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Le double coup de pression de Macron dans son discours martial devant les armées

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Politique 15/01/2026 15:10 Actualisé le 15/01/2026 15:14

Depuis la base aérienne d’Istres, le chef de l’État a déploré le « retard » de la France sur la production de certaines armes et demandé une adoption rapide du budget.

Emmanuel Macron le 15 janvier 2026 à Istres.

PHILIPPE MAGONI / AFP

Emmanuel Macron le 15 janvier 2026 à Istres.

Un président impuissant, en fin de règne, dépourvu de majorité à l’Assemblée, qui en est réduit à adresser des coups de pression. Depuis la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône), où il présentait ses traditionnels vœux aux armées, Emmanuel Macron a voulu lancer un appel à la mobilisation.

Prise en étau entre une Russie qui fait la guerre à l’Ukraine, et des États-Unis conquérants qui rêvent de s’emparer du Groenland après avoir piétiné le droit international au Venezuela, l’Union européenne semble démunie. Un constat avec lequel Emmanuel Macron entend s’inscrire en faux. « Pour rester libre, il faut être craint ; pour être craint, il faut être puissant », a-t-il exprimé, estimant que « pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort ».

D’où sa volonté de demander « un effort supplémentaire » au Parlement. Un effort qui s’élèverait à 36 milliards d’euros pour, précise-t-il, « accélérer notre réarmement », dont 3,5 milliards d’euros dès 2026 (alors que 413 milliards d’euros sont déjà prévus). Mais pour cela, il faut un budget. Les discussions patinent à l’Assemblée nationale, et aucun chemin ne se dégage. Pour Macron, l’adoption d’un budget est urgente. « L’accélération des périls commande d’accélérer le réarmement de la France », a-t-il déclaré. Une large partie de son discours a ainsi été consacrée à la nécessité de poursuivre l’augmentation des dépenses versées à la défense française.

La loi de programmation militaire (LPM), qui couvre les six années allant de 2024 à 2030, est réajustée chaque année dans le cadre du vote du budget de l’État. Mais puisqu’il n’a toujours pas été adopté par le Parlement, les crédits supplémentaires envisagés pour l’armée et l’achat d’armements sont suspendus. « Je sais, à cet égard, pouvoir compter sur la ministre, la ministre déléguée et l’ensemble des parlementaires pour que l’actualisation de la loi de programmation militaire puisse être adoptée d’ici au 14 juillet prochain », a expliqué à ce sujet Emmanuel Macron, convaincu que de l’adoption d’un budget dépend la capacité de la France à se faire respecter (et craindre) sur la scène internationale.

« Produire plus vite »

Si les députés ont été explicitement visés par les déclarations présidentielles, les industriels en ont aussi pris pour leur grade. Car à entendre Emmanuel Macron, « beaucoup d’efforts ont été faits », mais ce n’est pas assez selon lui : « Soyons francs avec nous-mêmes, est-ce que nous sommes en économie de guerre à proprement parler, la réponse est non. Parce que si nous étions en guerre, j’ose espérer que nous ne produirions pas ainsi. Je regarde ce que les Ukrainiens ont su faire, ils ont fait autrement ».

Prenant l’exemple de la production de drones, sur laquelle la France est « en retard », le chef de l’État s’est adressé directement aux fabricants et aux marchands d’armes. « Je veux, en ce début d’année 2026, vous demander encore davantage. Nous avons besoin de produire plus vite, de produire en volume, de massifier encore davantage avec des systèmes plus légers et de façon innovante », a-t-il défendu. Avant de poursuivre sur la même tonalité : « Une compétition féroce » impose une industrie de défense qui « s’adapte davantage ». Il a notamment insisté sur l’augmentation des « stocks de munitions de tous types » et le renforcement de la « préparation opérationnelle de nos armées »

Au total, Emmanuel Macron aura prononcé un discours très offensif, qui ne manquera pas d’être critiqué pour ses tonalités guerrières, alors que beaucoup ne voient pas ce qui justifie un effort aussi important de l’État. Comme pour repousser la comparaison avec l’Ukraine, qui croule sous les assauts russes depuis bientôt quatre ans, le chef de l’État a reconnu que « nous n’avons pas la pression des événements de la même manière ». Avant de tout de suite se reprendre : « Mais là aussi, ne nous habituons pas. »

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