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LOGEMENT. En tournée à Victoriaville ce 5 février, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) a dénoncé la détérioration grandissante du logement locatif dans le Centre-du-Québec.
La porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme, a été accueillie par l’Association des locataires du Centre-du-Québec, à l’occasion d’une assemblée durant laquelle les organismes de la région ont témoigné des effets bien concrets de la crise du logement sur les locataires.
Dans le Centre-du-Québec, le loyer moyen a augmenté de manière astronomique et extrêmement rapide depuis le début de la pénurie, plus que dans l’ensemble du Québec où il a augmenté de 62 % depuis 2018, ce qui est déjà énorme, souligne Véronique Laflamme, dans un communiqué de presse.
«Dans l’agglomération de recensement (AR) de Victoriaville, nous en sommes à une augmentation du loyer moyen de 8,5 % en un an et de près de 70 % depuis 2018! À Drummondville, le loyer moyen a augmenté de 80 % depuis 2018. Le marché privé s’enfonce dans une inabordabilité sans issue», expose-t-elle.
Selon les données du recensement de 2021 de Statistique Canada, les locataires qui consacrent plus de 30 % de leur revenu dans la ville de Victoriaville, ont un revenu médian de seulement 23 200 $. Pour que ces locataires ne dépassent pas le seuil de 30 % du revenu, ils devraient se loger à moins de 580 $ par mois, un loyer pratiquement introuvable sur le marché locatif actuel à Victoriaville. Cette situation touche l’ensemble du territoire du Centre-du-Québec, incluant Drummondville, note le FRAPRU.
«Les salaires sont d’ailleurs plus faibles dans les municipalités éloignées où il y a moins de service. Il n’y a pas ou très peu de transport en commun et les locataires doivent avoir une voiture, ceci génère plus de dépenses et donc moins d’argent à attribuer au loyer», indique Evelyne Heeremans, directrice de l’Association des locataires du Centre-du-Québec.
Elle s’inquiète d’ailleurs de leur appauvrissement. La pression sur les locataires s’est accentuée rapidement au cours des dernières années. Les taux d’inoccupation demeurent très bas, soit à 1,8 % dans la RMR de Drummondville et à 1,9 % dans l’AR de Victoriaville.
«Malgré des remontées plus importantes des taux d’inoccupation dans le reste de la province, Victoriaville et Drummondville demeurent très loin sous le seuil dit d’équilibre du marché. La pénurie combinée à la cherté des loyers laisse les locataires sans alternative», déplore Mme Heeremans.
Où vont les ressources publiques destinées au logement?
Notons que l’assemblée s’inscrivait dans une tournée du FRAPRU déployée tout l’hiver dans plusieurs régions afin de faire connaître sa perspective de doubler le parc de logements sociaux en 15 ans pour sortir durablement de la crise. Sous le nom «Logement : retour vers le social», la tournée du FRAPRU met en lumière les solutions que les trois paliers de gouvernement doivent mettre en place pour répondre à la crise actuelle.
À Victoriaville comme ailleurs, les organismes communautaires s’inquiètent des orientations caquistes qui risquent d’accentuer l’effritement du filet social en matière de logement. Les deux organisations de défense du droit au logement insistent sur l’urgence d’agir : la véritable solution structurelle, pour répondre aux besoins urgents et amoindrir les besoins futurs, demeure un retour affirmé vers le logement social, sous toutes ses formes, incluant un vrai programme de logements publics destinés aux offices d’habitation.
Au palier fédéral, les annonces de milliards par l’entremise de Maisons Canada ne s’accompagnent pas de garanties suffisantes quant à la réalisation de logements sociaux réellement abordables et disponibles rapidement pour les personnes qui en ont le plus besoin, estiment les deux organisations.
«Au lieu de construire des logements réellement abordables comme promis en campagne électorale, la nouvelle agence se présente comme une banque d’investissements exigeant une multitude de bailleurs de fonds et des montages financiers complexes. Du côté des municipalités, en première ligne face aux conséquences de la crise, elles doivent utiliser pleinement leurs leviers : fixer des cibles ambitieuses de logements sociaux et réserver leurs terrains et des fonds à ces projets.»
La véritable solution structurelle pour répondre aux besoins urgents et prévenir ceux de demain demeure un retour affirmé vers le logement social, sous toutes ses formes, incluant un programme de logements publics, plaident le FRAPRU et l’Association des locataires. Ces derniers sont indispensables pour prévenir l’itinérance et garantir une accessibilité financière immédiate.
«Afin que les investissements publics demeurent un patrimoine collectif avec les retombées économiques et sociales qui font la force du logement social, ils ne doivent pas être captés par des projets qui n’ont pas un véritable ancrage dans les communautés», concluent Mmes Laflamme et Heeremans, en insistant sur le rôle central que doivent jouer les communautés dans leur développement et leur gouvernance. (CGM)
(Sources : Front d’action populaire en réaménagement urbain et Association des locataires du Centre-du-Québec)


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