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Le festival Présence autochtone marque le 325e anniversaire de la Grande Paix de Montréal

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Le 36e Festival international Présence autochtone (FIPA), qui se déroule jusqu’au 14 août à Montréal, coïncide avec le 325e anniversaire de la signature du Traité de la Grande Paix de Montréal.

Le 4 août 1701, 39 nations autochtones ainsi que les Français et les Canadiens ont conclu cette importante déclaration de paix, mettant fin à des décennies de conflits en Nouvelle-France.

Il s’agit d’un geste diplomatique majeur, dont la portée résonne encore aujourd’hui, souligne André Dudemaine, cofondateur et directeur artistique de Terres en vues, l’organisme à but non lucratif à l'origine de la création du FIPA.

Il donne notamment comme exemple le spectacle de clôture de l’événement, intitulé Ici fut planté l’arbre de la paix, qui mettra en vedette le chanteur abitibien Richard Desjardins et la poétesse innue Joséphine Bacon.

M. Dudemaine trace un parallèle entre cette collaboration artistique et les relations et amitiés qui se sont nouées entre les interprètes et les ambassadeurs durant les négociations ayant conduit au traité de 1701.

Il est assis en studio et sourit.

André Dudemaine, cofondateur et directeur artistique de Terres en vues. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Nicolas Vincent-Bouchard

Selon les artistes, cet héritage est toujours vivant, et le spectacle veut justement le réanimer, lance-t-il en entrevue. C’est fantastique et c’est historique d’avoir Joséphine Bacon et Richard Desjardins sur une même scène, dans un même show.

Plusieurs autres musiciens et interprètes les accompagneront à l'occasion de ce spectacle de clôture.

Ça va vraiment être une célébration de la paix et de l'amitié. Ça aussi, c'est un aboutissement, j'oserais dire, d’il y a 325 ans, mais plus clairement des 20-25 dernières années, ajoute M. Dudemaine, membre de la communauté innue de Mashteuiatsh, dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Il considère 2001, qui célébrait le tricentenaire de la signature du Traité de la Grande Paix de Montréal (1701) comme une année charnière, puisque les perceptions du grand public ont changé depuis, selon lui.

Quand on a voulu ramener cet événement-là à la mémoire populaire, personne n'y croyait. Heureusement que le maire Pierre Bourque y a cru dès le départ. Il a créé le Jardin des Premières-Nations [NDLR : qui a récemment changé de nom pour le Jardin des Nations-Autochtones] pour l’occasion, et nous avons convaincu le gouvernement de Bernard Landry de financer le tricentenaire et d’avoir une sous-enveloppe spécifique pour le Jardin des Premières-Nations, se souvient-il.

Deux feuillets anciens couverts d’une écriture manuscrite et de figures animales sont présentés côte à côte dans une vitrine éclairée.

Les signatures pictographiques apposées au bas du traité témoignent de l’engagement des nations autochtones ayant conclu la Grande Paix de Montréal en 1701.

Photo : Jaime Antonio Luna / Musée Pointe-à-Callière

Depuis, le Festival international Présence autochtone a pris son envol. C’était un événement marginal, déconsidéré, et, tout à coup, nous sommes devenus un acteur qui comptait sur la scène culturelle montréalaise. Ça nous a amenés vers ce qu’on est aujourd’hui. Nous ne sommes plus un joueur mineur appelé à vivoter et à disparaître, se félicite M. Dudemaine.

Des moments marquants

Il cite trois autres moments marquants survenus depuis les années 2000. D’abord, l’inclusion du sujet du Traité de la Grande Paix de Montréal dans le programme pédagogique du ministère de l’Éducation en 2001. Ensuite, l’ajout du pin blanc, symbole de la paix, sur le drapeau et les armoiries de la ville de Montréal en 2017. Enfin, le changement de nom de la rue Amherst, rebaptisée Atateken en 2019.

Par ailleurs, il est possible de voir en personne le seul exemplaire connu du traité sur les lieux mêmes de sa signature, au fort de Ville-Marie, situé sur le terrain actuel de Pointe-à-Callière.

Le musée d’archéologie et d’histoire de Montréal propose jusqu’au 20 septembre un parcours d’interprétation montrant les différentes étapes ayant mené au processus de paix avec les peuples autochtones : faire la paix, échanger, s’accorder, cheminer, négocier, s’engager et tenir parole.

Des installations interactives et des témoignages contemporains enrichissent l’expérience des visiteurs du musée et offrent un regard actuel sur cet événement historique.

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