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France 19/07/2026 16:09 Actualisé le 19/07/2026 17:31
Le concert n’avait débuté que depuis une vingtaine de minutes. Un appel au boycott avait été soutenu par la section grenobloise de la France Insoumise.

JOEL SAGET / AFP
La DJ et directrice artistique française Barbara Butch pose lors d’une séance photo à Paris, le 5 mars 2026.
Le concert de la DJ Barbara Butch, à Grenoble ce samedi 18 juillet, a rapidement pris une tournure politique. Alors que l’artiste se produisait dans le cadre du festival « Cabaret Frappé », une centaine de manifestants sont apparus accompagnés de drapeaux palestiniens, de pancartes et de keffiehs.
Réunis devant la scène, ils ont scandé le slogan « Free Palestine ». Cette manifestation faisait suite à un appel au boycott de Barbara Butch, soutenu par la section grenobloise de la France Insoumise. Les manifestants reprochent à la DJ de confession juive d’avoir apporté son soutien au très controversé projet de loi Yadan.
Cette proposition de loi, portée par la députée macroniste Caroline Yadan, visait à « lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme ». Cependant, ses détracteurs ont pointé un danger pour la liberté d’expression. Le texte avait finalement été retiré par le gouvernement en avril dernier.
En mars, Barbara Butch avait signé une tribune publiée dans les colonnes du Point en soutien au projet de loi Yadan. Des figures conservatrices comme Élisabeth Badinter, Manuel Valls ou Jean-Michel Blanquer avaient également signé le texte. Et depuis le sujet la poursuit.
Vingt minutes de show, pas plus
Face aux critiques, l’artiste a pourtant déjà clarifié son opinion, face caméra, sur ses réseaux sociaux. Elle a ainsi assuré être opposée au gouvernement de Netanyahu, tout en insistant sur le besoin de lutter collectivement contre l’antisémitisme en France. « Bien évidemment qu’il y a des choses à redire sur cette loi, mais une loi, ça se discute », a-t-elle martelé.
Cela reste insuffisant aux yeux de certains militants palestiniens et élus LFI, qui sont venus le lui signifier ce samedi soir à Grenoble. Résultat : le concert de la DJ a dû être écourté, après à peine vingt minutes de show.
En effet, non seulement les manifestants recouvraient en partie la musique, mais quelques projectiles ont commencé à arriver sur scène, malgré le caractère au départ pacifiste de la manifestation, rapporte le Dauphiné Libéré. L’adjoint à la Culture de la Ville de Grenoble est alors monté sur scène, pour annoncer l’interruption du concert.
Barbara Butch n’a pas réagi publiquement à cet arrêt forcé de son concert.
« Jamais nous nous tairons face au génocide à Gaza »
« Ce soir les Grenoblois ont manifesté nombreux pacifiquement et Grenoble a décidé : jamais nous nous tairons face au génocide à Gaza et à ceux qui soutiennent des lois pour faire taire les militants palestiniens », s’est félicité sur X Allan Brunon, le président du groupe France Insoumise au conseil municipal de Grenoble.
Après l’arrêt du concert, il a également déclaré : « C’est notre liberté d’expression de dire que nous ne sommes pas d’accord avec ça. Mais ce n’est pas madame Barbara Butch qui est censurée, ce sont toutes les personnes qui luttent contre le génocide à Gaza qui sont censurées aujourd’hui dans notre pays », rapporte Ici Isère.
Le groupe LFI grenoblois n’avait pas caché son intention de perturber le concert. Mais l’adjoint à la vie culturelle de Grenoble, Alexis Monge, avait refusé de l’annuler, pour des raisons de « liberté de programmation et de création » sans « minimiser le génocide à Gaza et en Palestine »
Dans un communiqué, l’association « Retour de Scène », qui assure la programmation du festival, avait également indiqué comprendre « que la programmation de l’artiste suscite des réactions », mais que « déprogrammer sur la base d’opinions est un acte fort qui reviendrait à faire des organisations culturelles des arbitres idéologiques. »
L’interruption a provoqué la colère de nombreuses personnalités politiques, et notamment celle du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez qui a dit « condamner avec la plus grande fermeté ». La Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) a aussi réagi, demandant l’ouverture d’une enquête car « il est scandaleux qu’en France une artiste soit exposée à des menaces, à des intimidations ou à des risques pour sa sécurité en raison de sa confession réelle ou supposée, de son engagement contre l’antisémitisme ou de l’expression de ses opinions. »


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