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Le milieu des affaires est préoccupé par les contre-tarifs canadiens

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Le milieu des affaires anticipe que les contre-tarifs dévoilés mardi par le gouvernement Carney vont faire mal aux entreprises canadiennes. S’il salue les mesures d’aides proposées, il craint toutefois qu’elles s’avèrent insuffisantes.

« C’est une autre tuile qui s’abat sur le secteur manufacturier québécois et canadien », croit Francis Prévost, directeur des affaires publiques chez Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ). « On vient encore affaiblir toutes les chaînes d’approvisionnement entre le Canada et les États-Unis. » La riposte canadienne risque aussi de prolonger un climat d’incertitude qui freine les investissements.

« La situation actuelle nous préoccupe grandement », affirme pour sa part Simon Gaudreault, économiste en chef à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Plusieurs petites et moyennes entreprises « vont être touchées de plein fouet ». Certaines d’entre elles sont à la fois des importatrices et des exportatrices et feront ainsi face tant aux tarifs américains qu’aux contre-tarifs canadiens, précise-t-il. « Pour chaque PME qui exporte aux États-Unis, il y en a probablement deux ou plus qui importent des produits des États-Unis, donc les contre-tarifs vont très probablement venir toucher un grand nombre de PME », souligne M. Gaudreault.

Il note aussi que les citoyens risquent aussi d’en subir les conséquences en payant plus cher leurs produits.

Le président pour le Québec du Conseil canadien du commerce de détail (CCCD), Michel Rochette, prévoit aussi que les contre-tarifs « impactent le coût des produits dans certains magasins ».

Mais il ne renie pas la riposte canadienne pour autant. « La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas une approche qui est mur à mur, c’est une approche qui est ciblée, à la fois économiquement et politiquement. »

Des mesures d’aide bien accueillies, mais imparfaites

Le gouvernement fédéral a annoncé des mesures d’aide totalisant 7,5 milliards de dollars pour atténuer les conséquences de ses contre-tarifs, dont une part significative est destinée aux entreprises. Cette aide prendra entre autres la forme de subventions et de prêts aux modalités avantageuses.

« On tient quand même à souligner la capacité d’action du gouvernement canadien et du gouvernement québécois à déployer des mesures d’aide financière pour les entreprises manufacturières », dit Francis Prévost, de MEQ. Les prêts sans intérêts donnent un coup de main aux entreprises, mais « dans un monde idéal, ce serait des prêts non remboursables ».

L’entreprise qui paie des tarifs, « elle n’a plus d’argent pour payer ses fournisseurs, elle n’a plus d’argent pour payer ses clients et ses employés », explique la p.-d.g. de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), Véronique Proulx. C’est pourquoi une telle entreprise préfère des « contributions non remboursables ». « Elle a besoin de liquidités. Elle n’a pas nécessairement une capacité de s’endetter davantage. »

Mme Proulx invite également les gouvernements à s’inspirer des mesures fiscales adoptées durant la pandémie, comme le report du paiement de l’impôt sur le revenu des entreprises. « L’allègement fiscal, c’est quelque chose que tant le provincial que le fédéral pourraient faire dès aujourd’hui, qui ne leur coûterait pas beaucoup d’argent, puis qui donnerait un coup de main aux entreprises. »

En attendant une entente

« On souhaite évidemment qu’on [en vienne à] une désescalade et qu’on puisse revenir à la table des négociations pour trouver une entente qui satisfait tout le monde », soutient Simon Gaudreault, de la FCEI.

D’ici à l’éventuelle ratification d’un accord, les entreprises reconnaissent le besoin de diversifier leurs marchés. Or, « la diversification des marchés, c’est important, mais ça ne se fera pas du jour au lendemain », d’où la nécessité d’en venir à un accord dès que possible, selon Véronique Proulx.

Les appels à la consommation locale pourraient aussi se faire plus insistants. La ministre fédérale de l’Industrie, Mélanie Joly, a livré mardi un plaidoyer en ce sens en conférence de presse.

« Si vous voyez un produit canadien, s’il vous plaît, soutenez-le. […] C’est de cette façon que vous pouvez lancer un mouvement de résistance. »

Avec des certifications comme celles délivrées par Produit du Québec et Aliments du Québec, les détaillants de la province sont bien outillés pour mettre l’accent sur les produits locaux, pense Michel Rochette, du CCCD. S’il sentait déjà une préférence des consommateurs pour les produits québécois, il sent que cette fois-ci, « le ressac va être un peu plus grand face à des produits qui viennent des États-Unis ».

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