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Observer le capelan rouler sur les berges du Saint-Laurent est un phénomène bien connu des locaux les nuits d'été. Mais lundi dernier, lors d’une balade nocturne sur les plages de Natashquan, Jarvis Wapistan a assisté à un tout autre spectacle.
Près d'une centaine de poissons zébrés se réunissaient dans une enclave peu profonde de la berge. Plusieurs s’échouaient carrément sur le sable, frétillant vigoureusement.
Celui qui a capturé ce curieux phénomène sur vidéo n’en croyait pas ses yeux.
J’étais avec mes enfants et on était en six-roues vers environ 20 h 45. Il y avait des goélands, des fous de Bassan, des cormorans et des hérons, rapporte Jarvis Wapistan. J’ai vu des flashs argentés dans l’eau. On s’est approchés et on a vu que c’était du maquereau. Mes enfants on dit : “Wow!” Même moi, à 33 ans, je n’avais jamais vu ça!
Si ce phénomène est plutôt rare, il n’est pourtant pas inédit. Selon la biologiste chez Pêches et Océans Canada et spécialiste du maquereau, Caroline Lehoux, ce genre de comportement est signalé environ une fois par année le long du Saint-Laurent.
Ce n’est pas toujours une seule cause, mais c’est assez localisé habituellement, autant dans le temps que dans l’espace, explique-t-elle.

Jarvis Wapistan affirme que le spectacle a été observé sur une plage de Natashquan. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Pour ce cas précis, Caroline Lehoux avance plusieurs hypothèses. La plus probable serait un refroidissement soudain de l'eau. Elle avance que les données satellites montrent qu'au moment de l'observation, la surface était environ 5 °C plus froide que la température habituellement recherchée par le maquereau.
Le maquereau aurait pu se retrouver dans ces eaux froides qui n’étaient pas adéquates pour lui, explique-t-elle. Les poissons se sont peut-être réfugiés près des côtes, où l'eau est plus chaude, avant de se retrouver coincés par le refroidissement la nuit.
D’autres facteurs moins probables pourraient aussi expliquer ce changement de comportement, comme la présence de prédateurs, un manque d’oxygène ou la prolifération d’algues toxiques, dit-elle.
Quoi qu’il en soit, Caroline Lehoux précise que ce phénomène n’a rien d’alarmant. Par précaution, elle recommande tout de même aux témoins de ne pas pêcher ni consommer ces poissons, afin d’éviter tout risque d’intoxication alimentaire.


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