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Comme chaque été, les responsables politiques déplorent le manque de moyens pour lutter contre les incendies. Un décret pris par Gabriel Attal est particulièrement pointé du doigt.

CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
Le secrétaire général de Renaissance Gabriel Attal à Bordeaux, le 5 mai 2026.
Il y a les pompiers qui luttent contre les incendies et les candidats à la présidentielle qui s’affrontent entre eux. Alors que la forêt de Fontainebleau est en proie aux flammes, l’insoumis Jean-Luc Mélenchon a accusé les gouvernements macronistes, et plus particulièrement celui du candidat Renaissance Gabriel Attal, d’être en partie responsable du manque de moyens pour lutter contre ces phénomènes de plus en plus fréquents.
« À Fontainebleau, 5 % de la forêt sont déjà partis en fumée. Face au désastre écologique, M. Macron tweete sa “solidarité” et prétend que “tous les moyens sont mobilisés”. Mensonge ! Le gouvernement Attal a lui-même annulé les crédits destinés à l’achat de deux Canadairs ! Nos 500 pompiers héroïques luttent sans les moyens nécessaires », s’est indigné sur X le quadruple candidat insoumis à l’Élysée.
Le reproche ne date pas des départs de feux à Fontainebleau, possiblement d’origine volontaire, selon le ministère de l’Intérieur. Les insoumis reprochent globalement aux gouvernements successifs leur inaction sur l’adaptation du pays au réchauffement climatique et les moyens alloués aux pompiers en sont « une nouvelle illustration », déclarait Manuel Bompard, député des Bouches-du-Rhône et coordinateur national du mouvement, le 2 juillet.
Attal a bien commandé des Canadair mais…
« En octobre 2022, le président de la République Emmanuel Macron avait annoncé des investissements supplémentaires, et notamment l’achat de nouveaux Canadair. Malheureusement, ces investissements n’ont pas eu lieu », a-t-il souligné, avant de pointer du doigt le responsable selon lui : « un décret, signé le 21 février 2024 par monsieur Attal qui était à l’époque Premier ministre (...) annulait des crédits pour la Sécurité civile et avait donné lieu à l’abandon d’une commande de deux Canadair supplémentaires. »
Si le principal concerné ne s’est pas exprimé, l'’accusation a immédiatement fait bondir un de ses comptes de soutien. « C’est faux. C’est le gouvernement de Gabriel Attal qui a passé commande en 2024 pour deux nouveaux Canadair. Une première depuis 2007 », a répondu le compte X « Attal président ». La réponse est factuellement vraie, puisque c’est bien pendant le bail de Gabriel Attal à Matignon que la commande a été passée. Elle s’inscrivait alors dans le cadre d’une enveloppe promise de 250 millions d’euros pour remettre à neuf la flotte française.
Mais ce que le compte de soutien au candidat Renaissance ne dit pas, c’est que c’est aussi pendant son passage que des coupes budgétaires ont été décidées. Et que la Sécurité civile faisait bien partie des perdants. Le décret actait précisément d’une baisse de 52,8 millions. Les Canadair n’étaient pas explicitement ciblés, mais selon les avis de députés socialistes, insoumis et LR auteurs de rapports parlementaires, ce sont bien ces avions, dont le prix tourne autour de 60 millions d’euros pour un modèle récent, qui ont fait les frais des coupes budgétaires. Contactée par TF1, la direction générale de la sécurité civile a confirmé cette interprétation.
De nouveaux Canadair pour 2032 ?
La polémique sur l’insuffisance de la flotte française de Canadair revient annuellement et avec elle, des promesses de moyens pas toujours réalisées. À l’été 2025, le Premier ministre de l’époque François Bayrou avait ainsi annoncé la commande de deux nouveaux engins, sans que cela soit concrétisé. Un an plus tard, en juin dernier, c’est le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez qui a passé la même commande, pour une livraison attendue pour 2032.
Mais rien n’indique qu’elles aboutiront. D’une part parce que le Canada peine à faire face à l’augmentation de la demande mondiale, alors que la seule société fournisseuse avait cessé d’en produire en 2015. La chaîne de production a depuis été relancée, mais les délais de livraison restent incertains. D’autre part, parce que les finances françaises sont toujours dans le rouge et que lors de la préparation du budget 2027, le gouvernement a de nouveau été invité par le Premier ministre Sébastien Lecornu à limiter au maximum les dépenses. La ligne de la commande passée par Laurent Nuñez résistera-t-elle cette fois au coup de rabot ?


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