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À trois jours de la rentrée scolaire, la poursuite des activités du Collège LaSalle est compromise. L’établissement a déposé lundi après-midi une demande pour se placer à l’abri de ses créanciers, en raison d’une pénalité financière « disproportionnée » du gouvernement québécois.
« L’état précaire dans lequel se trouve le Collège découle d’abord et avant tout des pénalités gouvernementales de 30 M$, à la fois excessives et injustes », a déclaré Claude Marchand, directeur général du Collège LaSalle, qui accueille près de 3000 étudiants. « Devant l’absence d’entente, notre session est en péril à trois jours de la rentrée du 27 août. C’est du jamais vu dans le réseau de l’éducation au Québec. »
Le Collège LaSalle a déposé devant la Cour Supérieure une demande en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies « afin d’entamer une restructuration » et d’éviter une fermeture.
Les cours prévus le 27 août sont suspendus « jusqu’à nouvel ordre ».
L’établissement privé subventionné, présent à Montréal et à Laval, a vu son financement être réduit de 29,9 millions de dollars sur deux ans par Québec pour avoir dépassé les quotas d’inscription dans ses programmes en anglais en 2023-2024 et en 2024-2025.
À cette somme s’ajoutent 17,9 millions de dollars de subventions qui ont été versés en trop pour l’année 2025-2026, que le Collège va donc devoir rembourser. Au total, l’établissement cumule une dette de près de 48 millions de dollars auprès du gouvernement du Québec.
Ce n’est pas la première fois que le Collège LaSalle sonne l’alarme sur les impacts des pénalités gouvernementales. En 2025, la rentrée avait été décalée d’une journée.
Québec interpellé
M. Marchand a directement interpellé la première ministre, Christine Fréchette, « pour qu’elle dénoue l’impasse et assure la survie du Collège LaSalle ». Il lui a d’ailleurs adressé une lettre samedi, que Le Devoir a pu consulter.
La direction de l’établissement québécois estime que la pénalité totalisant près de 30 millions de dollars est « injuste, excessive et sans précédent ». « À titre de comparaison, cette pénalité est plus de mille fois supérieure aux amendes imposées à des entreprises milliardaires reconnues coupables de fraude, de collusion ou d’atteintes réelles à l’environnement. »
Après « des mois » de discussion avec le ministère de l’Enseignement supérieur et le ministère de la Justice, le Collège se dit insatisfait de la dernière proposition du gouvernement, reçue vendredi. Celle-ci « exigerait des retenues d’environ 14,9 millions de dollars sur les versements de subventions des seuls 24 prochains mois », un calendrier « incompatible » avec le maintien des activités de l’établissement, selon son directeur général.
Une solution « complète, cohérente et durable » repose sur trois éléments, écrit Claude Marchand. Ce dernier demande l’approbation de la cession de permis de l’Institut Teccart, dont les étudiants doivent pouvoir faire leur rentrée au Collège dans trois jours, l’autorisation de lancer un DEC en sciences dès l’année 2027-2028, ainsi qu’un calendrier de remboursement « réaliste, aligné sur la capacité réelle de trésorerie » de l’établissement.
M. Marchand demande également à la première ministre de mandater un interlocuteur « afin d’en arriver rapidement à une entente finale ». « Le Collège mettra à sa disposition toute l’information requise et négociera avec célérité et bonne foi. »


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