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Le frisson de la chasse aux objets du passé

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Pour les passionnés d’objets anciens, comme Nadine Fournier, le printemps rime avec le début de la saison des brocantes et des ventes-débarras. L'excitation est à son comble quand il s'agit de dénicher des trésors uniques et de partager ses trouvailles d'exception.

Cet engouement pour la chasse aux objets d'antan vient de loin pour Nadine. En l'an 2000, elle vient tout juste de se marier. Avec son mari, elle commence à parcourir les ventes-débarras à la recherche d’objets et de meubles dont ils ont besoin pour leur maison. Au début, c'était vraiment pour acheter des choses qu’on n’avait pas besoin de payer plein prix, précise-t-elle.

Des tableaux et des décorations d'époque sont accrochés sur les murs du salon chez Nadine Fournier.

Nadine Fournier prend autant de plaisir à chercher des objets qu'à les utiliser et les installer dans sa maison.

Photo : Radio-Canada / Pauline Abel

Nadine réalise que de nombreux produits uniques sont à portée de main et à des prix modiques. Elle aime cette chasse aux objets originaux qui n'attendent qu'à être trouvés. Pour être différent, pas besoin d’aller dans de gros magasins où tout le monde peut acheter la même chose , raconte-t-elle.

Dans les ventes de garage, tu trouves des trésors et ça rend ta maison plus intéressante.

Elle remarque que de nombreux articles sont encore en bon état même après avoir été utilisés et certains sont encore dans leur emballage d’origine. Le monde achetait des chandelles pis ne les utilisait jamais, c'était pour être beau peut-être, dit-elle.

Nadine ne compte pas juste les exposer dans des vitrines. Beaucoup de nos choses à la maison, ça vient des ventes-débarras. C’est des choses qu’on aime pis qu’on trouve belles. Elles sont utiles pis on les utilise, s’exclame-t-elle.

Nadine Fournier montrant des napperons tissés dans sa boutique.

Les vêtements, les chaussures et les accessoires demeurent les catégories de biens les plus couramment échangés sur le marché de seconde main, selon le 5e rapport de l’Indice Kijiji de l’économie de seconde main, dévoilé le 5 novembre 2019 par l’Observatoire de la consommation responsable (OCR) de l’ESG UQAM et Kijiji.

Photo : Radio-Canada / Pauline Abel

Au fil des années, Nadine continue de chiner dès qu'elle en a l'occasion. Une tournée impromptue dans une vente-débarras, une visite dans une boutique d'antiquités, du magasinage dans les commerces seconde-main, du repérage en ligne; Nadine a l'œil pour trouver les endroits où se cachent des objets incomparables.

Petit à petit, pendant son temps libre, elle commence à vendre quelques-unes de ses trouvailles lors de brocantes ou via les réseaux sociaux. L'engouement pour les objets d'époque est bien réel et les acheteurs sont au rendez-vous.

En 2020, dès le début de la pandémie de COVID-19, Nadine se retrouve en télétravail chez elle à Rogersville (Nouvelle-Arcadie). Elle se rapproche alors de sa plus jeune fille, Josée, avec qui elle partage l’amour des objets d’époque. Les deux femmes accélèrent le rythme de leur chasse aux objets d’époque et officialisent leur passion en ouvrant une petite boutique dans le sous-sol de la maison familiale en février 2026.

Portrait de Nadine Fournier.

Nadine Fournier et sa fille Josée prennent beaucoup de temps à choisir les objets et les meubles d'antan qu'elles souhaitent vendre dans leur boutique.

Photo : Radio-Canada / Pauline Abel

Nadine est claire sur l’objectif principal de la boutique : ce n'est pas pour faire un profit. Même si la vente de leurs trouvailles les aide à rembourser les frais engendrés par leur activité, comme le transport. Son intérêt c’est surtout le partage de sa passion.

L’excitement c’est quand tu vois quelqu’un qui achète un objet que toi t’as trouvé qui est vraiment cool, pis eux s'en vont avec cet objet-là. Ils vont probablement avoir autant de joie avec leur nouvelle casserole de Pyrex que toi t’as eu à faire la découverte! , précise-t-elle.

Pour la mémoire de sa mère

Les objets peuvent être des témoins du passé et ils aident Nadine à mieux comprendre ce qui était important pour les personnes de l’époque. Par exemple, elle raconte avec émotion que la maison de sa mère, Berthe, a brûlé l’année de ses 10 ans. Nadine n’a donc jamais connu cet endroit. Mis à part quelques photos, elle n’a pas de souvenirs matériels de la jeunesse de sa mère.

Portrait de Nadine Fournier devant une photo.

Nadine Fournier a conservé une photo de la maison de sa mère qui a brûlé à Rosaireville en 1961.

Photo : Radio-Canada / Pauline Abel

J'ai tout le temps été curieuse d’où est-ce que ma mère a grandi, donc peut-être que cette passion vient de là, partage-t-elle.

Je sais que c’est juste des objets, mais c’est quand même une partie de qui elle était.

Comme une machine à remonter le temps

Les objets du début des années 1900 la fascinent plus que les autres. Si je pense au Titanic, je me demande si cette assiette aurait été sur le bateau. Ça me rend curieuse!, explique-t-elle.

Ce qu’elle adore aussi, ce sont les objets des années 60, 70 et 80. Juste parce que je trouve que mes parents, mes oncles et tantes étaient vraiment cool comme style, comme le linge et le mode de vie.

Portrait de Nadine Fournier.

Nadine Fournier conserve d'anciens moules à biscuits qui appartenaient à ses ancêtres, elle les utilise de temps en temps.

Photo : Radio-Canada / Pauline Abel

À 51 ans, Nadine estime que ce voyage imaginaire dans le passé à travers les objets ne la rend pas triste. Ça me ramène dans la maison de mes grands-parents, quand mes oncles et mes tantes se rencontraient chez mes parents, pis qu'ils veillaient jusqu’à 3 h du matin en jouant aux cartes.

Ça te fait voir que la vie passe, la vie continue et t’as quand même ces objets-là qui ont passé à travers tout ce temps-là pis qui sont encore bons. Donc, même si j’ai 51 ans, je suis encore bonne et ma vie continue aussi!

Nadine et sa fille se préparent pour leur deuxième brocante de l’année, qui se déroulera en Nouvelle-Écosse dans la vallée d'Annapolis, le samedi 30 mai 2026. Elles espèrent y vendre leurs stocks, mais aussi y dénicher de nouveaux trésors.

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