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Par Le Figaro avec AFP
Le 16 mars 2026 à 12h29

Dans sa dernière prise de parole avant le verdict, Martin Ryan avait rejeté ces accusations et répété avoir agi sans être conscient que ses activités pouvaient être utilisées à des fins d’espionnage.
Passer la publicité Passer la publicitéUn tribunal azerbaïdjanais a condamné lundi à dix ans de prison un ressortissant français, Martin Ryan, pour «espionnage », a constaté un correspondant de l'AFP, une affaire qui avait débuté en pleines tensions entre Paris et Bakou, qui ont depuis diminué. Lors d'une audience à Bakou, la capitale de ce pays du Caucase, Martin Ryan, qui avait été arrêté en décembre 2023, a été reconnu coupable d'espionnage au profit de Paris, des accusations rejetées par la France.
Un complice azerbaïdjanais accusé de «haute trahison»
Le procès de Martin Ryan, un homme d'affaires qui vivait depuis quatre ans en Azerbaïdjan au moment de son arrestation, avait débuté en janvier 2025 et le Parquet avait requis contre lui onze ans de prison. Il était jugé aux côtés d'un complice présumé, Azad Mamedli, un citoyen azerbaïdjanais accusé pour sa part de «haute trahison» et qui a été condamné à douze ans d'emprisonnement.
Selon l'accusation, Martin Ryan a été recruté par des membres de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) française travaillant à l'ambassade de France à Bakou, qui ont ensuite été expulsés du pays. Il aurait reçu notamment l'ordre d'obtenir des informations sur la déclaration de Choucha de juin 2021, un document renforçant l'alliance entre l'Azerbaïdjan et son principal soutien, la Turquie.
Toujours d'après l'accusation, il aurait également eu comme consigne de récolter des données sur les relations de l'Azerbaïdjan avec l'Iran, le Pakistan, l'Algérie et la Somalie, ainsi que des photographies d'armements livrés à Bakou par le Pakistan et des informations sur des entreprises liées à la Russie et à la Chine. D'après les autorités azerbaïdjanaises, Martin Ryan avait recruté M. Mamedli et organisé une rencontre entre lui et des agents des services de renseignement français, qui l'auraient chargé de recruter des Azerbaïdjanais et des Russes dans une université de Moscou où il étudiait.
«Je ne suis pas un espion et j’ai tenté de le prouver »
Dans sa dernière prise de parole avant le verdict, Martin Ryan avait rejeté ces accusations et répété avoir agi sans être conscient que ses activités pouvaient être utilisées à des fins d'espionnage. «Je ne suis pas un espion et j'ai tenté de le prouver tout au long du procès», a-t-il affirmé, selon des propos traduits par un interprète. Il a affirmé se considérer «seulement coupable» d'avoir établi des contacts avec des employés de l'ambassade française et de n'avoir pas partagé d'informations à leur sujet avec les autorités azerbaïdjanaises.
Paris a rejeté catégoriquement, à plusieurs reprises, ces allégations, affirmant que Martin Ryan était victime de tensions diplomatiques. Les relations entre la France et l'Azerbaïdjan étaient tendues depuis la reprise par Bakou, en septembre 2023, de tout le contrôle du territoire du Haut-Karabakh à majorité arménienne, ce qui a provoqué le déplacement de plus de 100.000 habitants.
Bakou reprochait alors le soutien de Paris à l'Arménie. Les autorités françaises ont accusé en retour l'Azerbaïdjan d'une ingérence concernant ses territoires d'outre-mer, ce que l'Azerbaïdjan nie. Mais, depuis l'automne dernier, les liens entre les deux pays ont montré des signes d'amélioration. Le 8 mars, le président français Emmanuel Macron et son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev se sont entretenus par téléphone et ont discuté, selon Bakou, des possibilités de relancer leurs relations bilatérales.


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