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Le CORIM entend observer les élections québécoises sous la loupe du monde

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Le compte à rebours électoral québécois a commencé au Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM). L’organisme lance jeudi une série d’événements avec une conversation avec Paul St-Pierre Plamondon lors de laquelle le chef du Parti québécois sera invité à examiner les prochaines élections sous l’angle des questions internationales.

Ce nouveau projet du CORIM vise à donner plus de place à ces questions dans les discussions politiques en amont du scrutin du 5 octobre. Cette initiative, baptisée « Le monde dans l’urne », est faite en partenariat avec Le Devoir et l’agence de relations publiques TACT.

« Le but, c’est de nourrir le débat public, explique William George, p.-d.g. du CORIM. C’est de s’assurer qu’on a fait en sorte que, dans cette campagne, la chose internationale fasse partie de la campagne électorale, parce que c’est inévitable que le prochain gouvernement va devoir composer avec un environnement qui est vraiment dynamique. »

La conversation de jeudi se fera entre Paul St-Pierre Plamondon et Marco Bélair-Cirino, chef de la division politique du Devoir. Il s’agira de la première d’une série de rencontres avec les chefs des partis québécois au courant de l’été. Ruba Ghazal, Éric Duhaime et Charles Milliard ont confirmé leur participation.

Le monde dans l’urne sera notamment l’occasion d’interpeller des spécialistes à travers des textes de blogues qui seront publiés dans la section Opinion du Devoir et de discuter avec des acteurs de différentes industries dans une série de balados. 

Être acteur plutôt que spectateur

« Les gens qui œuvrent au Québec sont conscients que le monde est en transformation, qu’il y a des opportunités, qu’il y a des défis et qu’il faut absolument être proactif, estime M. George. On ne peut pas être en réaction à ces choses-là. Il faut être aux tables de discussion. »

Cette initiative est née d’un désir du CORIM de « créer une discussion publique sur les enjeux de politique étrangère et de défense » lors des élections fédérales de 2025, explique M. George. L’organisme sans but lucratif a mesuré l’intérêt de ses membres pour une telle programmation en vue du scrutin québécois — et en cette période de guerre tarifaire et d’« anxiété géopolitique », l’intérêt ne manquait pas, souligne le p.-d.g. du CORIM.

Fort de sa première expérience, le CORIM souhaite maintenant ouvrir cette discussion au Québec — un projet assez « ambitieux », admet son dirigeant. « Normalement, lors d’une élection provinciale, on ne parle pas beaucoup de relations internationales, de commerce extérieur. On a un focus plus sur les enjeux intérieurs », précise-t-il.

M. George estime pourtant que les Québécois sont bien conscients des questions internationales et de leurs conséquences sur leur vie quotidienne — on peut penser à l’effet des tarifs et des guerres des États-Unis sur les chaînes d’approvisionnement et sur le coût de la vie de ce côté-ci de la frontière. « Le contexte fait en sorte que les gens sont plus éveillés, et je pense que les gens vont être plus exigeants envers le prochain gouvernement. »

Le CORIM a ciblé huit sujets sur lesquels interpeller les candidats, divisés en trois grandes catégories : la contribution du Québec à l’international (par la francophonie, l’énergie ou l’intelligence artificielle, entre autres), la souveraineté stratégique du Québec (sur des questions comme l’immigration et la culture) et la sécurité économique (surtout en relation avec les États-Unis).

Avec l’aide de l’agence de relations publiques TACT, le CORIM compte effectuer un sondage vers la fin de l’été afin de s’assurer que les questions choisies sont bel et bien d’intérêt pour les électeurs québécois. Ce coup de sonde servira aussi à aiguiller une dernière conversation devant réunir des représentants de tous les partis en septembre.

Regard sur les États-Unis et la France

Selon William George, ce genre d’initiative sur les relations internationales risque de devenir un « fait permanent » au CORIM. « C’est clair que nos membres le souhaitent. Je n’ai jamais vu autant d’intérêt pour comprendre ce qui se passe ailleurs », lance-t-il.

L’organisme a déjà organisé un événement en vue des élections de mi-mandat aux États-Unis et compte poursuivre l’exercice afin d’aider le public à en comprendre les grands enjeux — et leurs conséquences sur le Québec. Il souhaite aussi couvrir les élections présidentielles françaises de 2027, et d’autres encore.

Selon le p.-d.g. du CORIM, le défi sera alors d’illustrer les liens qu’auront ces événements avec la réalité québécoise. « Il y a beaucoup de gens dans le monde universitaire qui peuvent nourrir le débat public et […] ils interpellent plus les geeks des relations internationales, lance-t-il. Nous, notre public est plus large : on essaie de faire comprendre aux leaders du monde des affaires et de la société civile que l’élection présidentielle en France risque d’avoir un impact sur nous. »

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