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Le milliardaire américain, un temps proche de Donald Trump, multiplie les soutiens à des mouvements populistes en Europe, avec l’ambition de peser sur les équilibres politiques du Vieux continent.
Passer la publicité Passer la publicitéElon Musk a beau ne plus faire partie de l’administration de Donald Trump, il n’en conserve pas moins un fort tropisme politique. Au point, comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises ces dernières années, de prendre position dans les campagnes électorales de plusieurs pays européens, en prenant fait et cause pour des partis et des personnalités populistes et nationalistes. Après avoir affiché son soutien au parti d’extrême droite AFD à l’approche des élections législatives allemandes, puis pris la défense du candidat nationaliste Călin Georgescu à la suite de l’annulation du premier tour de l’élection présidentielle roumaine, voilà que le milliardaire américain apporte officiellement son soutien à Marine Le Pen en vue du scrutin élyséen de 2027.
La chef des députés RN ayant retrouvé, le 7 juillet, son éligibilité à l’issue du procès en appel des assistants parlementaires du FN et confirmé, dans la foulée, sa candidature, le patron de Tesla et de X estime ce mercredi sur son réseau social qu’elle constitue «le dernier espoir de la France». À l’appui de cette affirmation, il relaie le commentaire d’un internaute mettant en avant la progression virtuelle de la quadruple candidate à l’Élysée entre son score de 2022 et les sondages actuels, qui la créditent de 35 à 36 % des intentions de vote.
Un tournant pour Elon Musk, puisqu’il s’était jusqu’à présent contenté de lui apporter un soutien personnel. À l’issue du jugement de première instance, qui compromettait sérieusement ses chances de se présenter à l’élection présidentielle, l’entrepreneur avait notamment dénoncé sa condamnation pour détournement de fonds publics, sans pour autant appeler explicitement à voter pour elle ni soutenir sa candidature. «J’espère et j’encourage Mme Le Pen à surmonter cette persécution et à se présenter à la prochaine élection présidentielle» en 2027, avait-il simplement écrit.
Sitôt le message d’Elon Musk publié, plusieurs opposants au RN ont réagi. À commencer par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. « Like we say in French (comme on dit en français, NDLR) : il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis », a grincé la figure du MoDem. «Regardez bien de qui Marine Le Pen est la favorite : l’homme le plus riche du monde, le champion du profit à tout prix, l’homme qui bafoue les lois européennes et soutient les partis les plus extrémistes partout en Europe, celui qui s’est réconcilié avec Trump», a moqué l’eurodéputée Horizons Nathalie Loiseau. Du côté de la gauche, le député LFI Antoine Léaument a dénoncé «l’ingérence étrangère d’Elon Musk (qui) a commencé pour l’élection présidentielle», appelant l’Arcom à se saisir du dossier.
Quant au RN, soucieux, ces derniers mois, de prendre ses distances avec Donald Trump, dont le style et la personnalité sont à mille lieues de sa stratégie de dédiabolisation et qui est devenu un repoussoir pour une partie de l’électorat français, il semble accueillir ce soutien avec une certaine gêne. En témoigne le silence de ses principales figures, dont aucune n’avait encore commenté cette prise de position mercredi soir.


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