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Des milliers d'acteurs du milieu communautaire se sont rassemblés devant l'Assemblée nationale, jeudi, pour réclamer un meilleur financement du filet social au Québec. Cette manifestation se voulait le point culminant du mouvement « Le communautaire à boutte », qui se propage à travers la province depuis le 23 mars.
Nous exigeons des conditions de travail dignes, des salaires qui suivent la réalité, du financement qui nous permet de garder nos équipes, des ressources pour réellement accompagner nos communautés, a tonné une participante sur la scène installée devant l’Assemblée nationale pour l'occasion.
Les organisateurs attendaient plus de 10 000 personnes venues des 4 coins de la province.
Amorcé le 23 mars, le mouvement dénonce un sous-financement chronique du milieu communautaire. Les organisateurs exigent d'ailleurs une table de travail « d’urgence » avec des représentants du gouvernement.
Filet social
Selon une co-porte-parole du mouvement, Sophie Tétrault-Martel, la pression sur les organismes est forte, ce qui nuit à la rétention du personnel.
On veut un financement à la mission adéquat pour avoir des conditions de travail décentes pour l'ensemble des travailleurs du communautaire et répondre aux besoins de la population, d’une société qui est en crise en ce moment.
Faute d’un financement dit à la mission, des organismes peuvent demander un financement au projet. Les organismes estiment qu’ils auraient besoin de 2,6 milliards de dollars supplémentaires pour maintenir les services et offrir des conditions de travail décentes aux employées, majoritairement des femmes.
Mobilisation historique
Si certains organismes ont fait la grève pendant cette période, d'autres n’ont pas interrompu leurs services, mais se sont fait entendre autrement. En l'absence de syndicalisation dans le milieu communautaire, les conseils d'administration de chaque organisme devaient se prononcer sur leur participation.

Des intervenants communautaires du Bas-Saint-Laurent étaient déterminés à faire entendre leurs revendications devant l'Assemblée nationale jeudi.
Photo : Gracieuseté de Vincent Gervais
Environ 1900 organismes répartis dans les 17 régions du Québec ont pris part, depuis deux semaines, au mouvement que les organisateurs qualifient d'historique. De la Gaspésie, à l’Outaouais en passant par le Saguenay–Lac-Saint-Jean et la Montérégie, plusieurs manifestations de moindre envergure se sont tenues dans les derniers jours.
Le gouvernement défend ses investissements
Lors de sa dernière période des questions au Salon rouge, le premier ministre, François Legault, a remercié le milieu communautaire pour son travail. Il a du même coup défendu les investissements de son gouvernement en soutenant que le budget alloué au secteur a augmenté de 1,1 milliard de dollars depuis l'arrivée au pouvoir de la CAQ.
On a doublé le budget du communautaire, mais je sais qu’il reste du travail à faire. On va continuer, en tout cas, j’espère que ceux qui vont me remplacer vont continuer de le faire.
Les organismes présents jeudi demandent au prochain premier ministre de piger dans son budget discrétionnaire de 250 millions dollars pour les financer davantage.

La ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, Chantal Rouleau, « comprend » que le milieu communautaire a besoin de plus d'argent. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
La ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, Chantal Rouleau, se dit sensible aux demandes du mouvement et assure qu’elle est en lien constant avec le milieu communautaire.
Moi, je suis dans les solutions. Comment on peut améliorer les conditions de travail des travailleurs? Il y a certainement de l’argent, mais on n’est pas dans des conditions économiques faciles.
Elle promet de travailler avec les organismes pour développer un nouveau plan pour le milieu communautaire, comme son gouvernement l’avait fait il y a quatre ans (nouvelle fenêtre). Au-delà du financement, elle évoque des allégements administratifs et de meilleurs avantages sociaux.
En faire une question électorale
Les porte-paroles du mouvement continueront de marteler leur message dans l’espoir de sensibiliser la population à leur cause. Ils veulent que leur financement soit abordé pendant la prochaine campagne électorale.

Des intervenants du milieu communautaire de plusieurs régions ont manifesté à Québec.
Photo : Autre banques d'images / Émilie St-Pierre
Il est hors de question qu'ils se replient avant d’obtenir ce qu’ils veulent, affirme Caroline Chartier, co-porte-parole du mouvement.
Maintenant qu’on a été en mesure de redonner la fierté puis la solidarité aux travailleurs, travailleuses du communautaire, on ne va juste plus lâcher le morceau.


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