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Le gouvernement du Yukon peine à garder les centres de santé locaux ouverts

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Les centres de santé locaux du Yukon continuent d’être aux prises avec de nombreuses fermetures temporaires et autres interruptions de ses heures d'ouverture, selon de récentes données du gouvernement territorial.

Le ministre de la Santé du Yukon a procédé cette semaine à une vérification du nombre d'interruptions de services dans les centres de santé régionaux au cours des dernières années.

Selon l'analyse faite par CBC/Radio-Canada des données fournies par le ministère, entre août 2025 et août 2026, les Centres de santé régionaux ont accumulé au total 214 jours sans services infirmiers.

Ce bilan ne tient pas compte de la récente fermeture partielle qui a affecté le centre de Beaver Creek du 2 juillet au 30 octobre 2025 ni du  service réduit  du centre de santé de Carcross, du 16 septembre au 14 octobre.

À l'automne 2025, les centres de santé de Faro, Ross River et Teslin ont eux aussi dû fermer leurs portes pour des durées variables.

Lorsqu’il était à l’opposition officielle, le Parti du Yukon s'était élevé contre l'ancien gouvernement libéral pour son incapacité à maintenir les centres de santé régionaux ouverts sur de longues périodes.

Au cours de la campagne électorale de 2025, le premier ministre actuel, Currie Dixon, a promis que son parti allait changer cette situation.

Pénurie persistante d’infirmières

Le centre de santé de Beau Creek est celui qui a enregistré le plus grand nombre de jours de fermeture ou de services réduits au cours de la dernière année, avec un total de 82 jours.

Les communautés de Pelly Crossing et de Destruction Bay ont également subi d'importantes interruptions de services.

Le manque d'infirmières et infirmiers disponibles pour travailler dans ces centres régionaux serait en cause et représenterait un enjeu chronique pour les communautés, qui ne disposent pas régulièrement de médecins sur place.

Selon le ministère de la Santé, certains services sont tout de même offerts dans certaines communautés lorsque les centres doivent être fermés.

Dans une déclaration écrite, le ministère souligne que, dans certaines communautés, les services d’urgences sont demeurés ouverts, le personnel administratif pouvait offrir une assistance pour les voyages médicaux et les réservations, et que certaines cliniques médicales accueillaient toujours des patients.

Le ministre de la Santé, Brad Cathers, n’était pas disponible pour une entrevue.

Selon le ministère, le modèle de soins communautaire est en cours de révision.

Le gouvernement souligne également des efforts constants de recrutement de personnel infirmier au territoire et dit chercher des moyens d’élargir les voies d’accès au permis d'exercice pour les professionnels de la santé qualifiés.

Miser sur l'attrait des régions

Valerie Grdisa, présidente-directrice générale de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada, s’est rendue en juin à l'hôpital général de Whitehorse ainsi qu’au centre de santé de Carcross pour entendre les témoignages de membres du personnel de soins.

Elle dit avoir entendu parler de fierté et d’innovation, mais également de frustrations entourant la capacité à retenir le personnel infirmier qui souhaite vivre dans les communautés et y fournir des soins.

Mme Grdisa indique que plusieurs professionels ne considèrent pas systématiquement la possibilité d’obtenir un permis d'exercice pour pratiquer dans plusieurs régions.

Elle souligne qu’il existe pourtant un large bassin de 518 000 infirmières et infirmiers au Canada.

Je crois que l’on pourrait faire mieux en offrant davantage d’occasions de mobilité aux infirmières, estime-t-elle.

Valerie Grdisa propose par ailleurs de privilégier un recrutement de proximité.

Je crois que la main-d’œuvre locale est la voie à suivre et il faut donc investir chez les jeunes, dit-elle.

On parle d’intervenir dès l’école secondaire, puis d’offrir un accès à des programmes de formation locaux et à des ententes de service après formation.

Avec les informations de Dana Hatherly. (nouvelle fenêtre)

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