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On en demande beaucoup aux adolescents. On leur demande de réussir à l’école, de se projeter tôt dans l’avenir, de composer avec la pression sociale, les médias sociaux et des inquiétudes qui dépassent largement leur âge, tout en trouvant souvent seuls les mots pour dire qu’ils ne vont pas bien.
Cette pression n’est pas qu’une impression. Le Portrait croisé des réalités adolescentes au Québec que vient de dévoiler Tel-jeunes met en lumière une réalité trop souvent silencieuse : les jeunes ont besoin d’être mieux compris, mais surtout mieux entourés.
Derrière cette réalité, les données tracent un portrait préoccupant. Même si plusieurs jeunes continuent de faire preuve de résilience, la santé mentale des 12 à 17 ans s’est détériorée de façon importante au cours des dernières années. Tel-jeunes le constate déjà dans ses interventions : les problèmes de santé mentale y occupent une place croissante, passant de 40 % à 50 % des demandes d’aide en trois ans. Dans les témoignages des adolescents, les mêmes réalités reviennent avec insistance : dépression, stress, anxiété de performance, faible estime de soi, solitude et détresse plus marquée chez les adolescentes.
Ces constats font écho à ceux que GreenShield documente depuis plusieurs années. En 2024, notre organisme rappelait déjà que les jeunes ne manquent pas seulement de ressources en santé mentale, mais aussi de repères pour y accéder. Dans ce contexte, l’accès aux services demeure essentiel, mais il ne suffit pas. Les jeunes doivent pouvoir trouver de l’aide, bien sûr, mais surtout s’y reconnaître assez pour oser y recourir.
Peur
Cela étant, le portrait de Tel-jeunes rappelle que plusieurs attendent encore avant de demander du soutien, même lorsqu’ils sentent que leur détresse devient difficile à porter. La peur d’être jugés, d’inquiéter leurs proches, de déranger ou de ne pas être compris continue de peser lourdement dans leur décision de parler ou de se taire.
Les données de Recherche en santé mentale Canada publiées en novembre 2025 ajoutent une couche à ce constat : l’aide doit être à portée de main, au bon moment et dans un format qui parle aux jeunes. Pour plusieurs, le coût reste le principal obstacle, devant les délais d’attente et la difficulté de trouver l’aide adéquate. Ces obstacles s’inscrivent dans un contexte plus large, où les pressions économiques et l’incertitude quant à l’avenir nourrissent le stress et l’anxiété, particulièrement chez les jeunes racisés et de la communauté LGBTQ+.
C’est pourquoi il faut aller plus loin que la simple multiplication des ressources. Si l’on veut que l’aide atteigne réellement les jeunes, elle doit être pensée à partir de leurs réalités et construite avec eux. Un service, aussi pertinent soit-il, ne peut avoir d’effet que s’il est accessible, crédible et significatif à leurs yeux.
C’est précisément là que notre responsabilité collective prend tout son sens. La santé mentale des adolescents ne relève pas uniquement du système de santé. Elle se construit dans les familles, les écoles, les organismes communautaires, les politiques publiques et les entreprises qui choisissent de s’engager concrètement. Chacun peut contribuer à réduire les obstacles, à renforcer les facteurs de protection et à créer des environnements où les jeunes n’ont pas à attendre d’être en crise pour recevoir du soutien.
C’est aussi en misant davantage sur la prévention que l’on peut agir plus tôt, avant que la détresse ne s’installe, et poser aujourd’hui les gestes qui contribueront à la santé et à la résilience de la prochaine génération.
Le portrait de Tel-jeunes doit donc être entendu comme un signal : un appel à mieux structurer le filet autour des jeunes, avec eux et pour eux, afin qu’ils n’aient pas à porter seuls ce qui devrait relever de toute une société.


6 day_ago
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