantes au sein de son armée. Le nombre de morts et de disparus au combat a récemment subi une hausse importante, et rares sont les jeunes Russes à avoir envie de s'engager pour leur pays –ceci expliquant peut-être cela.
Des primes importantes ont beau être promises à ceux qui rejoindront les rangs de l'armée russe, rien n'y fait, ce qui pousse le Kremlin à devoir aller faire son marché dans des lieux dont il se serait bien passé. En témoigne l'augmentation de la proportion de criminels présumés parmi les nouveaux appelés. Parallèlement, Moscou déploie d'autres méthodes, faisant pression sur les conscrits pour qu'ils signent des contrats à la fin de leur service obligatoire et poussant les soldats blessés à reprendre du service au plus vite.
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Pertes en pagaille
D'après le groupe d'analyse ukrainien Frontelligence Insight, le taux de désertion est à son plus haut niveau depuis le début de l'«opération spéciale» lancée par Vladimir Poutine en février 2022. «Poutine a parié qu'une pression soutenue sur un large front finirait par provoquer un effondrement du côté ukrainien. Mais la manière dont les forces russes combattent ne permettra tout simplement pas de réaliser des percées opérationnelles significatives», indique Michael Kofman, chercheur principal à la Fondation Carnegie pour la paix internationale.
L'Ukraine souffre également d'une pénurie de soldats, ce qui l'a contrainte à céder du terrain le long de certaines lignes de front afin de repousser les forces russes ailleurs. Le problème semble moins marqué que pour la Russie, qui bénéficie pourtant d'une population bien plus conséquente et a la possibilité de débloquer des réserves d'hommes pour combler les pertes et les défections. Mais Moscou aimerait ne pas se contenter de gérer les manques.
L'armée russe progresse à un coût plus élevé que jamais et de la façon la plus laborieuse qui soit: selon un rapport d'études du Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS) publié en janvier, son avancée est de 15 à 70 mètres par jour lors de ses offensives les plus importantes, ce qui est plus lent que dans presque tous les conflits observés ces 100 dernières années.
Ce même rapport indique qu'au moins 325.000 soldats russes ont été tués dans ce conflit, soit cinq fois plus que dans tous les conflits russo-soviétiques réunis depuis la Seconde Guerre mondiale et au moins deux fois plus que les pertes ukrainiennes sur le champ de bataille. Ces chiffres ont encore augmenté ces derniers mois. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a affirmé début février que 30.000 à 35.000 soldats russes étaient tués ou grièvement blessés chaque mois.
«Si cela continue, ils perdront entre 100.000 et 120.000 de leurs soldats de première ligne en quelques mois seulement. Et ils ne pourront pas combler ce manque facilement», a ajouté le chef d'État ukrainien. L'utilisation de drones, qui a pris de l'ampleur au fur et à mesure, n'est pas étrangère à ces pertes conséquentes: selon un rapport du service de renseignement extérieur letton publié en début d'année, les drones sont actuellement responsables de 70% à 80% des morts et des blessés dans les deux camps.





























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