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L'Institut de la statistique du Québec anticipe que la population baissera de 11 % en Gaspésie–Les Îles et de 8,2 % au Bas-Saint-Laurent d’ici 2051. C’est ce qui ressort des nouvelles projections démographiques publiées ces jours-ci.
Selon le démographe à l’Institut de la statistique du Québec, Frédéric Fleury-Payeur, ce déclin observé depuis plusieurs années est attribuable à la baisse de la fécondité et à l’exode des jeunes vers les centres urbains, bien qu’il soit moins marqué que par le passé.
La Côte-Nord est quant à elle la région du Québec qui fait l’objet de la plus grande baisse de population anticipée, avec une projection atteignant –15,1 %.
Ce n'est pas des prévisions ni des prédictions, c'est des projections, dit avec nuance d’entrée de jeu le démographe à l’Institut de la statistique du Québec Frédéric Fleury-Payeur. Ces projections sont basées sur les tendances actuelles en matière de naissances, de décès et des différents types de migration, et qu’on poursuit ensuite dans le futur, explique-t-il au micro de l'émission D'Est en Est.
Tout peut changer. Différents paramètres peuvent changer, mais les tendances sont quand même lourdes.
Ça fait un certain temps dans l'Est-du-Québec [que] la population totale baisse. Il y a eu un soubresaut à la hausse. Au cours des dernières années avec la pandémie, on avait assisté, quand même, surtout dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, à une amélioration du bilan migratoire interrégional, donc ça avait changé un peu nos perspectives, poursuit le démographe.
Avec l’analyse des données les plus récentes, ce soubresaut démographique semble avoir été une situation exceptionnelle, croit M. Fleury-Payeur, quoi qu'on est encore dans des bilans interrégionaux positifs, mais peut-être un peu moins que ce qu'on aurait pu penser avec les années qui ont suivi tout de suite après la pandémie.
L’Institut de la statistique a évalué, dans ses projections, que plusieurs autres régions allaient connaître un bilan démographique positif dans les 25 prochaines années. C’est la Capitale-Nationale qui a la plus forte croissance projetée, de l'ordre de 13,9 %.
Mais en moyenne, la province ne pourrait voir sa population croître que de 1,3 %. Donc, dans l'ensemble du Québec, on est plutôt dans la stabilité, mentionne Frédéric Fleury-Payer.
Ces régions de l’Est se différencient du reste de la province, alors que la moyenne québécoise projette plutôt une stabilisation de la population. Toutefois, la situation de la ville de Montréal, dont le bilan démographique projeté diminuera de 10 % d’ici 2051, s'apparente à celle des régions de l’Est en raison de projections à la baisse en matière d’immigration temporaire.
L’Institut de la statistique révèle toutefois que, malgré le déclin démographique projeté, les besoins en logement ne diminueront pas pour autant, du moins d’ici 2029. Le scénario de Référence 2026 projette une diminution de la population pour l’ensemble du Québec de – 0,6 % entre 2025 et 2029 et une hausse de + 0,7 % des besoins en logement liés à la démographie pour la même période, peut-on lire sur le site web de l’Institut. C’est que le vieillissement de la population, notamment, entraînerait une croissance des besoins pour les personnes âgées en matière de logement locatif.
Des données à analyser avec prudence en Gaspésie
Le président de la Table des préfets de la Gaspésie, Mathieu Lapointe, ne s'inquiète pas outre mesure des données révélées par l'Institut de la statistique du Québec.
Le préfet de la MRC Avignon martèle que la région fait mentir les statistiques depuis environ 15 ans. Il faut se préoccuper du vieillissement de la population, on y travaille fort à l'échelle régionale, mais ce n'est pas une fatalité, ces projections-là.
On constate dans la vraie vie qu'on est meilleur que ce qui est anticipé.

L'élu rappelle que le solde migratoire en sol gaspésien est positif depuis plusieurs années. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois
Selon M. Lapointe, la situation est d'ailleurs problématique, puisque les programmes d'aide financière gouvernementale peuvent se baser sur ces données qui, à son avis, ne reflètent pas la réalité de la Gaspésie.
Avec la collaboration de Denis Leduc et d’Étienne Parent.


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