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Le 5e symposium de jazz dirigé par des femmes, tenu dimanche à Winnipeg, a plaidé pour une meilleure inclusion alors que les musiciennes sont de plus en plus impliquées dans cet univers encore dominé par les hommes. Au Centre culturel franco-manitobain (CCFM), plusieurs passionnés ont assisté à cette session qui comprenait un atelier de créativité instrumentale et une conférence virtuelle.
Sur les quelque 60 personnes qui ont assisté à ce symposium annuel de jazz dirigé par des femmes, quelques-unes avaient apporté leurs instruments.
Alexis Silver, directrice adjointe du Winnipeg Jazz Orchestra, qui dirige également le Winnipeg Women's Jazz Orchestra a indiqué d'emblée que les participantes pourront s'essayer à l'improvisation et apprendre les bases de leur instrument ou du chant.
Ce d'autant plus que les statistiques dans l'univers du jazz ne sont clairement pas encore à l'avantage des femmes, constate-t-elle.
Je dirais que, d'après une dernière étude réalisée, 30 % des artistes enregistrés dans le monde du jazz sont des femmes. Cela signifie donc que 70 % sont des hommes. Et dans l'enseignement supérieur du jazz, 6 % des enseignants sont des femmes. Ce n'est donc pas encore égalitaire.

À l'entrée de la salle sur une table, les participantes pouvaient avoir accès aux affiches du programme du jour.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli

La directrice adjointe du Winnipeg Jazz Orchestra, Alexis Silver, estime que ce genre d'atelier permet d'apprendre les bases du jazz.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
Dans la salle, de nombreux jeunes participant pour la première fois à ce genre d'atelier de jazz découvrent également un grand orchestre composé uniquement de femmes ou de musiciennes s'identifiant comme femmes. Je pense que cela aide les gens à s'intégrer. Quand j'ai fait mes débuts dans les années 90, je me sentais vraiment intégrée dans le milieu du jazz, mais je ne me voyais pas diriger un grand orchestre, explique Alexis Silver.
Une inclusion encore partielle
L'intégration et l'inclusion des femmes autochtones dans le milieu du jazz sont également une préoccupation pour certaines personnes, comme la musicienne autochtone Lola Whonnock. Venue assister à l'atelier, elle dit qu’elle n’est pas certaine qu’elle a vu beaucoup d'autochtones dans ce milieu.
Par ailleurs, elle voudrait voir plus de jeunes dans le milieu, car, souligne-t-elle, c’est intéressant d’apprendre avec les jeunes.

Lola Whonnock, musicienne autochtone, pense qu'il n’y a pas assez d’Autochtones dans le milieu du jazz.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
À juste titre, plusieurs jeunes femmes avaient pris leur place dans la salle. Atles Cupples dit qu’elle aime le jazz. Elle participe au symposium, car il est toujours bon de voir des événements comme ça, spécifiquement pour des personnes qui ne sont pas toujours incluses dans ces secteurs.

Atles Cupples trouve que ce genre d'événements pourrait favoriser l'inclusion de plus de personnes dans le milieu du jazz.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
Atles Cupples, bassiste depuis 4 ans, raconte que, dans l'histoire, le jazz a commencé de façon non inclusive et que les personnes racisées ou noires, qui ont commencé le jazz, entraient par les portes de derrière, pas comme tout le monde.
De son côté, la directrice des groupes musicaux au Collège Maples, Jaclyn Loganberg constate qu'il y a plus de femmes dans le jazz et qu'il est plus inclusif. C'est mon avis personnel, dit-elle. J'ai quatre groupes de jazz dans mon école et les femmes et les hommes y sont représentés de manière égale, certaines années plus que d'autres, ajoute-t-elle.

La directrice des groupes musicaux au Collège Maples, Jaclyn Loganberg, trouve que, depuis quelques années, dans son école, les femmes et les hommes qui font du jazz, sont représentés, par moments, de manière égale.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
Celle qui dit avoir l'immense honneur de diriger le Young Women in Jazz Ensemble 2026 reconnaît toutefois la domination masculine dans ce monde musical tout en rappelant les succès déjà récoltés.
Je sais qu’il y a 50 ans, il n'y avait presque aucune femme dans le jazz. Nous avons donc parcouru un long chemin, mais il nous reste encore beaucoup à faire, indique-t-elle.
En conférence virtuelle depuis Vancouver, la trompettiste de renom Rachel Therrien a salué la salle sous les applaudissements.
Cet événement est organisé depuis cinq ans, et c’est la troisième année où nous combinons le symposium avec un concert pour célébrer cette journée des droits des femmes, affirme la directrice adjointe du Winnipeg Jazz Orchestra, Alexis Silver.


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