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Il y a un an, on craignait pour l’avenir de la Formule 1 à Montréal. Aujourd’hui, l’événement semble destiné à rester dans la métropole pour longtemps, mais ses organisateurs n’entendent pas se reposer sur leurs lauriers.
« Il faut se rappeler qu’on est en compétition contre le monde », a déclaré le président de Bell GPCanada, Jean-Philippe Paradis, en entrevue au Devoir le mois dernier. « La Formule 1 est le sport le plus en croissance, avec déjà presque 830 millions d’amateurs permanents. On doit continuellement trouver de nouvelles façons de s’améliorer parce que toutes les autres grandes villes veulent l’avoir. »
Les équipes et les autorités du sport n’avaient pas caché leur mécontentement à la suite des nombreux ratés qu’avait connus le Grand Prix du Canada en 2024, dont des difficultés d’accès au site, des fuites d’eau dans ses tout nouveaux garages, loges et paddocks, l’irruption incontrôlée de spectateurs sur la piste après la course et la fermeture intempestive de terrasses au centre-ville. L’an dernier, les organisateurs avaient été prévenus : ils devaient faire beaucoup mieux s’ils ne voulaient pas rejoindre la liste des villes menacées de perdre leur Grand Prix au profit de marchés plus prometteurs.
L’histoire s’était finalement bien terminée. Rassurée par les correctifs et les améliorations apportés, la Formule 1 a rapidement prolongé son entente avec l’événement montréalais de 2031 à 2035 en échange de 117 millions sur quatre ans de la part de ses différents bailleurs de fonds (Ottawa, Tourisme Montréal, Québec et Montréal).
Cette entente compte désormais parmi les cinq plus longues des 24 Grands Prix, se félicite Bell GPCanada, la nouvelle marque de la société Bell qui a acheté l’ancien promoteur, le Groupe Octane, et qui, par ce nouveau nom, veut illustrer son engagement à titre de propriétaire, de promoteur et de diffuseur national (RDS et TSN).
Plus tôt
Il n’est pas question toutefois d’arrêter les efforts d’amélioration et d’innovation, fait savoir Jean-Philippe Paradis.
Le changement le plus remarqué cette année sera sans doute la tenue du Grand Prix du 22 au 24 mai, la fin de semaine prochaine, plutôt qu’autour du deuxième week-end du mois de juin comme à l’habitude. Décidée par les autorités du sport, cette modification vise à réduire l’empreinte carbone du cirque de la Formule 1 en collant les Grands Prix de Miami et de Montréal, alors qu’ils étaient auparavant séparés d’un aller-retour en Europe.
À en croire les statistiques météorologiques, il n’y aurait en moyenne qu’un écart de 1,5 à 2 degrés Celsius entre les deux dates. « Mais vous savez comment c’est. On peut avoir de très beaux mois de mai et des mois de juin très mauvais… comme l’inverse », dit Jean-Philippe Paradis.
Cette année, le principal problème, avec l’avancement de la date de course, a été le peu de temps dont on a disposé pour aménager le circuit, raconte la cheffe de l’exploitation du Grand Prix, Sandrine Garneau, dont l’équipe passe de 43 employés permanents durant la saison morte à un sommet de 5000 personnes durant le week-end de la course. « On avait prévu commencer notre montage à l’automne et s’arrêter à la mi-décembre, mais la neige est arrivée en novembre. Et il neigeait encore [le mois dernier]. On n’y serait pas arrivés sans l’aide du parc Jean-Drapeau. »
Les organisateurs avaient déjà vendu depuis longtemps presque tous leurs billets d’entrée disponibles, sauf quelques admissions générales et de nouveaux billets permettant de suivre les courses sur des écrans géants le jour et d’assister à des spectacles sur une grande scène aménagée à la plage Jean-Doré le soir. Entre autres artistes canadiens invités : Bryan Adams, Alessia Cara et le groupe Simple Plan.
Plus de courses
Il ne manquera pas d’action sur la piste Gilles-Villeneuve de l’île Notre-Dame à partir de vendredi. En plus de sa course principale du dimanche, la Formule 1 tiendra pour la première fois à Montréal l’une de ses six courses sprint de la saison, une épreuve où l’on parcourt environ le tiers de la distance normale pour un peu plus du tiers des points. De nouvelles règles sur les dimensions des voitures, sur leur aérodynamisme et sur l’utilisation de l’énergie électrique de leurs moteurs hybrides faciliteront aussi les dépassements.
Très populaires l’an dernier, les pilotes de la série toute féminine F1 Academy seront également de retour, mais cette fois pour trois courses au lieu de deux. Empêchées par les guerres tarifaires de venir à Montréal, les voitures des courses de soutien Ferrari Challenge et Porsche seront remplacées par celles de la Formule 2 — l’antichambre de la F1 —, qui ont été forcées, par une autre sorte de guerre, de venir pour la première fois en Amérique du Nord à la suite de l’annulation de leurs courses prévues au Moyen-Orient.
Plus de spectateurs ?
Jean-Philippe Paradis ne manque pas d’idées pour continuer d’améliorer son événement. La Formule 1 est un spectacle mondial « qui cherche à maximiser la saveur locale des Grands Prix, dit-il. Il s’agit, pour nous, de faire de Montréal une destination hors pair. »
À la télé, ce qui fait la popularité « phénoménale » de Montréal, ce sont les images de son circuit de course dans un parc entouré d’eau à côté d’une métropole. Dans les paddocks, on a ajouté récemment des comptoirs de fruits de mer, de produits de l’érable et de poutine. Pour les amateurs, on compte sur plus d’animation autour du circuit et sur les attraits de la ville.
L’an dernier, le Grand Prix a battu son record et confirmé sa place comme deuxième course de la saison en matière de popularité avec 352 000 spectateurs en trois jours. Ce nombre pourrait être porté à 400 000, voire à 450 000, s’il se tenait sur quatre jours, dit Jean-Philippe Paradis.
On évoque aussi depuis quelque temps déjà le projet d’organiser une série d’activités au centre-ville — des expositions, des rencontres avec les pilotes, des spectacles, des espaces de jeux pour les enfants. Ce qui se fait actuellement sur les rues Peel et Crescent, entre autres, « ce sont des festivals qui ne sont absolument pas associés avec nous, qui ne respectent pas nos valeurs et qui, majoritairement, font de l’usurpation de marque, déplore Sandrine Garneau. Ce que les gens veulent, c’est quelque chose de vrai, d’officiel. »
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