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« Nous n'avons jamais autant communiqué sur la santé, et pourtant jamais autant douté de l'information ». Le constat posé par Julie de Folleville, présidente du Festival de la Communication Santé, résume une contradiction désormais prépondérante. Les contenus médicaux sont en effet partout : médias, réseaux sociaux, plateformes vidéo, applications, sites institutionnels, communautés de patients ou outils d'intelligence artificielle. Mais cette abondance ne garantit ni la compréhension, ni la confiance, ni même l'accès à une information fiable.
L'OMS parle à ce sujet d'infodémie. Un thème qui sera au cœur de la 35e édition du Festival de la Communication Santé, organisée les 26 et 27 novembre 2026 à l'Hôtel Royal de Deauville : « Communication santé et qualité de vie : informer aujourd'hui, mieux vivre demain ». Car la communication ne se mesure plus seulement à sa capacité à transmettre un message, mais à ce qu'elle permet aux différentes parties prenantes de comprendre, de décider. « Aux patients, confrontés à la surabondance d'informations et à la désinformation. Aux soignants, sous pression, qui ont besoin d'une communication qui simplifie plutôt qu'elle n'alourdit. Et aux communicants, à qui l'on demande de plus en plus de prouver leur impact réel », souligne Julie de Folleville.
De l’autorité médicale à l’infobésité
Depuis le temps que le festival existe, la communication santé a en effet connu une transformation profonde. Il y a une quarantaine d'années, elle reposait encore largement sur un modèle vertical : d'un côté le médecin et les institutions qui détenaient le savoir, de l'autre le patient qui n'était que le destinataire. Un modèle qui a volé en éclats avec la généralisation d'Internet puisque les patients et leurs proches ont pu rechercher eux-mêmes des informations sur les maladies, les traitements ou les essais cliniques.
Puis les réseaux sociaux ont encore accéléré le mouvement. Le patient est désormais aussi un usager, un commentateur et parfois un producteur de contenus. La communication santé est ainsi devenue multicanale, interactive et participative. Mais cette démocratisation a son revers, que la crise sanitaire liée au Covid-19 a brutalement rendu visible avec son lot de controverses et de prises de parole contradictoires.
Garantir la qualité et instaurer la confiance
L'intelligence artificielle ajoute désormais une nouvelle couche de complexité. Elle permet de produire, reformuler et personnaliser des contenus à une échelle inédite, mais pose aussi la question de leur origine, de leur vérification et de leur fiabilité. Dans un univers où il devient techniquement facile de produire de l'information, la valeur se déplace progressivement vers la capacité à en garantir la qualité et à instaurer la confiance.
Selon Julie de Folleville, « l'IA est un outil puissant ; la responsabilité, elle, reste humaine. C'est d'ailleurs au programme de cette édition, avec une table ronde sur l'IA et la parole des patients, et un atelier sur les usages de l'IA par les professionnels de santé ». Un programme complété par des ateliers thématiques, des échanges et une plénière organisée le 27 novembre pour réunir tout l’écosystème autour de ces questions : laboratoires, entreprises, agences, institutions, syndicats, start-ups et associations. L'édition 2025 avait d'ailleurs attiré plus de 450 participants, 80 sponsors et partenaires, plus de 100 projets en compétition.
Un programme et des prix qui installent la culture de l’évaluation
L'édition 2026 sera aussi marquée par les Prix #FestiComSanté, consacrés aux campagnes les plus marquantes du secteur, et les Prix #FestiComMed, dont la deuxième édition récompense plus spécifiquement l'excellence en communication médicale et scientifique.
Deux nouvelles distinctions font de plus leur apparition : le prix Concept Créatif et le prix Impact. Le festival entend ainsi « installer une culture de l'évaluation - juger une communication à ce qu'elle change, pas seulement à ce qu'elle montre », explique Julie de Folleville. Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 6 novembre, le 23 octobre pour le Prix Start-ups & Scale-ups.


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