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Alterte ingérence étrangère !! La petite Suédoise teigneuse révoltée contre le voyage en avion et la situation à Gaza est apparue hier, en Seine-Saint-Denis, pour soutenir nos lycéens français révoltés. « How dare you ? » a-t-elle pesté contre la police nationale qui ose reprocher à certains lycéens de casser, brûler ou de lui lancer des pierres. En sacralisant la colère des jeunes ou la cause palestinienne, l’islamo-gauchisme entend entretenir une culture de l’affrontement où l’autorité républicaine devient coupable par principe, analyse Charles Rojzman.
Il ne manquait plus qu’elle. Greta Thunberg arrive devant le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis (93), le 13 octobre, un keffieh sur les épaules. Les élèves demandent des professeurs ; elle apporte la Palestine. Ils réclament les moyens d’apprendre ; leur colère entre dans un récit où le monde établi est coupable et la jeunesse acquittée d’avance. Les écoles ont leurs misères, et la République doit répondre de ses défaillances. Mais les attaques contre les policiers ne sont pas des revendications scolaires. La pierre lancée contre un homme ne devient pas une demande de justice parce que la main qui la lance est jeune. Lorsque le policier est traité comme un occupant, lorsque l’affrontement devient une preuve de courage, se dessine le glissement vers une « intifada » intérieure, empruntant au combat palestinien sa figure de l’ennemi. Cette innocence politique n’est pas accordée par les adultes dans leur ensemble. Elle est entretenue par l’extrême gauche et une partie de la gauche qui mènent un combat culturel : présenter l’autorité comme une oppression, l’héritage comme une faute, la révolte comme une vertu. La jeunesse leur fournit une force et un visage ; elles lui proposent une explication du monde où le coupable est toujours ailleurs. Sur Twitter, le maire lfiste de Saint-Denis M. Bagayoko a salué la présence de Greta Thunberg, et proclamé sa ville « capitale de la résistance et de la convergence des luttes ».
Une accusation pour toute éducation
Voici donc la vieille promesse : les enfants sauveront le monde que leurs pères ont souillé. On leur donne l’innocence en héritage, et pour toute éducation une accusation. Leur colère devient un capital politique, leur impatience une arme, tandis que ceux qui les encouragent recueillent une ferveur dont d’autres paieront le prix. Les entreprises totalitaires ont souvent convoqué cette pureté. L’encadrement nazi travaillait à réduire l’influence des parents et des maîtres ; Mao mobilisait les étudiants dans les gardes rouges. Les manifestations présentes ne sont évidemment pas ces régimes. Mais leur histoire nous avertit : on peut promettre aux jeunes l’émancipation pour obtenir leur obéissance, leur apprendre à mépriser les anciennes autorités afin de leur imposer la sienne… L’enfant vivant hésite, apprend, se trompe, recommence. L’enfant devenu emblème doit rester innocent pour que la cause reste irréprochable. S’il frappe, on invoquera sa blessure ; s’il menace, on expliquera sa colère. Les marchands d’innocence lui retirent ainsi cette dignité élémentaire : répondre de ses actes.
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Alliances
La Palestine entre dans ce récit comme une innocence déjà proclamée. Dans sa version radicale, les crimes du Hamas, son projet et les soutiens qu’il rencontre disparaissent derrière les souffrances invoquées. Les responsabilités diffèrent entre dirigeants, partisans et populations contraintes ; elles doivent être examinées, jamais ensevelies dans une innocence collective. Car la souffrance ne sanctifie pas un projet d’élimination. Le visage d’un enfant ne doit pas soustraire les chefs au jugement. Défendre les Palestiniens ne saurait exiger que l’on taise les crimes contre les Juifs ou que l’on accepte la disparition d’Israël. Les élus de LFI sont présents dans les cortèges. Autour de la Palestine et d’adversaires communs peut se nouer une convergence implicite avec les islamistes, dont les ambitions de domination échappent alors à la critique. Le keffieh ne prouve aucune direction islamiste du mouvement ; il invite à examiner les alliances que la ferveur dispense d’interroger.
C’est pas l’Ecole qui lui a dicté ses codes. Soumaya Sarré, porte-parole voilée de la fédération des lycéens de quartier, fait actuellement le tour des plateaux télé. Capture LCI.Aimer la jeunesse exige de lui transmettre davantage qu’un ennemi. Attaquer les policiers, c’est aussi attaquer l’autorité qui garantit nos libertés ; présenter ces attaques comme une résistance, c’est préparer leur légitimation. Le combat culturel se joue là : défendre les institutions sans nier leurs fautes, et refuser à l’extrême gauche le privilège de parler au nom de toute la jeunesse.


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