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La fin de semaine a été marquée par la tenue au Musée canadien pour les droits de la personne du marché Noir et Fier. Une dizaine de vendeurs et artisans noirs ont tenu à montrer la richesse des produits du continent africain. Sur place, le public a pu découvrir des créations et échanger avec les artisans.
Sur des tables sont exposés des produits beauté, des spécialités culinaires afros revisitées, des douceurs sucrées artisanales, ou des accessoires faits main. Pour sa première participation, Mouhamed Soumbounou, originaire du Sénégal, est venu présenter les produits de la bannière Awa Bissap.

Le marché Noir et Fier se tient en février dans le cadre du Mois de l'histoire des Noirs au Canada.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
Il expose fièrement ses produits, observant que les gens viennent voir, font des essais, et goûtent les produits.
Dans son kiosque, à l’entrée de l'aire d'exposition, différents produits sont étalés. Parmi eux, le Tamarin, une gousse brune tropicale originaire d'Afrique, riche en fibres, en calcium et en magnésium, traditionnellement utilisée pour faciliter la digestion. Mais son produit phare reste le baobab.
C'est un produit qui provient souvent de l'Afrique de l'Ouest, souligne Mouhamed Soumbounou. La plupart de ses produits sont faits localement, seul le baobab est importé.

Mouhamed Soumbounou participe pour la première fois au marché Noir et Fier. Il est assistant à Awa Bissap.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
Parmi ses autres produits, le Ginger et l’Hibiscus blanc et rouge. Les bouteilles ont été produites ici, les étiquettes aussi, tout a été fait localement, sauf le baobab, qui est le seul produit étranger, précise-t-il.
En nous déplaçant vers le milieu de la salle, nous tombons sur le kiosque d’Alice Goli de West Natural Goods. Entrepreneuse originaire de Côte d’Ivoire, sa spécialité est le cacao.
Je vends de la poudre de cacao mélangée à du café. Il y a aussi du beurre de cacao ainsi que le massage au cacao, souligne-t-elle.
Elle importe le cacao de Côte d’Ivoire, mais les emballages sont faits au Canada.
Une fenêtre de diversité
Presque habituée au marché de Noir et Fier, Alice Goli trouve que l’événement est très intéressant et traduit la diversité des cultures.

Alice Goli est entrepreneuse. Originaire de Côte d’Ivoire, sa spécialité est le cacao.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
Chacun apporte son produit, ses connaissances. Ce qui me plaît aussi, c'est que chaque personne ici a quelque chose de particulier de sa culture.
Avec sa petite entreprise Gabougouni, Sokona Djoume essaie de faire connaître sa cuisine malienne aux Manitobains. Pour sa première participation au marché, elle a fait de la marinade pour montrer aux gens qui n'arrivent pas des fois à acheter chez moi, je les place dans des contenants et la personne n’a qu’à faire son petit mélange à la maison, explique-t-elle.

Sokona Djoume voudrait répandre sa cuisine malienne au Manitoba.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
Pour elle, son produit spécial reste le far. C’est de la sauce piquante de l'Afrique. Parce que, comme je suis ici au Canada, au Manitoba, on n'est pas vraiment habitués à manger du piment extra-fort de l'Afrique. Donc j'ai apporté ma petite contribution à faire du vrai piment extra-fort du pays.
Sokona Djoume ajoute qu’une de ses marinades est dédiée à sa petite fille. Le nom c'est Nina, la Vinaigrette Nina, dit-elle, avec fierté.
Juste à côté du stand de Sokona Djoume, la Malienne Kadidia Koulibaly en est à sa troisième participation au marché Noir et Fier. Son registre, ce sont les accessoires. Je vends les boucles d'oreilles, les bracelets, les chaînes, puis les habits. Les bracelets, je les ai faits moi-même, mais pas les boucles d'oreilles, soutient-elle.

Kadidia Koulibaly participe pour la troisième fois au marché Noir et Fier. Son registre, ce sont les accessoires.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
Problème de transport
Pour introduire la matière première servant à faire réaliser certains produits et articles, les artisans doivent composer avec des enjeux de transport.
Mouhamed Soumbounou, de la bannière Awa Bissap, explique qu'il est difficile d'acheminer certains produits jusqu'au Manitoba.
Il y a des défis pour importer ça [le baobab], genre les frais de transport sont compliqués et cela coûte cher, affirme-t-il.
Quelques mètres plus loin, le stand de Roukaya Ousman. Concentrée sur ton téléphone, elle raconte qu’elle importe ses produits d’Afrique centrale, notamment du Cameroun et Nigéria.

Roukaya Ousman importe la plupart de ses produits d’Afrique centrale.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
J’expose des produits artisanaux, tels des chapeaux, des éventails, des bracelets, mais aussi des bijoux, dit-elle. Son seul problème, c’est le transport de marchandises. Ça prend beaucoup de temps, surtout pour venir ici à Winnipeg. Vu qu' on n'a pas de port ici, il faut que ça vienne dans une autre province avant qu'on achemine nos produits ici, explique-t-elle.
Le marché de dimanche est l'une des activités organisation par l'association Noir et Fier dans le cadre du Mois de l'histoire des Noirs, qui s'achève à la fin du mois de février.


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