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Marius Borg Høiby est reconnu coupable de deux viols sur les quatre dont il était accusé. Il est condamné à quatre ans de prison.
Par Solenn Cordroc'h avec AFP

HAKON MOSVOLD LARSEN / AFP
Marius Borg Høiby était en détention provisoire depuis début février.
Le verdict est tombé. Près de trois mois après la fin d’un procès hors norme à Oslo, la justice a condamné ce lundi 15 juin le fils de la princesse héritière de Norvège, Marius Borg Høiby, à une peine de quatre ans de prison ferme pour deux des quatre viols dont il était accusé. La peine porte également sur des violences répétées contre une ancienne compagne, des menaces et des infractions routières.
Marius Borg Høiby, en détention provisoire depuis début février, n’était pas physiquement présent à la lecture du verdict qu’il a suivie en vidéo depuis sa prison. Le parquet avait requis sept ans et sept mois de prison.
De son côté, la défense avait demandé son acquittement pour les accusations de viols et plaidé pour une peine d’un an et demi de prison pour d’autres faits. Si le fils de la princesse héritière avait reconnu certains chefs d’accusation, notamment le transport de 3,5 kg de marijuana, des atteintes à l’intégrité physique et des menaces, il avait toujours nié les viols de quatre femmes et les violences répétées contre une ex-compagne.
Des accusations en chaîne
Les viols dont il était accusé remontent à la période 2018-2024, à chaque fois après des soirées festives au cours desquelles il avait consommé alcool et stupéfiants. À chaque fois, des relations sexuelles consenties auraient été suivies d’autres actes, illégaux ceux-là, les jeunes femmes semblant alors endormies.
Høiby, né d’une relation antérieure au mariage de sa mère Mette-Marit avec le prince héritier Haakon en 2001, était presque inconnu du grand public international avant le 4 août 2024, jour de son arrestation pour soupçon d’agression sur sa compagne la nuit précédente dans les beaux quartiers d’Oslo. C’est alors qu’il confesse des addictions à l’alcool et à la cocaïne dans un message où il demande « pardon » à sa victime, qu’il « aime ».
Mais cette première plainte n’est que le début. Une autre femme, l’influenceuse Nora Haukland, affirme avoir elle aussi subi des violences physiques et psychologiques. « Il m’a frappé au visage. Il m’a donné des coups de pied, il m’a étranglée, il a saccagé mon appartement », écrit-elle sur les réseaux sociaux.
Høiby est rapidement arrêté. Mais à peine remis en liberté, il est de nouveau interpellé pour n’avoir pas respecté les mesures d’éloignement de ses victimes imposées par la justice. Un mois plus tard, il est de nouveau interpellé après que la police a trouvé dans son téléphone quatre vidéos où on le voit avoir des relations sexuelles avec des jeunes femmes visiblement inconscientes.
Une vie d’excès et de violence
Le 3 février, son procès s’ouvre dans un climat particulièrement tendu à Oslo. L’acte d’accusation comprend 38 chefs, notamment des viols, des violences conjugales ainsi que des menaces et infractions liées aux stupéfiants. Dans son réquisitoire, le procureur Sturla Henriksbø décrit un accusé « qui se croit tout permis ».
Lors du procès qui aura duré sept semaines, Marius Borg Høiby plaide à maintes reprises n’avoir pas « pour habitude d’avoir des rapports sexuels avec des femmes qui dorment » et « ne pas se souvenir » des faits. Il laisse même entendre que les jeunes femmes l’accusent pour seul but de lui soutirer de l’argent.
« Je suis surtout connu comme le fils de ma mère, pas comme autre chose. J’ai donc eu un besoin de reconnaissance extrêmement élevé toute ma vie », a-t-il déclaré au deuxième jour du procès. « Et ça s’est traduit par beaucoup de sexe, beaucoup de drogues et beaucoup d’alcool », a-t-il ajouté. Il a aussi dénoncé la pression médiatique qui, dit-il, a fait de lui « un monstre », « cible de la haine de toute la Norvège ».
La famille royale ébranlée
Si le jeune homme ne fait pas formellement partie de la Maison royale, l’affaire a quand même mis à l’épreuve la monarchie norvégienne et a contribué à affaiblir le soutien de l’opinion publique en leur faveur, qui demeure toutefois relativement élevé.
D’autres scandales ont achevé d’entacher l’image de la famille, à l’instar des récentes révélations sur une correspondance soutenue entre la princesse Mette-Marit et le criminel sexuel Jeffrey Epstein, entre 2011 et 2014. À cette époque, le financier américain avait déjà été condamné pour sollicitation de prostitution auprès d’une mineure. Atteinte d’une maladie pulmonaire incurable, la princesse de 52 ans a vu son état de santé se dégrader nettement ces derniers mois. Au point que les médecins l’ont placée sur une liste d’attente pour une délicate transplantation.


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