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Le message très médiatisé du propriétaire de la boutique Gallery Streetwear (nouvelle fenêtre) (en anglais) la semaine dernière, dénonçant l'augmentation de vandalisme et de méfaits visant les commerces du centre-ville de Kelowna, en Colombie-Britannique, a mis en lumière une détresse partagée par de nombreux commerçants du quartier.
Jade Walters, directrice adjointe chez le disquaire Collectors Direct, redoute le moment où la devanture de sa boutique se fera fracasser. Ce n’est qu'une question de temps avant qu'un tel incident survienne, lance-t-elle.
Depuis peut-être trois ans, la situation est plus problématique. Et cet hiver, c’est devenu pire, déclare Michael Neill, propriétaire de la librairie Mosaic Books.
Durant les mois de novembre et de décembre, trois fenêtres de Mosaic Books ont été brisées, plusieurs personnes ont perturbé les activités du commerce et une augmentation de vols a été constatée, rapporte-t-il.

Michael Neill, propriétaire de la librairie Mosaic Books, espère que les gens pourront continuer à profiter du centre-ville de Kelowna sans avoir à s’inquiéter.
Photo : Radio-Canada / Charlotte Groulx
Le commerçant a même dû embaucher temporairement un agent de sécurité au plus fort de la crise, lors de la semaine précédant Noël.
Les vols devenaient incontrôlables, certains de nos employés ne se sentaient pas à l’aise [...] et nous n'obtenions aucune réponse de la GRC.
La Gendarmerie royale du Canada (GRC) de Kelowna a noté le 8 janvier une diminution de cambriolages au centre-ville en décembre, avec 12 incidents survenus en 2025, contre 18 en 2024 et 15 en 2023.
Le corps policier a néanmoins fait part d’une augmentation d’appels liés aux troubles sociaux au cours des trois dernières années, avec environ 100 appels de plus par rapport aux mois de décembre précédents.
Ce type d'appels inclut les interventions auprès de personnes indésirables, les vols, les menaces ainsi que l'assistance à d'autres organismes et aux services d'incendie ou d'ambulance.
L’image de Kelowna en jeu
Joel Sellen, propriétaire du magasin Hitz, auparavant situé à Vancouver, barre la porte d’entrée et utilise une sonnette depuis la pandémie.
Nous avons connu beaucoup plus d'incidents ici qu'à Gastown, dit-il. À Gastown, nous plaisantions souvent à propos d'installer une sonnette, mais nous ne l'avons jamais fait.
Il remarque que les clients du centre-ville viennent souvent d’ailleurs et que la population locale tend à éviter ce quartier pour des raisons de sécurité, ce qui est déchirant à ses yeux.
Depuis octobre, novembre, il y a eu beaucoup d'incidents au centre-ville. C'est comme si, depuis le démantèlement du campement Tent City, [les personnes en situation d'itinérance] se sont installées au centre-ville, où elles dorment devant les portes et se livrent à des actes de vandalisme.

Selon Jade Walters, directrice adjointe chez le disquaire Collectors Direct, plusieurs facteurs expliquent l’augmentation d’actes criminels au centre-ville de Kelowna, comme les crises d'opioïdes, du logement et du coût de la vie.
Photo : Radio-Canada / Charlotte Groulx
Selon lui, la ville a besoin d’une patrouille pédestre pour surveiller les commerces, notamment la nuit, où règne alors une ambiance un peu sans loi.
Un renforcement policier
Dans une publication du 7 janvier, le maire de Kelowna, Tom Dyas, a qualifié le contexte des dernières semaines d’inacceptable.
Il s’engage à améliorer la visibilité, la cohérence et la présence sur le terrain pour soutenir les commerces du centre-ville.
Le maire Dyas a également annoncé le lancement d’un service de soutien en partenariat avec l’Association canadienne pour la santé mentale dans les prochaines semaines.

Le maire Tom Dyas compte continuer à faire pression sur les gouvernements provinciaux et fédéraux, tout comme la régie de santé de l’Intérieur pour s’attaquer aux « causes profondes » de ces problèmes.
Photo : Radio-Canada / Charlotte Groulx
Destiné aux personnes en situation de crise liée à la santé mentale ou à la consommation de substances psychoactives, ce service communautaire vise à permettre aux agents de police de se concentrer sur les appels liés à la criminalité et à la sécurité.
Le maire prévoit également de tenir un forum avec la communauté d’affaires sur la sécurité publique au début du mois de février.
Un point de presse organisé par la GRC se tiendra mardi à son détachement principal situé sur la rue Richter.


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