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Le fonds qui finance l’entretien des routes et du transport collectif est lourdement déficitaire. Pire encore, ses dépenses augmentent cinq fois plus vite que ses revenus, révèle un rapport de l’Alliance Transit dévoilé jeudi.
Le regroupement d’une cinquantaine d’organisations touchant aux enjeux de mobilité rappelle que le Fonds des réseaux de transport terrestre (FORT) — responsable de l’entretien du réseau routier et financé à même les revenus de la taxe sur l’essence — est dans le rouge depuis 2017-2018. Il prévoit un déficit de 1,8 milliard de dollars en 2026-2027, après une année désastreuse en 2025-2026 (-3,7 milliards).
Mais les mauvaises nouvelles ne s’arrêtent pas là. Depuis 2015, les dépenses du fonds augmentent cinq fois plus rapidement que les revenus, préviennent les auteurs de l’étude. Ils s’attendent à une dégradation de l’état des infrastructures dans la décennie à venir, d’autant plus que les travaux routiers ne suffisent pas à freiner l’augmentation des dommages.
Le rapport indique aussi que l’enveloppe dédiée au maintien du transport collectif stagne depuis 2013, même si elle ne répond qu’au cinquième des besoins de la Société de transport de Montréal (STM).
« Le déficit du FORT s’aggrave, les réparations ne suivent pas la dégradation, et les Québécois en vivent déjà les conséquences : nids-de-poule, stations de métro dégradées, pannes et services réduits, illustre dans un communiqué le porte-parole de l’Alliance et directeur des affaires publiques chez Vivre en ville, Samuel Pagé-Plouffe. Que l’on soit usager du transport collectif ou automobiliste, c’est tout le monde qui paie le prix d’un sous-financement structurel. »
Utilisateur-payeur
« On sous-estime systématiquement la dégradation des infrastructures tout reportant la mise à niveau du métro, des routes, des ponts et des viaducs en mauvais état », affirme l’analyste et coordonnateur de l’Alliance Transit Francis Garnier.
Plusieurs experts consultés par le regroupement insistent sur la nécessité de mettre à contribution des utilisateurs de la route afin de renverser la tendance. « En vertu de la Loi sur l’administration financière, le financement des réseaux de transport devrait s’appuyer sur le principe d’utilisateur-payeur », indique Florence Junca-Adenot, professeure au Département d’études urbaines et touristiques à l’Université du Québec à Montréal.
Professeur à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal, Jean-Philippe Meloche abonde dans le même sens. « Mettre en place un mécanisme de tarification routière, comme des péages, nous permettrait de nous donner les moyens d’entretenir les routes. »
D’autres détails suivront.


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