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Le musée Exploramer à la recherche de ses requins

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La construction du nouveau pavillon des requins du Saint-Laurent a débuté en Haute-Gaspésie. Mais d'où viendront les prédateurs qui le peupleront? Le musée Exploramer cherchera des aiguillats noirs dans d’autres aquariums du continent, avant de se tourner vers le Saint-Laurent.

Alors que le chantier a récemment commencé, le nouveau pavillon pourrait être ouvrir dès juin 2027, se réjouit la directrice générale du musée Exploramer, Sandra Gauthier, en entrevue dans l'émission de radio Plein Phare.

Le musée scientifique a donc moins d’un an pour trouver les requins qui nageront dans le futur aquarium de 250 000 litres d’eau salée. L'institution cherche à acquérir une cinquantaine de spécimens, mais privilégie l'aiguillat noir, dont la survie de l'espèce n'est pas menacée.

Des aiguillats noirs, sous l'eau.

Parmi les huit espèces de requins qui visitent le Saint-Laurent, sept ont un statut d’exception. L'aiguillat noir, lui, se porte bien, selon Sandra Gauthier. (Photo d'archives)

Photo : Wildlife of the World

Collaborer avec d’autres aquariums

La première étape, explique Sandra Gauthier, sera celle de solliciter d’autres aquariums nord-américains, afin de trouver des aiguillats noirs en captivité et, par la suite, des aiguillats communs.D’abord et avant tout, on vise le prêt ou le don d’animaux vivants.

On va faire un appel à tous nos compatriotes des aquariums du Canada et des États-Unis pour savoir si, à tout hasard, quelqu’un en aurait à nous donner ou à nous prêter.

On est confiant, ce n’est pas quelque chose qui est impossible à faire, souligne la directrice.

Sandra Gauthier devant le musée Exploramer.

« Ultimement, notre objectif est d’aller chercher quelques aiguillats communs, qui sont eux des visiteurs saisonniers du Saint-Laurent », souhaite Sandra Gauthier, la directrice générale d’Exploramer. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin

Ce type de collaboration est fréquent entre les parcs animaliers, zoo et autres institutions, confirme la directrice de la conservation à l’Aquarium du Québec, Marie-Pierre Lessard.

Entre aquariums, c'est quelque chose qu'on fait souvent, d'échanger des collections, souligne-t-elle. C’est d’ailleurs de cette façon que des holbiches ventrues, des requins en provenance d’un autre aquarium canadien, ont fait leur entrée dans les bassins de Québec.

Le transport d’espèces marines entre institutions demande cependant une logistique complexe. Le voyage varie selon l’espèce, la taille de l’animal et la distance.

Deux femmes de dos en tenue de plongée assises sur le bord d'un bassin. Elles se préparent à se mettre à l'eau.

L’Aquarium du Québec accueille deux espèces de requins : les holbiches ventrues et les requins-léopards. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Vincent Pichard

On va s'assurer que les paramètres de qualité d'eau puissent rester les mêmes tout au long du transport, comme la même température, de l'eau très bien oxygénée, décrit Marie-Pierre Lessard.

Les animaux et leur santé sont ensuite surveillés avec attention lors du transport. On va s'assurer aussi de faire des arrêts, soit pour faire un changement d'eau, soit remettre de l'oxygène.

La directrice de la conservation à l’Aquarium du Québec, Marie-Pierre Lessard.

Marie-Pierre Lessard est la directrice de la conservation à l'Aquarium du Québec. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Anne-Sophie Roy

Elle précise qu'à l'arrivée, les requins passent par une période de quarantaine et d’acclimatation afin de vérifier qu'ils se nourrissent, n'ont pas de parasites, ainsi que pour comprendre leur comportement avant qu’ils ne rejoignent les autres espèces.

Ils s'adaptent quand même assez facilement et les requins sont vraiment très bons pour se repérer dans leur environnement.

Des tuyaux évacuent des bulles dans un cours d'eau.

Un système de «rideau de bulles» devrait être installé dans le nouveau bassin du musée Exploramer afin d’éviter que les requins n'abîment leur rostre sur les parois. (Photo d'archives)

Photo : Gracieuseté : Canadian Pond

Option B : capturer en milieu naturel

Si Exploramer ne parvient pas à trouver d’aiguillats noirs dans d’autres aquariums, d'autres options seront évaluées, comme la capture en milieu naturel.

Le musée a ciblé deux zones où se trouvent ces requins. Dans un premier temps il faut avoir un permis, à Exploramer on a des permis à des fins d'éducation et à des fins d’exposition, précise Mme Gonthier.

La capture se ferait en collaboration avec un pêcheur acceptant de lancer ses filets sur des aiguillats. Une pêche dédiée à ça, avec tout ce qu’il faut pour les maintenir en bonne condition, comme avec des paliers de décompression, décrit-elle.

Une raie se promène sur le fond marin.

Les raies et les requins font partie de la famille des elasmobranchii. Il y a déjà plusieurs raies au musée scientifique Exploramer. (Photo d'archives)

Photo : Gracieuseté : MPO

De plus, Exploramer compte aussi peupler l'aquarium de raies, appartenant à la même famille que les requins.

Depuis Noël, les raies ont certainement senti que le pavillon des requins s’en venait parce qu’elles se sont mises à éclore : on a une douzaine d'œufs qui ont éclos!, s’amuse la directrice générale.

Avec les informations de Philippe Arseneault

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