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Au fond, comme on dit en droit, l’affaire Bardella est une affaire Mediapart, celle de la profondeur du grattage pour atteindre la vérité. Il n’est pas question ici de dire si Mediapart a raison ou tort : si Mediapart ne ment pas, les écrits de Bardella ne sont pas condamnables par la justice. Si Mediapart ment, l’affaire rentre dans son terrier.
Boomerang
C’est un jeu à somme nulle. On rappelle que la vérité, en bouddhisme, n’existe pas : plus tu entres dans l’infiniment petit, plus il n’y a rien. La matière disparaît, alors, dans le microscope électronique violeur d’intimité de Mediapart : il n’y a plus rien. Les propos de Bardella sont un secret d’alcôve, quelque chose qu’on dit à sa maîtresse et qui ne regardent personne. Ce qui compte, ce sont les actes, et les paroles publiques. De ce point de vue, peu importent les racines, ce sont les fleurs qui comptent. Des racines peuvent être moches et les fleurs jolies, n’est-ce pas ?
Comme tout le monde a défilé en prenant son ticket pour donner son avis, toujours le même (Soral est méchant, Bardella victime, ou complice), Jakubowicz est entré dans la danse avec son article définitif chez Marianne. Marianne, qui, depuis peu, est passé avec armes et bagages du souverainisme français au souverainisme israélien, c’est plus clair comme ça. Fidèle à son habitude, Jaku prend de la hauteur, celle de sa vanité, pour juger définitivement l’affaire, et tous ceux qui sont dedans. Après lui, le déluge, il n’y a plus rien à dire, tout a été dit. C’est le lot des seigneurs (du genre).
On a vu surgir des « personnalités » peu regardantes, bien souvent « autoproclamées » de la communauté juive, voler au secours de Jordan Bardella pour lui délivrer des certificats de non-appartenance à l’antisémitisme. Ces avocats spontanés ne mesurent pas le mal qu’ils font à la cause qu’ils croient défendre, sortant les rames pour essayer de distinguer les « bons » des « mauvais » antisémites », comme il y avait, dans le sketch hilarant des Inconnus, les « bons » et les « mauvais » chasseurs. On nous ressort le voyage de Bardella à Yad Vashem selon cette rhétorique bien connue consistant à brandir son « ami juif » pour éloigner les accusations d’antisémitisme et son « ami noir » pour se prémunir d’accusations de racisme.
Ce passage a donné son titre à son communiqué, pardon, sa tribune : « Il faudra plus qu’un selfie à Yad Vashem pour effacer Alain Soral ». Suit une démonstration par amalgames, selon la chaîne Bardella-Le pen-Soral-Pétain-Faurisson, soit le Diable en personne. C’est drôle, beaucoup voient le Diable de l’autre côté, mais passons. Jaku termine sa diatribe sur une charge contre Mélenchon (comme Paul Amar plus bas), selon la nouvelle tradition du lobby. Rien de bien nouveau.
On voit que Jaku n’oublie rien, ne pardonne rien ; en même temps, on ne lui a rien demandé. Il n’est pas notre curé, notre rabbin. Faudra-t-il mettre les quatre genoux à terre, comme les éléphants (du PS) pour que Jaku pardonne, oublie ? Pour qui ils se prennent, ces professeurs de vertu dont tout le monde connaît les vices ?
La face cachée du Jaku
Il y en a un, notamment, qui court sur Jaku. Paraît – mais on n’y croit pas – qu’il aurait quitté la présidence fort confortable de la LICRA, qui permet de tuer politiquement, médiatiquement et économiquement n’importe quel mauvais Français, c’est-à-dire mauvais sioniste, pour la défense d’un assassin d’enfant. On veut bien être complotistes, de temps en temps, mais là, ça va trop loin ! Que ceux qui nous ont envoyé cette fausse information rôtissent en enfer pendant trois longues semaines.
Son boulot, à Jaku, venu d’on ne sait où et promu par on ne sait qui, consiste à condamner des Français qui parlent et pensent trop librement, traduction, dont la parole déplaît au lobby juif, qui n’a jamais été élu par personne (on s’en souviendrait) mais qui est là, on ne sait trop comment ni pourquoi. Il est là, c’est tout.
Les propos de Bardella datent de treize ans, ce qui est une éternité en politique. On a le temps de changer, ou pas, on a aussi le temps d’accumuler de l’expérience, par couches. La vie mentale de chacun est une géologie. Personnellement, on ne pense plus exactement comme il y a quinze ans. Regardez Finky, passé de la gauche à la droite, de l’antiracisme au racisme : pourquoi Mediapart ne l’a-t-il pas balancé ? Ne faisons pas l’âne.
« On a pas le droit d’être antisémite mais on peut évoluer. Je pendrai un exemple très célèbre, très célèbre, celui de François Mitterrand, qui avait reçu la Francisque non pas à 17 ans, mais à 25 ans. qui avait rejoint le maréchal Pétain quand il était un jeune homme, et qui ensuite a évolué, jusqu’à se rendre en Israël, ça a été le seul président je crois à parler à la Knesset, jusqu’à s’entourer d’amis juifs, Georges Dayan et tant d’autres, et Robert Badinter, naturellement. Donc voilà, il avait évolué, et jusqu’à avoir une politique de bienveillance à l’égard d’Israël, ce qui n’est pas le cas de ses successeurs, de son successeur actuel par exemple. »
Jordan Bardella (@J_Bardella) accusé d’antisémitisme par Mediapart (@Mediapart ) "Mettons ça sur le compte de la bêtise… Attendons de voir ce que la justice dira » Paul Amar (@paul_amar2) dans le 6/9 d’Ilana Ferhadian (@ilanaferhadian) ce matin sur Radio J Interview à retrouver en intégralité sur Youtube
— RADIO J (@RadioJFrance) September 29, 2026
Le plaidoyer complet de l’avocat de Jordan
Regardez le PS, qui a bien changé en cinquante ans, de parti social à sociétal, de parti anti-impérialiste à sioniste, de parti à 35 % de PDM (part de marché) à croupion. Mitterrand, son créateur, a lui aussi glissé, bien entouré qu’il était par la garde prétorienne Lang-Attali-Badinter. De là à dire que le président socialiste a été l’obligé, l’esclave, le prisonnier du lobby, il y a un pas que nous ne franchirons pas, rapport à ce qu’il nous reste en caisse et à l’avidité des parties civiles. Ne cherchez pas, c’est une private joke.
Cependant, dans l’acte de pré-accusation envoyé à Marianne par Jaku, il y a un topo qui va poser problème à Mediapart, et un gros : la preuve.
La proximité passée de Jordan Bardella avec l’antisémite chimiquement pur Alain Soral et sa déclaration selon laquelle Jean-Marie Le Pen n’était pas antisémite ne font certes pas de lui un coupable. Pas davantage le fait que son premier emploi au sein de son parti a été d’être le collaborateur parlementaire d’un député européen écarté de l’intérim de la présidence du RN en raison de son admiration pour le maréchal Pétain, sa fascination pour le négationniste Robert Faurisson et ses propos sur le Zyklon B. Tout ceci ne vaut pas preuves, mais invite a minima à la prudence jusqu’à ce que les faits soient, ou non, établis.
Où est le vrai Jordan ?
Pour avoir la preuve du crime de lèse-lobby, il faudrait ouvrir la boîte crânienne de Jordan, extraire son cerveau, délicatement (il faut le remettre à l’endroit ensuite) et étudier les schèmes spatio-temporels relatifs à ses années Soral, pour ensuite les confronter aux pseudo-preuves de Mediapart, qui ont été soi-disant constatées par huissier mais sans contradictoire, ce qui ne vaut rien. Il faut deux huissiers, un pour, un contre. Autant dire que Mediapart est dans la mouise (mieux que merde, grossier).
« Je conteste vos preuves et je conteste vos sources », a-t-il ajouté sur le même ton, en donnant rendez-vous « devant les tribunaux ». Après avoir déposé plainte pour diffamation, le président du RN a affirmé « examiner de nouvelles suites judiciaires à donner au second article » paru jeudi dernier qui contenait une extraction de ces messages par Meta, maison mère de Facebook, le 16 août, certifiée par huissier le 29 septembre. (France Info)
Parce que si on découvre un jour que Plenel, par exemple, aime que des prostituées se déguisent en poupée de 5 ans devant lui, il est mort… selon la propre loi de Mediapart. Le déballage des cœurs et des âmes est un exercice délicat. On peut penser une chose et faire le contraire, la pensée servant de contrepoids à l’action, et inversement.
Par exemple, nous, des fois, quand elle n’est pas là, on a envie de tarter notre bonne femme, mais quand elle est là, tout change. Il y a quelque chose chez elle qui nous empêche de passer à l’acte. Non, évitez de dire « son cul et ses nibards » au fond de la classe, là, toujours les mêmes, toujours la même section qui perturbe les autres, les racailles d’E&R. C’est un site sérieux, ici, on n’est pas chez Rudy ou Tristan avec leurs trois lecteurs, il y a du monde qui regarde, bon sang (non vacciné).
Si l’on découvre les goûts sexuels de Fabrice Arfi, des sources de financement étranges, ou alors, mieux, un certain appétit pour le sionisme de gauche, la négation du génocide des Palestiniens, ce genre de chose… On fait quoi ? Si l’on découvre que Plenel a menti pendant sa défense après la sortie du livre de Péan & Cohen sur Le Monde, on fait quoi ?
Si on écoutait ses coups de fil aux juges qui lui sortaient tout cuits des dossiers d’instruction en cours, pour faire du scoop à la une, alors que c’est interdit ? Si l’on découvre que Plenel, ce faux enquêteur, recevait toutes ses infos d’un grand syndicaliste ? Ou que Fabrice était le fils d’un flic de la brigade financière ? Qu’Edwy était un agent américain, comme beaucoup d’autres dans la presse de gauche en France ?
La très mauvaise publicité de Mediapart pour le secret des conversations
Le voilà, le problème, quand on déballe des conversations privées, des pensées posées sur le papier très provisoire de l’électronique. Les rapports humains font qu’on peut détester quelqu’un cinq minutes dans sa tête, et boire un coup avec ensuite. On peut écrire des choses et ne plus les penser, ou ne pas les écrire et les penser. Quand on gratte là-dessous, il n’y a plus rien, du vide quantique, des idées liquides, éphémères. Bon courage pour la preuve, les gars.
À force de balancer tout le monde (surtout à droite, et les ennemis du pouvoir profond), Arfi et ses amis sont aujourd’hui dans la merde (mieux que mouise, tiède). Ils sont devenus ce qu’ils sont, une officine de délation et de chantage en roue libre, qui se pense en juge tout-puissant, et qui roule allègrement sur la démocratie. Ça devait arriver, avec leur posture morale à la con, cette soi-disant pureté journalistique pleine de boue et de calculs tordus (le cas Bruel qui met dix ans à sortir).
Ce que fait Mediapart est une très mauvaise publicité pour la garantie du secret des conversations sur Facebook, Twitter, Thunderbird, Outlook ou autre logiciel de mail. Il va falloir sortir une loi garantissant l’intouchabilité des conversations privées.
On sait par expérience qu’on pouvait acheter chez Orange à quelques employés indélicats (qui refilent tout à la police gratuitement) des contenus de conversation de stars. On peut ouvrir une boîte mail... et la boîte de Pandore. Il suffit alors d’écrire (aujourd’hui !) un mail ou un message bidon en privé, par exemple « Soral est un salaud », « être accusé d’antisémitisme me fait chialer comme Pierre-Jean Chalençon », pour s’absoudre de tout soralisme. Et de présenter ce message, validé par deux huissiers, devant le juge, pour être blanchi.
Informaticiens du RN et d’ailleurs, à vos manettes !


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