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Un mot plutôt méconnu employé par Mark Carney dans sa riposte à Donald Trump se retrouve maintenant sur des chandails fabriqués à London, en Ontario. La campagne « Mes hydronymes sont Lake & Ontario » profite de l’attention suscitée par la controverse entourant le nom du lac Ontario pour amasser des fonds destinés à sa protection.
L’entreprise de vêtements Branded By Collins a créé des articles arborant cette phrase après l’utilisation du terme hydronyme par le premier ministre canadien la semaine dernière. 10 dollars par article vendu sont remis à Swim Drink Fish Canada, un organisme sans but lucratif basé à Toronto qui œuvre notamment à la protection du lac Ontario.
Pour Gregary Ford, vice-président de l’organisme, la controverse offre une occasion rare d’attirer l’attention sur le lac. C’est l’occasion, pour la première fois depuis une génération, de voir les gens parler du lac Ontario et en être fiers, affirme-t-il.

Le président américain Donald Trump a signé le 27 août un décret visant à renommer le lac Ontario « lac Amérique » aux États-Unis, sur fond de tensions commerciales entre Washington et Ottawa. (Photo d'archives)
Photo : Associated Press / Jae C. Hong
La semaine dernière, Mark Carney a réagi à la décision de Donald Trump dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux. Nous savons que les États-Unis sont en train de changer. Leurs relations commerciales, leur politique étrangère, leurs monuments nationaux, leurs hydronymes. Les Canadiennes et les Canadiens savent aussi qu’il faut appeler les choses par leur nom, et ce lac se nomme Lac Ontario – aujourd’hui et pour toujours, a notamment écrit le premier ministre.
L’utilisation par le premier ministre canadien du mot hydronyme, nom propre d’une étendue ou d’un cours d’eau, a fait du bruit sur Internet. De nombreuses personnes, dont Gregary Ford, ont admis avoir dû en chercher la définition.
J’ai dû le chercher, tout comme tout le monde, et j’ai un peu honte de l’admettre puisque je travaille dans le domaine de l’eau, plaisante-t-il. Mais c’est un mot magnifique et merveilleusement "geek" qui, je crois, a attiré l’attention des gens l’importance d’un nom et sur ce qu’il représente.

Le lac Ontario, l’un des cinq Grands Lacs, est situé entre l’Ontario et l’État de New York. La province, fondée en 1867, tire son nom de ce lac. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Keito Newman
Alors que de nombreux dirigeants politiques des deux pays ont dénoncé le décret de M. Trump, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a dévoilé samedi à Winona un panneau sur lequel on pouvait lire « Lac Ontario, aujourd’hui et pour toujours ».
Transformer la controverse en campagne
L’idée d’imprimer la formule Mes hydronymes sont Lake & Ontario sur des vêtements vient de l’agence de relations publiques Curious Public, qui a approché le directeur général de Branded By Collins, Steve Ryall, pour concrétiser ce projet.
Curieusement, je faisais du vélo à Toronto, juste au bord du lac Ontario, quand j’ai reçu l’appel, le moment était donc bien choisi, raconte M. Ryall. C’est amusant de participer à un projet comme celui-ci. Nous sommes vraiment fiers d’être Canadiens, alors nous sommes ravis d’appuyer cette initiative.

Steve Ryall, directeur général de Branded By Collins, tient en main l’un des chandails créés par l’entreprise de London.
Photo : Avec l'autorisation de Steve Ryall
La campagne hydronyme a débuté avec de simples casquettes, mais s’est depuis élargie aux chandails, aux chandails à capuchon et aux pulls, offerts en noir, rouge et blanc. 10 dollars provenant de la vente de chaque article, dont le prix varie entre 30 $ et 50 $, sont versés à Swim Drink Fish Canada.
Au-delà du nom, protéger le lac
Pour Gregary Ford, la controverse dépasse désormais la question du nom. Elle pousse davantage de personnes à s’intéresser aux origines autochtones du lac Ontario, à son rôle dans le réseau des Grands Lacs et aux moyens de mieux le protéger.
Les gens en apprennent davantage non seulement sur de nouveaux termes comme les hydronymes, mais aussi sur de nouveaux concepts et de nouvelles façons d’améliorer notre relation avec le lac qui se trouve à notre porte.
Le lac Ontario fait face à plusieurs pressions environnementales, notamment les changements climatiques, les espèces envahissantes et la présence de microplastiques, rappelle M. Ford. Il espère donc que l’intérêt suscité par un mot inhabituel et par la querelle politique qui l’entoure pourra se traduire par une meilleure connaissance du lac et davantage d’actions pour le protéger.
Avec les informations de Isha Bhargava de CBC


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