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Une nouvelle maman dénonce le manque de services en obstétrique, en Haute-Gaspésie, qu’elle vit de plein fouet et qui l’a forcé à se déplacer de Rivière-à-Claude jusqu’à Matane pour accoucher. Elle déplore aussi le manque de communication entre les établissements de santé lors du transfert de patientes pour accoucher.
Depuis le 1er janvier, à minuit, l'hôpital de Sainte-Anne-des-Monts ferme son service d'obstétrique une semaine sur deux. La raison? Une pénurie d’infirmières spécialisées.

Marie-Anne Lépine réside à Rivière-à-Claude depuis deux ans, mais l'aventure qu'elle a vécu pour son accouchement l'incite à réfléchir à son désir de rester dans la région pour la suite des choses.
Photo : Gracieuseté
Donc, on s'est rendu à Matane pour être sûr que j'accouche à Matane, vu que j'étais rendue à 41 semaines. Puis, je pense qu'on a bien fait, parce que le 2 janvier, j'ai accouché de ma petite fille, explique Marie-Anne Lépine.
Comme les autres femmes enceintes de la Haute-Gaspésie, Mme Lépine a été avisée de la possibilité de devoir accoucher à Matane. Elle souligne toutefois avoir rencontré une situation problématique à laquelle elle ne s'attendait pas : le personnel soignant n’avait pas son dossier médical en mains.
Rendus à l'hôpital [de Matane], vers 11 h, ils nous ont dit qu'ils n'avaient pas notre dossier. Ils n’avaient aucune idée qu'on existait dans le fond, déplore-t-elle.

L'hôpital de Matane est situé à près de 87 kilomètres de l'hôpital de Sainte-Anne-des-Monts.
Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellette
France Bernier, responsable du volet périnatalité pour la Maison des Familles Haute-Gaspésie, évoque qu’un cas comme celui vécu par Marie-Anne Lépine est loin d’être idéal.
Déjà qu’aller accoucher dans un autre hôpital c'est difficile à assimiler pour des nouveaux parents, que rendus dans un nouvel hôpital, qu'on ne sache pas exactement qu'est-ce qui se passe au niveau du cas de la personne, puis [qu’on soit] obligé de faire des suivis d'un hôpital à l'autre, c'est un peu compliqué!, lance-t-elle.
Gérer les complications
Marie-Anne Lépine explique qu’après son accouchement, elle a eu la consigne d’aller au département d’obstétrique de Sainte-Anne-des-Monts si son bébé présentait un problème de santé avant l’âge de quatre semaines. Une situation qui s’est malheureusement produite.
Elle a développé une infection à l'œil, puis on a appelé à l'hôpital de Sainte-Anne-des-Monts pour voir un médecin. On nous a informés que c'était impossible parce que le service était fermé cette semaine, jusqu'à jeudi, souffle-t-elle.
La mère de famille s’est fait proposer par le 811 de se présenter à l’urgence avec son nourrisson, mais à ses yeux, il est insensé d’envisager cette alternative avec un bébé d’un peu plus de deux semaines.

France Bernier estime qu'il y a quelques cas comme celui de Marie-Anne Lépine où le suivi de dossier est problématique.
Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellette
C'est un très gros enjeu présentement. Les parents doivent attendre à l'urgence pour aller faire évaluer leurs enfants ou faire évaluer leur grossesse. C'est une perte de temps dans le travail que la maman [doit ensuite] faire pour aller à Rimouski, ou aller à Matane ou à Gaspé. Donc, ça devient un peu difficile pour gérer le stress des gens en fin de compte, dit France Bernier.
Même si elle est installée à Rivière-à-Claude depuis deux ans déjà, Marie-Anne Lépine ne cache pas que ce qu’elle a vécu lui fait réfléchir à son avenir dans la région.
Ça doit changer, on doit avoir accès à un service à la santé pour les familles. [...] On devrait avoir le même service qu'à Montréal ou à Québec. Ce n'est pas parce qu'on est en région qu'on devrait avoir autant de problèmes
Solutions?
Le préfet de la Municipalité régionale de comté (MRC) de la Haute-Gaspésie, Sylvain Tanguay, explique que le Centre intégré de santé et de service sociaux de la Gaspésie déploie actuellement divers efforts pour trouver des solutions. L'élu évoque que le plus grand des défis reste celui d’attirer des infirmières spécialisées en obstétrique, dû au peu d’accouchements qui ont lieu dans la région.

Sylvain Tanguay a été élu préfet de la Haute-Gaspésie le 2 novembre. (Photo d'archives)
Photo : Facebook: Sylvain Tanguay, candidat à la préfecture - Haute-Gaspésie/René Faulkner
Ici [en Haute-Gaspésie], on est moins de 11 000 de population. Le service d’obstétrique qui est absent cette semaine, ça concerne deux femmes enceintes. C’est sûr que des infirmières en obstétrique, ça travaille sur des années de 250-300 accouchements. Ici, on est sur des années de 35 [à] 70 accouchements. [...] C’est plus complexe que seulement du recrutement, indique-t-il.
Le préfet de la MRC dit être conscient que le manque de service en obstétrique peut décourager de jeunes familles à venir s’installer sur le territoire et qu’il est nécessaire de trouver une solution à ce problème.
La préoccupation c’est de réussir à rendre la plus grande permanence possible au service, mais on a beaucoup de travail à faire, avance-t-il.
Mme Bernier indique qu'il y a eu 133 jours de découverture en obstétrique en Haute-Gaspésie en 2025, à comparer de 27 jours en 2024. Elle évoque que, dans les autres hôpitaux de la Gaspésie, il est plutôt question d'une moyenne de 10 à 20 jours.
Avec les informations de Martin Toulgoat et de Philippe Arseneault.


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