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Le président russe s’est rendu pour la première fois, la semaine dernière, sur quatre de ces îles, dont s’est emparée l’armée soviétique en 1945, provoquant la colère du Japon.

Le président russe, Vladimir Poutine, accompagné du gouverneur de la région de Sakhaline, Valeri Limarenko, et de la ministre régionale de l’éducation, Anastasia Kikteva, lors d’un déplacement sur l’île d’Itouroup (îles Kouriles du Sud), le 13 août 2026. Le président russe, Vladimir Poutine, accompagné du gouverneur de la région de Sakhaline, Valeri Limarenko, et de la ministre régionale de l’éducation, Anastasia Kikteva, lors d’un déplacement sur l’île d’Itouroup (îles Kouriles du Sud), le 13 août 2026.

Le Japon a déclaré vendredi 21 août avoir protesté auprès de la Russie après avoir été informé que Moscou prévoyait de mener des essais de missiles au large d’îles disputées visitées ce mois-ci par le président Poutine.

« Nous avons adressé une protestation en réponse à la notification concernant le projet de mener un essai de missile » au large des îles Kouriles, appelées Territoires du Nord par le Japon, a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) un porte-parole du gouvernement japonais.

L’agence de presse japonaise Kyodo a cité la flotte russe du Pacifique, déclarant qu’elle avait déjà procédé au tir d’essai du missile, même si la date de l’opération n’était pas clairement établie. Selon Kyodo, la marine russe a précisé que ce tir d’essai avait été effectué par une unité équipée du système de missiles côtiers Bastion.

Le croiseur lance-missiles Varyag, navire amiral de la flotte du Pacifique, ainsi que le sous-marin nucléaire Omsk ont également participé à l’exercice, a encore rapporté Kyodo. L’essai, qui simulait une attaque contre des navires ennemis, a permis d’atteindre avec succès l’ensemble des cibles visées à une distance d’au moins 300 kilomètres, a ajouté la flotte russe, selon Kyodo.

Tensions persistantes autour des îles Kouriles

Les relations russo-japonaises sont empoisonnées par un contentieux concernant quatre de ces îles, dont s’est emparée l’armée soviétique en 1945, pendant les derniers jours de la seconde guerre mondiale.

Le président russe s’y est rendu pour la première fois au cours de la semaine dernière, provoquant la colère du Japon. La première ministre, Sanae Takaichi, a affirmé que les îles « font partie intégrante du territoire japonais ». Les deux pays ont convoqué, cette semaine, les ambassadeurs réciproques à ce sujet.

Les relations entre Tokyo et Moscou se sont dégradées depuis le début du conflit avec l’Ukraine. Le Japon s’est joint aux autres pays du G7 pour sanctionner la Russie et fournir une aide financière et une assistance militaire non létale à Kiev, qui, comme Washington, reconnaît la souveraineté japonaise sur les îles contestées.

Le Japon soutient indirectement la défense aérienne de l’Ukraine en exportant vers les Etats-Unis des missiles intercepteurs Patriot produits sur son territoire, contribuant ainsi à reconstituer les stocks américains, réduits par l’aide militaire à Kiev. Si le Japon a assoupli depuis ces dernières années les restrictions relatives aux exportations d’équipements de défense, il demeure dans l’incapacité de fournir directement du matériel militaire létal à un pays en guerre, y compris à l’Ukraine.

Le Monde avec AFP