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Le ministère de la Défense espagnol va enquêter sur d'éventuels mauvais traitements des migrants à Ceuta

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L'ONG Amnesty International affirme avoir documenté des passages à tabac, des humiliations, des expulsions expéditives et du profilage racial lors d'une enquête menée dans l'enclave espagnole après l'arrivée massive de migrants fin juillet. Le ministère de la Défense annonce l'ouverture d'une enquête interne. Le média public espagnol RTVE revient sur ces révélations.

Publié le 01/10/2026 17:12

Temps de lecture : 2min

L'ONG Amnesty International a signalé des cas de torture et de mauvais traitements des migrants par l'armée. (EFE / AMNESTY INTERNATIONAL ESPAGNE) L'ONG Amnesty International a signalé des cas de torture et de mauvais traitements des migrants par l'armée. (EFE / AMNESTY INTERNATIONAL ESPAGNE)

Le ministère de la Défense espagnol va transmettre au parquet et au tribunal d'instance de Ceuta un rapport d'Amnesty International sur les mauvais traitements et les agressions contre des migrants par du personnel militaire déployé dans la ville autonome. Il a également demandé au Commandement des opérations d'enquêter afin de "déterminer d'éventuelles responsabilités individuelles" du personnel présent à Ceuta, dans le but de "préserver la bonne conduite et la réputation des Forces armées", selon des sources du ministère dirigé par Margarita Robles.

L'organisation de défense des droits humains a rapporté des incidents d'agression et de mauvais traitements, pouvant s'apparenter à de la torture, contre des migrants et des demandeurs d'asile à Ceuta. Elle a également documenté des traitements cruels, inhumains et dégradants, ainsi que des conditions d'accueil "inacceptables".

Le rapport a été publié mercredi [30 septembre], deux mois après l'afflux massif de plus de 80 000 personnes à Ceuta en provenance du Maroc. Amnesty International a écrit au Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, et au président de la ville autonome, Juan Jesús Vivas, en leur demandant de prendre des mesures urgentes. L'ONG déclare par ailleurs être "consciente de la situation compliquée" dans la ville autonome et adresse un message de "solidarité et de soutien" aux habitants de Ceuta.

"Ce n'est pas une chose du passé ; les attaques se produisent toujours, la dernière a eu lieu il y a quelques jours", a déclaré Esteban Beltrán, directeur d'Amnesty International en Espagne, dans l'émission "La Hora de La 1" [sur la chaîne publique espagnole RTVE]. Il a souligné que les témoignages recueillis par Amnesty International ont également été collectés par de nombreux journalistes.

Beltrán a également déploré qu'"il y a des milliers de personnes vivant dans des conditions épouvantables à Ceuta", deux mois après le début de la crise, parmi lesquelles de nombreuses personnes vulnérables, femmes et jeunes filles, "laissées sans défense dans les rues", victimes de viols et d'agressions sexuelles.

Dans leurs lettres à Pedro Sánchez et Jesús Vivas, Amnesty International demande d'une part d'enquêter sur ces incidents et de mettre fin aux agissements des militaires, et d'autre part de fournir à ces migrants des conditions de vie décentes.

Une délégation d'Amnesty International a visité Ceuta du 10 au 15 septembre, parcouru les zones où se trouvent les migrants et rencontré des journalistes, des ONG, le parquet et des représentants du gouvernement régional. Des représentants de l'organisation ont également parlé à plus de 65 migrants et demandeurs d'asile, dont 31 enfants et 26 femmes, parmi lesquelles deux femmes enceintes.

"Beaucoup de témoignages ont mis en lumière la violence et le traitement dégradant infligés par des militaires, y compris à des femmes et des enfants non accompagnés, ce qui, dans certains cas, en raison de sa gravité, peut s'apparenter à de la torture", a averti l'ONG.

Un article écrit par RTVE Noticias, initialement publié le mercredi 30 septembre 2026 à 11h15. Traduit et édité pour franceinfo par Alice Kouri.

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