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Élu cette semaine avec 48 % des voix lors de la primaire républicaine pour être candidat au poste de gouverneur de la Floride, le député Byron Donalds vient aussi de décrocher son ticket pour faire l’histoire.
S’il est élu en novembre prochain, le républicain, dont la candidature a été soutenue par Donald Trump avant même qu’il ne décide de se lancer dans la course, pourrait en effet devenir le tout premier gouverneur afro-américain de cet État. Un scénario plus que plausible dans ce coin des États-Unis devenu, depuis le début du siècle, un bastion républicain de plus en plus inébranlable.
Les astres s’alignent bien pour Byron Donalds, étoile montante du Parti républicain à la trajectoire remarquable.
En 2010, au sein du Tea Party, ce mouvement radical opposé aux politiques libérales de Barack Obama, le jeune conservateur se fait remarquer comme étant le seul afro-américain conservateur dans le milieu républicain surtout blanc et aisé de Naples, où il réside.
Il fait son entrée, 13 ans plus tard, comme représentant de la Floride au Congrès, où il va se faire l’allié inconditionnel et le porte-voix du trumpisme, et ce, malgré les accointances du mouvement d’extrême droite avec les courants suprémacistes blancs américains.
Alors que le gouverneur de l’État, Ron DeSantis, cherche à barrer la voie à Donald Trump lors de la primaire républicaine de 2024, Byron Donalds apporte plutôt son appui au populiste, qu’il va défendre bec et ongles face aux critiques. Une posture qui lui vaudra de se retrouver sur la liste des colistiers potentiels de Donald Trump lors de la présidentielle cette année-là. J.D. Vance lui sera préféré.
Cette fidélité aura été payante. Mardi, soutenu par le président des États-Unis, Byron Donalds a été lancé officiellement par les électeurs républicains dans la course au poste de gouverneur pour succéder à Ron DeSantis arrivé, lui, au terme de deux mandats.
Le politicien de 47 ans, habitué des plateaux de télévision de la constellation conservatrice, profite désormais d’un terrain électoral favorable à sa candidature, les républicains ayant, dans les dernières années, consolidé leur emprise sur le troisième État le plus peuplé du pays.
En Floride, ils détiennent deux supermajorités dans les deux chambres de la législature locale. Depuis 2016 et l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, l’État a même fait basculer de manière spectaculaire les forces politiques en présence. En 2018, les démocrates jouissaient d’une avance de 257 000 électeurs enregistrés sur les républicains. Aujourd’hui, l’écart s’est inversé, pour être de 1,5 million en faveur du parti de Donald Trump.
Les démocrates n’ont pas occupé le poste de gouverneur de la Floride depuis plus de 25 ans. Une loi des séries que le candidat choisi par le parti, David Jolly, ex-député de la région de St. Petersburg, va chercher à briser en novembre. Cet ex-républicain, devenu indépendant, puis démocrate, s’est lancé dans une campagne de séduction des électeurs indépendants et des républicains déçus par les politiques de Donald Trump, en tirant profit de ses allégeances passées au parti de Ronald Reagan, comme sur l’opposition croissante des Américains face à l’intervention militaire en Iran et le sentiment grandissant d’une dégradation de leur situation économique.
Pouvoir de l’argent
Mais le combat risque de se faire à arme inégale. « Les républicains disposeront de moyens financiers bien plus importants pour mobiliser leurs électeurs, résumait cette semaine l’analyste politique Michael Van Sickler dans les pages du Tampa Bay Times. À la mi-août, Donalds avait levé 111 millions de dollars en financement, contre 10,3 millions pour Jolly. »
Et le décalage n’est pas que financier. Lors des élections de mi-mandat de 2022, les démocrates ont enregistré une participation très faible de 48 % comparativement à 67 % chez les républicains. Une désaffection des urnes que la baisse de popularité de Donald Trump, de 15 points depuis son retour à Washington, et la montée ailleurs au pays des influences plus sociales et progressistes au sein des démocrates pourraient en partie venir conjurer cette année. Avec des résultats toutefois incertains dans cet État à forte concentration d’immigrants ayant fui leur pays d’origine en raison du radicalisme des politiques communistes et socialistes qui y étaient mises en place.
Byron Donalds a saisi l’enjeu, faisant campagne en évoquant pour la Floride une réduction de l’emprise de l’État sur la vie quotidienne des gens. Il a annoncé son intention d’évaluer « les programmes financés par les contribuables, comme DOGE l’a fait ». Il est question ici du département de l’Efficacité gouvernementale dirigé par Elon Musk qui a donné le ton au retour brutal de Donald Trump à la Maison-Blanche l’an dernier. Donalds fait campagne également en se portant à la « défense du rêve floridien » et en promettant de réduire le montant des tarifs d’assurance habitation.
Le soir de la primaire, un sondage interne effectué par Hart Research Associates pour le compte du Parti démocrate a cherché à saper l’optimisme des républicains en présentant une course serrée entre les deux candidats, 46 % pour Jolly contre 45 % pour Donalds. Des chiffres qui tranchent avec les avances de 5 à 7 points accordés au républicain par des instituts de sondage moins partisans, à plus de deux mois du scrutin.
Des chiffres aussi à la valeur bien relative dans cet État où les républicains multiplient depuis plus de 10 ans les victoires écrasantes, et ce, après la tragi-comédie qui avait accompagné la victoire de George W. Bush par la Floride à la présidentielle de 2000.
En 2022, Ron DeSantis a été réélu avec 59 % des voix, et Marco Rubio, reconduit au sénat avec 58 %. « Mais la capacité du Parti républicain à remporter les élections serrées — presque systématiquement — est encore plus impressionnante », ajoutait cette semaine Michael Van Sickler, annonçant ainsi un destin pour Byron Donalds que les urnes devront toutefois confirmer en novembre prochain.
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